Yoyo, diabolo, aérateur : de quoi parle-t-on ?
Selon ameli.fr, les aérateurs transtympaniques sont aussi appelés drains, « yoyos » ou « diabolos ». C’est un petit système posé dans la membrane du tympan, qui permet la ventilation de la caisse du tympan, c’est-à-dire de l’oreille moyenne. Ils sont en silicone ou en titane.
Il en existe plusieurs formes : les diabolos, en forme de bobine, et les T-tubes, en forme de T, qui restent en place plus longtemps et sont plutôt proposés en cas de récidive après une première pose. La HAS indique qu’en France, la pose de yoyos est la deuxième intervention de chirurgie ORL la plus fréquente.
Oreille moyenne, liquide et ventilation
Le yoyo est surtout utilisé dans l’otite séreuse ou séromuqueuse. La HAS la décrit comme une inflammation chronique de la muqueuse de l’oreille moyenne, avec du liquide enfermé derrière le tympan pendant plus de 3 mois. Elle touche surtout les enfants de 6 mois à 12 ans : près de 20 % des enfants de moins de 2 ans et 16 % des moins de 5 ans.
Quand elle persiste et touche les deux oreilles, le liquide peut entraîner une baisse de l’audition et abîmer le tympan, avec des répercussions possibles sur la parole, le langage et les apprentissages. Le yoyo permet au liquide de s’écouler et à l’air de revenir dans l’oreille moyenne.
Quand l’ORL peut-il proposer un yoyo ?
Pour ameli.fr, les aérateurs servent à permettre le retour à une audition normale, à prévenir la réapparition de l’otite séromuqueuse, à diminuer le nombre d’otites moyennes aiguës chez l’enfant de moins de 3 ans et à réduire le risque d’otite moyenne chronique. Ils peuvent être posés lorsque l’otite séromuqueuse entraîne des complications :
- une baisse de l’audition des deux oreilles, un retard de langage ou de parole ;
- des surinfections répétées, sous forme d’otites moyennes aiguës ;
- une souffrance du tympan, comme une poche de rétraction ;
- une évolution prolongée prévisible, par exemple après une chirurgie du palais.
Pour la HAS, chez l’enfant qui a une otite séromuqueuse chronique des deux oreilles, l’intervention peut être utile lorsqu’une baisse de l’audition a été mesurée par l’ORL à l’audiogramme ; sans baisse de l’audition, elle n’est pas recommandée. La décision revient à l’ORL.
Audition et surveillance avant de décider
La HAS rappelle que, lors de la découverte de l’épanchement, si le médecin généraliste ou le pédiatre ne détecte pas de situation à risque, toute intervention est inutile pendant les 3 premiers mois : l’épanchement guérit le plus souvent seul et une simple surveillance suffit. Si le liquide persiste au-delà de 3 mois, l’ORL fait un bilan de l’audition et peut proposer un traitement en cas de baisse.
La HAS souligne aussi que l’audition n’est contrôlée avant l’intervention que chez un enfant opéré sur trois, ce qui conduit probablement à des interventions inutiles. Demander si un audiogramme a été fait fait donc partie des bonnes questions.
Situations qui demandent un avis sans attendre
La surveillance de 3 mois concerne les situations sans risque particulier. Ameli.fr cite des cas où un traitement est nécessaire : une baisse de l’audition avec retentissement sur le langage, des surinfections comme une otite moyenne aiguë ou une rétraction du tympan, des otites séromuqueuses récidivantes, ou une évolution prolongée prévisible, par exemple en cas de malformation ORL.
Dans ces situations, ou si les parents ou l’école remarquent que l’enfant entend moins bien ou que son langage se développe moins vite, il est utile d’en parler rapidement au médecin, qui jugera de l’orientation vers l’ORL.
Et les médicaments ?
Selon la HAS, il n’existe pas de traitement médicamenteux efficace contre l’épanchement : décongestionnants, antihistaminiques, antibiotiques, corticoïdes ou autres médicaments sont inutiles et déconseillés. Ameli.fr précise que les antibiotiques n’ont aucun effet bénéfique sur l’audition et exposent à des effets indésirables et à l’antibiorésistance, et que les corticoïdes n’ont, au mieux, qu’un effet transitoire.
Ameli.fr cite aussi des mesures autour des facteurs favorisants (traitement des infections du nez et de la gorge, lavages de nez, prise en charge d’un reflux ou d’allergies, arrêt de l’exposition au tabagisme passif), ainsi que l’insufflation tubaire chez l’enfant de plus de 4 ans capable de l’utiliser, parfois avec une rééducation tubaire chez un orthophoniste.
Comment se déroule la pose ?
Selon ameli.fr, l’enfant est hospitalisé en chirurgie ambulatoire : il entre le matin et sort le jour même. L’intervention se fait sous anesthésie générale, après une consultation pré-anesthésique quelques jours avant. Sous microscope, le chirurgien réalise une petite incision du tympan (paracentèse), aspire le liquide puis introduit le diabolo ou le T-tube à travers le tympan.
