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Saignement de nez : que faire et quand s’inquiéter

Un saignement de nez impressionne, mais il est le plus souvent bénin et s’arrête avec le bon geste. Encore faut-il le connaître : on penche souvent la tête en arrière, alors qu’il faut faire l’inverse. Ce guide s’appuie sur la page d’ameli.fr (Assurance Maladie, septembre 2025) consacrée à l’épistaxis et sur la page « Saignements de nez » du Manuel MSD pour le grand public (mars 2025). Il concerne l’adulte ; pour un enfant, suivez l’avis du médecin.

Thème
ORL
Mis à jour
Temps de lecture
8 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce qu’une épistaxis ?

Ameli.fr définit l’épistaxis comme une hémorragie des muqueuses qui tapissent les cavités du nez. Le sang s’écoule soit vers l’avant, par une ou deux narines, soit vers l’arrière, dans la gorge, soit les deux à la fois.

Sauf exception, c’est une affection bénigne : 60 % de la population saigne du nez au moins une fois dans sa vie, avec une fréquence comparable chez l’enfant et l’adulte (ameli.fr). Le Manuel MSD rappelle que l’intensité va de quelques gouttes à un écoulement important, et qu’un sang avalé peut être vomi ou colorer les selles en noir.

D’où vient le sang

Le plus souvent, le saignement vient de la partie avant du nez. Ameli.fr parle de la tache vasculaire, une zone très riche en vaisseaux, facile à repérer et à traiter. Le Manuel MSD situe ces vaisseaux sur la cloison nasale et note que ces saignements sont souvent plus effrayants que graves.

Les saignements de la partie arrière (épistaxis postérieure) sont rares mais plus dangereux et difficiles à traiter, selon le Manuel MSD. Ils concernent plutôt des personnes ayant une athérosclérose, un trouble de la coagulation, un médicament qui modifie la coagulation ou une chirurgie récente du nez ou des sinus. Le pincement ne les arrête pas : le sang part vers la gorge.

Causes fréquentes

La muqueuse du nez est fragile et très vascularisée. Ameli.fr et le Manuel MSD citent comme causes courantes :

  • la sécheresse de l’air ou de la muqueuse (pièces très chauffées en hiver, climat sec) ;
  • le grattage du nez et le mouchage ;
  • une inflammation de la muqueuse : rhume, rhinite allergique ;
  • un choc ou un objet introduit dans la narine ;
  • des médicaments à usage nasal (décongestionnants, corticoïdes en spray).

Causes moins fréquentes et médicaments

  • les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires, ainsi que les anti-inflammatoires (AINS) : selon le Manuel MSD, ils rendent les saignements plus probables et souvent plus difficiles à arrêter ;
  • une déviation de la cloison nasale (ameli.fr) ;
  • un trouble de la coagulation (hémophilie, maladie grave du foie) ;
  • une tumeur du nez ou des sinus, le plus souvent bénigne selon ameli.fr ;
  • des anomalies des vaisseaux, dont une maladie héréditaire rare (maladie de Rendu-Osler) ;
  • la prise répétée de drogue par le nez, une consommation importante d’alcool.

Ne modifiez jamais seul un traitement anticoagulant ou antiagrégant : ameli.fr rappelle que seul le médecin peut dire s’il faut l’arrêter.

Arrêter le saignement : la bonne technique

Ameli.fr et le Manuel MSD décrivent la même méthode :

  • mouchez-vous doucement, une seule fois, pour évacuer les gros caillots (ameli.fr) ;
  • asseyez-vous et penchez la tête légèrement en avant, en regardant le sol et en respirant par la bouche ;
  • placez le pouce et l’index juste sous la partie osseuse du nez et pincez les narines fermement ;
  • maintenez la pression 10 minutes montre en main, sans relâcher, même pour vérifier : la coagulation demande au moins 7 minutes ;
  • si le saignement continue, recommencez pendant 10 minutes ;
  • si le saignement ne s’arrête pas après cette deuxième fois, il faut consulter (Manuel MSD).

Erreurs à éviter

  • Pencher la tête en arrière : le sang coule dans la gorge, peut être avalé et donner des nausées (ameli.fr).
  • Relâcher la pression pour regarder si cela saigne encore.
  • Pincer la partie osseuse du nez : le Manuel MSD précise qu’il ne faut pas la pincer.
  • Mettre du papier ou du coton dans les narines : le Manuel MSD le classe parmi les techniques maison non efficaces.
  • Se moucher dans les 12 heures qui suivent, se frotter le nez, gratter les croûtes ou y introduire quoi que ce soit (ameli.fr).

Après l’épisode, ameli.fr conseille de tousser ou éternuer bouche ouverte, d’humidifier l’air, de dormir la tête surélevée quelques jours si le saignement a été long, et d’éviter les efforts physiques et le port de charges lourdes.

Situations d’urgence

Ameli.fr demande d’appeler le 15 ou le 112 si :

  • le sang s’écoule abondamment par les deux narines et dans l’arrière-gorge ;
  • le saignement s’accompagne de pâleur, malaise, sueurs, pouls rapide, anxiété ou agitation, faisant craindre un état de choc ;
  • le saignement est abondant chez une personne qui a un trouble de la coagulation ou prend un anticoagulant ou un antiagrégant ;
  • il fait suite à un traumatisme grave.

