Douleur au genou : ce que dit la localisation
- Devant le genou, autour de la rotule : syndrome fémoro-patellaire, tendinopathie rotulienne (« genou du sauteur »), bursite pré-rotulienne. Typiquement aggravée par les escaliers, l’accroupissement ou la position assise prolongée.
- À l’intérieur du genou : arthrose du compartiment interne, lésion du ménisque interne, entorse du ligament collatéral médial, tendinite de la patte d’oie. Nous la détaillons dans notre guide sur la douleur à l’intérieur du genou.
- Sur le côté externe : syndrome de la bandelette ilio-tibiale chez le coureur, ménisque externe, ligament collatéral latéral ; voir la douleur sur le côté du genou.
- Derrière le genou : kyste poplité (kyste de Baker), tendinopathie des ischio-jambiers, plus rarement une phlébite.
- Au-dessus du genou : tendon quadricipital, parfois douleur projetée de la hanche.
Les causes les plus fréquentes
Le syndrome fémoro-patellaire est la cause la plus fréquente de douleur à l’avant du genou chez l’adolescent et l’adulte jeune actif. Il est lié à une surcharge de l’articulation entre rotule et fémur, souvent après une augmentation de l’entraînement.
L’arthrose du genou (gonarthrose) touche surtout après 50 ans : douleur à la marche, raideur matinale brève, craquements, parfois gonflement. Les lésions méniscales peuvent survenir après une torsion chez le jeune ou de façon dégénérative chez l’adulte plus âgé. Les entorses et ruptures du ligament croisé antérieur surviennent lors d’un changement de direction brusque, souvent avec un craquement et un gonflement rapide. Les tendinopathies et les bursites sont liées à la surcharge ou à l’appui prolongé à genoux.
Douleur au genou en flexion et dans les escaliers
Une douleur en pliant le genou, en s’accroupissant ou en descendant les escaliers évoque souvent l’articulation fémoro-patellaire, car la pression derrière la rotule augmente avec la flexion. Une douleur en flexion profonde, avec sensation de blocage ou d’accrochage, fait penser au ménisque. Une douleur au fond du genou en flexion, avec gonflement derrière, peut correspondre à un kyste poplité.
Le fait d’avoir mal en flexion ne signifie pas qu’il faut éviter de plier le genou : il faut doser l’effort et renforcer progressivement les muscles.
Mal au genou : que faire ?
- Réduisez temporairement les activités qui déclenchent la douleur, sans arrêter de bouger.
- Appliquez du froid 15 à 20 minutes en cas de gonflement récent, en protégeant la peau.
- Surélevez la jambe si le genou est gonflé.
- Un antalgique simple peut aider ponctuellement, selon l’avis de votre médecin ou pharmacien.
- Reprenez progressivement la marche et les activités quand la douleur diminue.
- Consultez si la douleur dure plus de quelques semaines, si le genou se dérobe ou se bloque.
Exercices utiles pour le genou
Le consensus international sur la douleur fémoro-patellaire recommande l’exercice comme traitement principal, en associant le renforcement des muscles de la hanche (moyen fessier) et du genou (quadriceps). Les mêmes principes s’appliquent à l’arthrose.
- Contraction du quadriceps jambe tendue, 10 fois 5 secondes.
- Élévation jambe tendue, allongé sur le dos.
- Pont fessier et abduction de la hanche couché sur le côté.
- Mini-squats contre un mur, dans une amplitude non douloureuse.
- Montées de marche lentes et contrôlées.
- Vélo d’appartement à faible résistance pour entretenir la mobilité.
Examens : quand faut-il une radio ou une IRM ?
L’examen clinique suffit souvent. Après un traumatisme, les règles d’Ottawa aident à décider d’une radio (impossibilité de faire quatre pas, douleur précise de la rotule ou de la tête du péroné, impossibilité de plier à 90°). Chez la personne de plus de 50 ans, la radiographie en charge permet d’évaluer l’arthrose. L’IRM est utile pour une suspicion de lésion ligamentaire ou méniscale qui pourrait changer la prise en charge, pas pour toute douleur de genou.
Kinésithérapie du genou
Le kinésithérapeute évalue la mobilité, la force, la stabilité et la façon dont vous marchez, courez ou montez les escaliers. Il établit un programme progressif de renforcement et de contrôle du mouvement, conseille sur la charge d’entraînement et, si besoin, utilise temporairement des techniques pour soulager la douleur (taping, orthèses plantaires sur une courte durée dans certains cas). Après une entorse ou une chirurgie, la rééducation est essentielle pour retrouver un genou fonctionnel.
Douleur du genou et arthrose
L’arthrose du genou n’est pas une simple « usure » inévitable. Bouger nourrit le cartilage et renforce les muscles qui protègent l’articulation. L’Assurance Maladie insiste sur l’activité physique régulière, la perte de poids en cas de surpoids et les exercices de renforcement. Les infiltrations peuvent soulager une poussée, et la prothèse est envisagée quand la douleur et la gêne restent importantes malgré un traitement bien conduit.
À retenir
- La localisation de la douleur oriente vers sa cause.
- Le syndrome fémoro-patellaire et l’arthrose sont les causes les plus fréquentes.
- Le renforcement de la hanche et du genou est le traitement de référence.
- L’IRM n’est pas nécessaire pour toutes les douleurs du genou.
- Un genou rouge, chaud, gonflé avec fièvre est une urgence.
Questions fréquentes sur la douleur au genou
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Pourquoi ai-je mal au genou sans m’être cogné ?
La cause la plus fréquente est une surcharge (syndrome fémoro-patellaire, tendinopathie) ou, après 50 ans, l’arthrose.
Faut-il mettre du chaud ou du froid sur un genou douloureux ?
Le froid est utile sur un genou gonflé récemment ; la chaleur peut soulager une douleur chronique ou une raideur d’arthrose.
Peut-on courir avec une douleur au genou ?
Souvent oui, en réduisant le volume et en restant sous un niveau de douleur modéré ; un programme progressif est préférable.
Une genouillère est-elle utile ?
Elle peut rassurer et soulager temporairement, mais elle ne remplace pas le renforcement musculaire.
Quand consulter pour un mal au genou ?
En urgence après un traumatisme avec impossibilité d’appui ou devant un genou rouge et fébrile ; sinon si la douleur dure plus de quelques semaines.
Les craquements du genou sont-ils graves ?
Les craquements sans douleur sont très fréquents et sans gravité.
Sources
- ameli.fr · Gonalgie ou douleur du genou
- ameli.fr · Arthrose du genou
- Crossley KM, et al. 2016 Patellofemoral pain consensus statement from the 4th International Patellofemoral Pain Research Retreat. Part 2: recommended physical interventions. Br J Sports Med. 2016
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.