Qu’est-ce que le rhume des foins ?
Le terme « rhume des foins » date de l’époque où l’on pensait que le foin était responsable. Il s’agit en réalité d’une allergie aux pollens, qui survient chaque année à la même période. On parle de rhinite allergique saisonnière, par opposition à la rhinite allergique perannuelle, présente toute l’année et due aux acariens, aux poils d’animaux ou aux moisissures.
Les symptômes
- Éternuements en salves, surtout le matin.
- Nez qui coule clair comme de l’eau.
- Nez bouché.
- Démangeaisons du nez, du palais, des oreilles.
- Yeux rouges, qui piquent et pleurent (conjonctivite allergique).
- Fatigue, troubles du sommeil, baisse de la concentration.
Quels pollens et à quelle période ?
- Arbres : de janvier à mai (bouleau, cyprès, frêne, chêne, platane).
- Graminées : de mai à juillet, les plus fréquemment en cause.
- Herbacées : d’août à octobre (ambroisie, armoise, pariétaire).
Les périodes varient selon les régions et la météo. Les bulletins polliniques permettent de connaître le risque du jour.
Rhume des foins ou rhume ?
- Le rhume des foins revient chaque année à la même période ; le rhume survient surtout en hiver.
- Le rhume des foins donne des démangeaisons et des yeux qui piquent ; le rhume, rarement.
- Le rhume s’accompagne souvent de fièvre légère et de courbatures ; pas le rhume des foins.
- Le rhume guérit en une semaine ; le rhume des foins dure toute la saison pollinique.
- Le nez coule clair dans la rhinite allergique ; il s’épaissit souvent dans le rhume.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur les symptômes et leur caractère saisonnier. Un allergologue peut réaliser des tests cutanés (prick-tests), qui consistent à déposer des gouttes d’allergènes sur la peau, ou une prise de sang pour identifier les pollens en cause. Ces tests sont utiles avant une désensibilisation ou si le diagnostic est incertain. L’ORL examine le nez en cas d’obstruction persistante, pour rechercher par exemple des polypes nasaux ou une déviation de la cloison.
Réduire l’exposition aux pollens
- Aérer tôt le matin ou tard le soir, quand les concentrations sont plus faibles.
- Se rincer les cheveux le soir pour éliminer les pollens.
- Éviter de faire sécher le linge dehors pendant les pics.
- Garder les fenêtres de la voiture fermées.
- Porter des lunettes de soleil à l’extérieur.
- Éviter de tondre la pelouse ou de se promener dans les champs lors des pics.
Les traitements
- Lavages de nez au sérum physiologique, pour éliminer les pollens.
- Antihistaminiques par voie orale, de préférence non sédatifs.
- Corticoïdes par voie nasale, les plus efficaces sur le nez bouché, à utiliser régulièrement pendant la saison.
- Collyres antiallergiques pour les yeux.
- Décongestionnants nasaux : à éviter, ou très courts, car ils exposent à des effets indésirables et à un effet rebond.
Commencer le traitement quelques jours avant le début de la saison pollinique améliore son efficacité.
La désensibilisation
L’immunothérapie allergénique consiste à administrer régulièrement de petites doses de l’allergène, sous forme de comprimés ou de gouttes sous la langue, ou d’injections, pour habituer le système immunitaire. Elle dure trois à cinq ans et réduit les symptômes et le besoin de médicaments, avec un effet durable. Elle peut aussi diminuer le risque d’évolution vers l’asthme chez l’enfant. Elle est prescrite par un allergologue.
Rhinite allergique et asthme
Le nez et les bronches forment un même ensemble. Une rhinite allergique non contrôlée augmente le risque d’asthme, et une grande partie des personnes asthmatiques ont une rhinite. Une toux, un sifflement ou un essoufflement pendant la saison pollinique doivent faire consulter. Bien traiter la rhinite améliore aussi le contrôle de l’asthme.
Chez l’enfant
Le rhume des foins commence souvent dans l’enfance ou l’adolescence. Un enfant qui se frotte le nez vers le haut, renifle beaucoup, respire par la bouche ou dort mal au printemps peut avoir une rhinite allergique. Les traitements sont adaptés à l’âge, et la désensibilisation peut être envisagée dès l’âge de cinq ans environ.
Quand le nez coule toute l’année
Si les symptômes durent toute l’année, avec un pic en automne et en hiver, il s’agit souvent d’une allergie aux acariens, aux poils d’animaux ou aux moisissures. Les mesures sont alors différentes : housses anti-acariens, lavage de la literie à 60 °C, aération quotidienne, réduction de l’humidité, éloignement de l’animal de la chambre. Les traitements médicamenteux sont les mêmes que pour le rhume des foins.
À retenir
- Le rhume des foins est une allergie saisonnière aux pollens.
- Il donne éternuements, nez qui coule, démangeaisons et yeux qui piquent.
- Lavages de nez, antihistaminiques et corticoïdes nasaux soulagent efficacement.
- La désensibilisation traite la cause ; une toux sifflante doit faire rechercher un asthme.
Questions fréquentes sur le rhume des foins
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Le rhume des foins est-il contagieux ?
Non, c’est une allergie et non une infection.
Peut-on développer un rhume des foins à l’âge adulte ?
Oui, une allergie peut apparaître à tout âge.
Les corticoïdes nasaux sont-ils dangereux ?
Non, aux doses habituelles ils sont bien tolérés et peu absorbés dans le sang.
Combien de temps dure la désensibilisation ?
En général trois à cinq ans.
Pourquoi les symptômes sont-ils pires certains jours ?
Les concentrations de pollens augmentent par temps sec, chaud et venteux.
Peut-on faire du sport en extérieur ?
Oui, de préférence en dehors des pics polliniques et après la pluie.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Allergies saisonnières
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Rhinite allergique et rhume des foins
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
