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Gonarthrose (arthrose du genou) : symptômes, bilan et accompagnement

La gonarthrose est l’arthrose du genou : une détérioration du cartilage qui s’étend ensuite à toute l’articulation. Elle est fréquente après 60 ans, mais peut toucher des personnes plus jeunes après une blessure du genou. Ce guide s’appuie sur les trois pages d’ameli.fr (Assurance Maladie) consacrées à l’arthrose du genou pour expliquer les facteurs, les symptômes, le bilan et les traitements, sans promettre de « régénérer » le cartilage.

Thème
Kinésithérapie
Mis à jour
Temps de lecture
9 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Gonarthrose : l’arthrose du genou

Selon ameli.fr, la gonarthrose est une détérioration du cartilage de l’articulation du genou, entre le fémur, le tibia et la rotule. Elle commence par une dégénérescence du cartilage, puis atteint toutes les structures de l’articulation : la membrane synoviale et l’os situé sous le cartilage (os sous-chondral).

ameli.fr précise que le vieillissement normal du cartilage ne provoque pas à lui seul une arthrose : c’est une maladie à part entière. Sous l’effet de stress mécaniques, inflammatoires ou métaboliques, le cartilage se fissure et libère des fragments dans l’articulation, l’os sous le cartilage prolifère et forme des excroissances (ostéophytes, ou « becs de perroquet »), et des épisodes d’inflammation de la membrane synoviale provoquent les douleurs.

La « gonarthrose » désigne donc l’arthrose du genou, alors que l’« arthrose » peut toucher toutes les articulations, en particulier celles qui portent le poids du corps : genou, hanche et colonne. Une douleur au genou (gonalgie) n’est pas toujours due à l’arthrose.

Compartiments touchés et atteinte d’un ou des deux genoux

L’arthrose peut toucher un genou ou les deux, en même temps ou de façon décalée. ameli.fr distingue deux localisations :

  • l’arthrose fémorotibiale, entre le fémur et le tibia, la plus fréquente (45 à 50 % des cas), plus souvent du côté interne ; elle peut être liée à une déviation de l’axe de la jambe ;
  • l’arthrose fémoropatellaire, entre le fémur et la rotule (35 % des cas), qui concerne des personnes plus jeunes, après un traumatisme du cartilage ou une instabilité de la rotule.

Les deux sont associées dans 15 à 20 % des cas. La gonarthrose concerne 30 % des personnes de 65 à 75 ans et elle est trois fois plus fréquente que l’arthrose de la hanche, décrite dans notre guide sur la coxarthrose.

Facteurs associés et anciennes lésions du genou

ameli.fr distingue l’arthrose primitive, sans cause évidente, et l’arthrose secondaire. L’arthrose primitive est favorisée par :

  • l’âge : elle survient en général après 60 ans et est rare avant 40 ans ;
  • un excès de pression sur les genoux : travail accroupi ou à genoux, port fréquent de charges lourdes, sport intensif mal contrôlé, surpoids et obésité ;
  • la sédentarité, par manque de stimulation du cartilage ;
  • des désordres métaboliques (diabète, obésité, hypertension, anomalies du cholestérol et des triglycérides) ;
  • le statut hormonal : les femmes, surtout après la ménopause, sont plus touchées ;
  • peut-être des antécédents familiaux.

L’arthrose secondaire survient sur une déviation de l’axe de la jambe (genu varum ou genu valgum), après une lésion du genou (lésion du ménisque, surtout opérée, entorse grave avec rupture du ligament croisé, fracture articulaire, anomalie de la rotule) ou sur une maladie articulaire préexistante, comme la goutte, une maladie inflammatoire ou une infection du genou.

Douleur, raideur et gêne fonctionnelle

Le premier symptôme est la douleur du genou. Selon ameli.fr, c’est une douleur mécanique : elle apparaît ou augmente quand on utilise l’articulation (marche, piétinement, port de charges), n’est pas continue et est soulagée par le repos. Le matin, le genou paraît raide et demande un court « dérouillage », de moins de quinze minutes.