Une ablation des végétations adénoïdes peut être réalisée en même temps, selon l’âge et l’examen ORL : ameli.fr indique qu’elle augmente l’effet des aérateurs chez l’enfant de plus de 4 ans, mais elle n’est pas systématique. La HAS insiste sur l’information de l’enfant et des parents, avant et après l’intervention, pour obtenir leur consentement et expliquer les précautions à prendre.
Contrôles de l’audition et du tympan après la pose
Après la pose, un écoulement transitoire de l’oreille, parfois avec un peu de sang, est possible. Des contrôles chez l’ORL sont nécessaires pour vérifier le retour à une audition normale, l’absence de complication et la disparition durable de l’otite séromuqueuse. La HAS recommande un test d’audition dans les 6 mois qui suivent l’intervention, pour s’assurer de son succès.
Tant que les yoyos sont en place, ameli.fr conseille d’éviter de se mettre de l’eau dans les oreilles, car l’eau favorise l’infection. Les consignes précises (bain, douche, piscine, protections) dépendent du chirurgien et du type d’aérateur : il est utile de les demander par écrit.
Durée, seuils et ce que les sources nuancent
- Durée en place : la HAS indique que les yoyos s’expulsent en général naturellement au bout de 4 mois à 2 ans ; ameli.fr donne 4 à 18 mois pour les diabolos, plus longtemps pour les T-tubes. Il n’y a pas de durée garantie, et le retrait se fait chez l’ORL, jamais à la maison.
- Seuils d’indication : ameli.fr cite une baisse d’audition supérieure à 30 dB à l’audiométrie ou plus de 4 otites moyennes aiguës par hiver ; la HAS parle d’une baisse d’audition mesurée, sans détailler de seuil dans son communiqué. Ces chiffres ne sont pas des règles à appliquer seul.
- Trois mois : ameli.fr écrit que toute chirurgie est inutile pendant les 3 premiers mois ; la HAS précise que cela vaut en l’absence de situation à risque.
- Dates : les chiffres de la HAS datent de 2014 et son communiqué de 2017 ; ils concernent l’enfant. Les sources ne détaillent pas la pose chez l’adulte.
- Otite aiguë ou séreuse : l’otite moyenne aiguë, l’otite séromuqueuse et l’otite de l’adulte sont des situations différentes, avec des prises en charge propres.
En résumé : expulsion, retrait et complications possibles
Le yoyo est un petit aérateur posé à travers le tympan, surtout chez l’enfant qui a une otite séromuqueuse persistante avec une baisse d’audition mesurée ou des complications. Sans situation à risque, on surveille d’abord pendant 3 mois. La pose se fait sous anesthésie générale, en ambulatoire. Les yoyos tombent en général seuls en 4 mois à 2 ans, et un contrôle de l’audition est recommandé dans les 6 mois.
Ameli.fr cite plusieurs complications possibles : un aérateur qui se bouche, un écoulement d’oreille traité par gouttes, une expulsion trop précoce, une rétraction ou une sclérose du tympan, et une perforation du tympan résiduelle, qui peut nécessiter une greffe. Un diabolo encore en place après 18 mois doit être retiré. Questions utiles pour l’ORL : l’audition a-t-elle été mesurée ? quel type d’aérateur ? quelles consignes pour l’eau ? quand faire le contrôle ?
Questions fréquentes sur les yoyos
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Pourquoi propose-t-on un yoyo dans l’oreille ?
Pour aérer l’oreille moyenne et laisser s’écouler le liquide d’une otite séromuqueuse qui persiste et entraîne une baisse de l’audition ou des complications. Le but est de retrouver une audition normale et de limiter les récidives.
Combien de temps peut-il rester en place ?
En général 4 mois à 2 ans selon la HAS ; ameli.fr indique 4 à 18 mois pour les diabolos, plus pour les T-tubes. Un diabolo encore présent après ce délai doit être retiré par l’ORL.
Comment se déroule sa pose ?
En ambulatoire, sous anesthésie générale. Le chirurgien fait une petite incision du tympan, aspire le liquide et introduit l’aérateur. L’enfant rentre à la maison le jour même.
La pose est-elle toujours nécessaire après des otites ?
Non. L’otite séromuqueuse guérit le plus souvent seule et, sans situation à risque, aucune intervention n’est utile pendant 3 mois. La HAS ne recommande pas l’intervention sans baisse de l’audition mesurée.
Quelles consignes suivre pour l’eau ?
Ameli.fr conseille d’éviter de se mettre de l’eau dans les oreilles tant que les yoyos sont en place, car elle favorise l’infection. Les consignes précises pour le bain ou la piscine dépendent du chirurgien.
Faut-il consulter si l’audition ne s’améliore pas ?
Oui. La HAS recommande un test d’audition dans les 6 mois après la pose. Si l’enfant semble toujours mal entendre ou si un écoulement persiste, il faut en parler à l’ORL.
Sources
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de l’otite séreuse ou séromuqueuse, 12/03/2025
- Haute Autorité de santé (HAS) · Otite séromuqueuse de l’enfant : la HAS fait le point sur la pose des yoyos, 07/09/2017
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