En attendant les secours, comprimez le nez, sauf en cas de traumatisme important de la face. Le Manuel MSD ajoute qu’une personne qui ne parvient pas à arrêter le saignement en pinçant le nez doit se rendre immédiatement à l’hôpital, de même qu’une personne qui présente faiblesse, évanouissement ou étourdissements en se levant.

Saignements répétés : que faire

Ameli.fr indique qu’une consultation est nécessaire si le saignement persiste ou s’aggrave malgré la compression, ou si les saignements se répètent. Le Manuel MSD classe aussi parmi les signes préoccupants plusieurs épisodes récents sans raison évidente, et les signes d’un trouble de la coagulation : bleus nombreux, petites taches rouges sur la peau, gencives qui saignent, sang dans les urines ou les selles.

Pour limiter les récidives, ameli.fr conseille de se moucher délicatement d’un côté à la fois, d’éternuer bouche ouverte, de ne pas mettre les doigts dans le nez, d’humidifier l’air des chambres, de faire vérifier sa tension et de limiter les sprays décongestionnants. Pour des saignements de nez répétés chez l’adulte, l’équipe d’ORL de notre centre de Bilbao peut examiner le nez et en chercher l’origine (les consultations se déroulent en espagnol).

Traitements chez l’ORL

Selon ameli.fr, l’ORL interroge sur les antécédents (tension, coagulation), les traitements et les circonstances du saignement, puis fait une endoscopie des fosses nasales et un examen de la gorge. Selon le cas : cautérisation sous anesthésie locale d’un vaisseau facile à repérer, méchage (tamponnement) de l’avant du nez, tamponnement postérieur ou sonde à ballonnets, et en cas de récidive importante une intervention (ligature ou embolisation).

  • Glace : ameli.fr indique qu’elle peut être appliquée sur le milieu du visage ; le Manuel MSD la juge non efficace. La compression reste le geste principal.
  • Tension artérielle : ameli.fr cite l’hypertension parmi les causes moins courantes ; le Manuel MSD la juge peu susceptible de provoquer le saignement, mais elle peut le faire durer. Un saignement de nez ne suffit pas à diagnostiquer une hypertension.
  • Examens : le Manuel MSD indique qu’aucune analyse n’est généralement nécessaire, sauf saignements sévères ou répétés, signes de perte de sang ou de trouble de la coagulation.
  • Fatigue, AVC : les sources consultées ne présentent ni la fatigue comme une cause, ni le saignement de nez comme un signe d’AVC ; des signes neurologiques soudains sont une urgence à part (15 ou 112).

En résumé : fiche à imprimer

La plupart des saignements de nez viennent de l’avant du nez et s’arrêtent avec une compression bien faite. Une consultation s’impose s’ils persistent ou se répètent, et une urgence s’ils sont abondants, mal tolérés, sous anticoagulant ou après un traumatisme grave.

  • 1. S’asseoir, tête légèrement en avant, respirer par la bouche.
  • 2. Se moucher doucement une fois.
  • 3. Pincer les narines sous l’os du nez, 10 minutes montre en main, sans relâcher.
  • 4. Si cela saigne encore : 10 minutes de plus.
  • 5. Toujours pas arrêté : consulter sans attendre.
  • 15 ou 112 si : sang abondant par les deux narines et la gorge, pâleur, malaise, sueurs, pouls rapide, anticoagulant ou trouble de la coagulation avec saignement abondant, traumatisme grave.
  • Après : ne pas se moucher pendant 12 heures, ne pas gratter les croûtes, humidifier l’air.

Questions fréquentes sur le saignement de nez

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Que faire en cas de saignement de nez ?

S’asseoir, pencher la tête légèrement en avant, se moucher doucement une fois puis pincer les narines sous la partie osseuse pendant 10 minutes sans relâcher. Recommencer une fois si besoin.

Faut-il pencher la tête en arrière ?

Non. Ameli.fr explique que le sang coulerait dans la gorge et pourrait donner des nausées s’il est avalé. Il faut pencher la tête légèrement en avant.

Pourquoi saigne-t-on du nez ?

Le plus souvent à cause de la sécheresse de l’air, du grattage, du mouchage, d’un rhume ou d’une allergie, ou d’un choc. Des médicaments et des maladies de la coagulation peuvent aussi en être la cause.

Quand un saignement de nez est-il grave ?

S’il est abondant par les deux narines et la gorge, s’il s’accompagne de pâleur, malaise ou pouls rapide, sous anticoagulant ou après un traumatisme grave : appelez le 15 ou le 112.

Que faire si on saigne souvent du nez ?

Consulter : ameli.fr indique qu’une consultation est nécessaire en cas de saignements répétés. Le médecin juge s’il faut voir un ORL, qui peut examiner le nez et proposer un traitement.

Les anticoagulants font-ils saigner du nez ?

Ils rendent les saignements plus probables et plus difficiles à arrêter. Ne les arrêtez jamais seul : demandez l’avis du médecin qui les a prescrits.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Saignement de nez ou épistaxis, 19/09/2025
  2. Manuel MSD (version pour le grand public) · Saignements de nez, mars 2025

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.