Les symptômes varient selon la localisation. Dans l’arthrose fémorotibiale, la douleur est diffuse, à la marche, dans les escaliers et en se levant d’une chaise, sans réveiller la nuit sauf aux changements de position. Dans l’arthrose fémoropatellaire, elle se situe à l’avant du genou, plus marquée à la descente des escaliers, en position assise prolongée ou à genoux.

À un stade évolué, des sensations de blocage, de dérobement ou de craquement peuvent apparaître. La douleur survient dès la station debout, la marche devient difficile, et ramasser un objet, monter un escalier ou sortir de voiture se complique. La douleur, la raideur et la faiblesse des muscles réduisent les activités et pèsent sur le moral.

Poussées et évolution variable

ameli.fr décrit une évolution toujours cyclique : des phases chroniques, avec une gêne variable et une douleur modérée, et des poussées congestives de plusieurs semaines. Pendant une poussée, la douleur augmente fortement en quelques jours, apparaît dès le matin, voire en deuxième partie de nuit, avec un genou gonflé par un épanchement et un dérouillage de plus de quinze minutes.

Ces poussées correspondent à une irritation de la membrane synoviale par les fragments de cartilage, et elles accélèrent la détérioration du cartilage. L’arthrose peut évoluer lentement sans handicap majeur, mais elle est le plus souvent invalidante, car le genou porte le poids du corps. Chaque évolution est différente.

Évaluation clinique et place des radiographies

Le médecin traitant évalue d’abord la gêne : quand la douleur apparaît, la durée du dérouillage, la distance de marche sans douleur, les escaliers, la difficulté à s’accroupir, à s’habiller ou à sortir d’une voiture. Il examine les genoux debout, à la marche et couché, à la recherche d’une boiterie, d’une déviation de l’axe, d’un épanchement, d’une perte de mobilité, d’une fonte musculaire ou d’un kyste derrière le genou. Il examine aussi les hanches : une arthrose de hanche peut donner des douleurs ressenties au genou.

Des radiographies confirment le diagnostic : pincement de l’espace entre les os, densification de l’os sous le cartilage, petites cavités (géodes) et ostéophytes. Elles précisent la localisation et l’axe des jambes. D’autres examens sont rarement nécessaires. Le médecin peut demander l’avis d’un rhumatologue ou d’un chirurgien orthopédique.

Une activité et une rééducation adaptées aux capacités

Selon ameli.fr, l’activité physique fait partie du traitement : elle est efficace contre les douleurs et diminue l’impact de l’arthrose au quotidien. La marche est à favoriser au quotidien en dehors des poussées très douloureuses ; les stations debout prolongées et le port de charges lourdes sont à éviter. Pendant une poussée, l’activité est interrompue temporairement et le genou mis au repos relatif. Le surpoids aggrave l’évolution : une perte de poids, quand elle est nécessaire, est toujours bénéfique.

La rééducation repose sur un programme personnalisé (type d’exercices, fréquence, intensité), guidé au début par un kinésithérapeute puis poursuivi seul à domicile, pour préserver la mobilité et la musculature. Une orthèse peut diminuer les pressions sur la partie du genou atteinte. Pour une rééducation de l’adulte après le diagnostic médical, l’équipe de kinésithérapie de notre centre de Bilbao peut construire avec vous des objectifs fonctionnels adaptés (les consultations se déroulent en espagnol). Nous ne réalisons ni infiltrations ni chirurgie.

Médicaments et autres options, discutés avec le médecin

Contre la douleur des poussées, ameli.fr cite un antalgique simple en première intention puis, s’il ne suffit pas, des anti-inflammatoires non stéroïdiens sur une courte durée et en l’absence de contre-indication, en raison de leurs effets indésirables digestifs, cardiovasculaires ou rénaux, surtout chez les personnes âgées. Des gels anti-inflammatoires locaux peuvent être utiles. Il ne faut jamais dépasser les doses prescrites et il faut signaler au médecin tous les médicaments pris, y compris sans ordonnance.

Des infiltrations de corticoïdes dans le genou peuvent agir sur la douleur, et des injections destinées à « lubrifier » l’articulation sont possibles. ameli.fr précise que ces infiltrations n’ont aucun effet sur la structure du cartilage. Les anti-arthrosiques d’action lente n’empêchent pas la dégradation articulaire, leur efficacité paraît minime et ils peuvent avoir des effets indésirables : ameli.fr juge qu’ils n’ont pas d’intérêt dans le traitement de l’arthrose du genou.

Ce que les sources nuancent

  • Radiographie et douleur : une arthrose visible à la radiographie n’est pas forcément douloureuse (dissociation radio-clinique) ; dans ce cas, ameli.fr indique qu’aucun traitement n’est nécessaire. Une image seule ne suffit pas à décider d’un traitement ou d’une prothèse.
  • Cartilage : aucun traitement ne guérit l’arthrose ; les traitements ralentissent son évolution et soulagent, mais aucune injection ne reconstruit le cartilage selon ameli.fr.
  • Choix des activités : ameli.fr conseille d’éviter les sports qui sollicitent les genoux et, dans la même liste, mentionne une canne « du côté opposé à la hanche malade », une consigne conçue pour la hanche. Le choix des activités et des aides à la marche se discute avec un professionnel.
  • Lavage articulaire : ameli.fr décrit un lavage par arthroscopie suivi d’infiltrations ; ses indications relèvent d’un avis spécialisé et il n’est pas présenté comme un traitement de routine.
  • Dates : les pages d’ameli.fr datent de novembre 2025 et janvier 2026.

En résumé : avis chirurgical, objectifs et suivi

La chirurgie n’est proposée qu’en cas d’échec des traitements médicaux, selon les symptômes, le handicap au quotidien et l’âge. Une ostéotomie corrige l’axe de la jambe et peut retarder de plusieurs années la prothèse. La prothèse, totale, partielle (unicompartimentale) ou de rotule, est envisagée quand la gonarthrose est très évoluée et non soulagée. Elle permet le plus souvent de retrouver une flexion presque complète et une vie quotidienne normale, mais des complications sont possibles (phlébite, infection, raideur, usure). Arrêter le tabac diminue le risque de complications, et la rééducation commence tôt après l’opération.

Pour la consultation, notez où et quand le genou fait mal, la durée du dérouillage, la distance de marche possible, les gestes devenus difficiles et vos objectifs concrets (marcher jusqu’au marché, monter un étage). Ces objectifs, plus que l’image radiologique, guident le traitement. Si la douleur siège plutôt sur les côtés ou sans arthrose connue, notre guide sur la douleur au genou donne d’autres repères.

Questions fréquentes sur la gonarthrose

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Comment peut-on prendre en charge une gonarthrose ?

Par une activité physique adaptée, une perte de poids si besoin, une rééducation personnalisée et des médicaments contre la douleur lors des poussées. La chirurgie, dont la prothèse, n’est proposée qu’en cas d’échec de ces traitements.

Quelle différence avec l’arthrose ?

La gonarthrose est l’arthrose du genou. L’arthrose peut toucher d’autres articulations, en particulier la hanche et la colonne vertébrale.

Quels facteurs peuvent la favoriser ?

L’âge, le surpoids, les contraintes répétées sur les genoux, la sédentarité, les désordres métaboliques, la ménopause, une déviation de l’axe des jambes et les séquelles de lésions du genou, comme une lésion du ménisque ou une rupture du ligament croisé.

La marche est-elle adaptée ?

Oui, en dehors des poussées très douloureuses : ameli.fr conseille de favoriser la marche au quotidien. Pendant une poussée, l’activité est interrompue temporairement.

Une radiographie anormale signifie-t-elle une douleur importante ?

Non. Une arthrose visible à la radiographie n’est pas forcément douloureuse ; ameli.fr parle de dissociation radio-clinique. Sans douleur, aucun traitement n’est nécessaire.

Faut-il toujours une prothèse ?

Non. Elle est envisagée quand l’arthrose est très évoluée et que les traitements médicaux ne soulagent plus. Une ostéotomie peut parfois la retarder.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Arthrose du genou : définition et facteurs favorisants, 06/11/2025
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Arthrose du genou (gonarthrose) : symptômes et diagnostic, 05/11/2025
  3. ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de l’arthrose du genou, 22/01/2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.