Anosmie, hyposmie et perceptions déformées
Le Manuel MSD définit l’anosmie comme la perte totale de l’odorat et l’hyposmie comme une perte partielle ; ce sont les troubles de l’odorat et du goût les plus courants. Il décrit aussi la dysosmie, où des odeurs inoffensives deviennent soudain désagréables, par exemple en cas d’infection des sinus, de lésion partielle des nerfs olfactifs, de mauvaise hygiène bucco-dentaire, d’infection de la bouche, de dépression ou de carences nutritionnelles.
À l’inverse, l’hypersensibilité aux odeurs (hyperosmie) est beaucoup moins fréquente ; le Manuel MSD indique qu’elle est fréquente pendant la grossesse. Ces troubles sont rarement graves, mais ils peuvent être frustrants et gêner la détection de produits ou de gaz toxiques.
Olfaction et saveur : liens et différences
L’odorat et le goût sont étroitement liés. Selon le Manuel MSD, les papilles de la langue reconnaissent les cinq saveurs de base (sucré, salé, acide, amer et umami), tandis que la reconnaissance des arômes plus complexes, comme celui de la framboise, demande aussi l’odorat. La plupart des personnes atteintes d’anosmie reconnaissent encore le salé, le sucré, l’acide et l’amer, mais ne distinguent plus les saveurs spécifiques : elles se plaignent souvent d’une perte du goût.
La perte du goût proprement dite (agueusie) ou sa diminution (hypogueusie) est différente : elle résulte généralement d’affections de la langue, le plus souvent par une sécheresse importante de la bouche (syndrome de Sjögren, tabagisme important, radiothérapie de la tête et du cou, déshydratation, certains médicaments). Distinguer les deux aide le médecin à orienter le bilan.
Causes nasales, postinfectieuses et autres
L’odorat peut être perturbé au niveau du nez, des nerfs olfactifs ou du cerveau. Le Manuel MSD cite comme causes les plus courantes :
- les infections virales des voies respiratoires supérieures, notamment la grippe, responsable de près d’un quart des hyposmies ou anosmies, et le COVID-19, dont une perte soudaine de l’odorat ou du goût peut être un symptôme précoce ;
- les traumatismes crâniens, fréquents lors des accidents de voiture, principale cause de perte définitive de l’odorat ;
- l’obstruction du nez : rhume, rhinite allergique, polypes nasaux, sinusite ;
- le vieillissement : la capacité à sentir diminue progressivement, avec des changements souvent perçus vers 60 ans et importants après 70 ans ;
- plus rarement, certains médicaments, une radiothérapie, des tumeurs, ou des maladies du cerveau comme la maladie d’Alzheimer ou la sclérose en plaques.
Le Manuel MSD précise que le rôle du tabac est incertain et qu’une petite minorité de personnes naissent sans odorat.
Début, durée et symptômes à décrire
Le Manuel MSD indique que le médecin demande quand et comment la perte a commencé, depuis combien de temps elle dure et si elle a débuté avant ou peu après un rhume, un épisode grippal ou un traumatisme crânien. Il s’intéresse aussi aux autres symptômes : nez bouché, écoulement aqueux, teinté de sang, épais ou malodorant.
Les antécédents comptent : troubles des sinus, traumatismes ou opérations de la tête, allergies, médicaments et drogues utilisés, exposition à des produits chimiques ou à des fumées. Le médecin recherche aussi des symptômes neurologiques, comme des troubles de la mémoire récente, une vision double ou des difficultés à parler ou à avaler. Une perte d’odorat isolée ne permet pas, à elle seule, de conclure à une maladie neurologique.
Signes justifiant une évaluation rapide
Le Manuel MSD considère comme particulièrement préoccupants :
- un traumatisme crânien récent ;
- des symptômes d’une atteinte du système nerveux : faiblesse, troubles de l’équilibre, difficultés à voir, parler ou avaler ;
- un début soudain des symptômes ;
- une exposition connue au COVID-19 ou l’absence de vaccination contre le COVID-19.
Les personnes qui présentent ces signes doivent consulter immédiatement ; les autres doivent consulter dès que possible. En cas de signes neurologiques soudains, appelez le 15 ou le 112. En cas de suspicion de COVID-19, le Manuel MSD indique que la prise en charge suit les protocoles locaux en vigueur.
Examen clinique et tests de l’odorat
Lors de l’examen, le médecin regarde l’intérieur du nez à la recherche d’une inflammation, d’un écoulement ou de polypes, et réalise un examen neurologique, en particulier de l’état mental et des nerfs crâniens.
Pour tester l’odorat, le Manuel MSD décrit l’usage de substances parfumées courantes (savon, vanille, café, clous de girofle) présentées sous chaque narine séparément, ou de kits standardisés à gratter et renifler, ou encore d’échantillons dilués de plus en plus. Ces tests se font avec le médecin. Il ne faut pas tester son odorat en respirant des produits irritants, toxiques ou du gaz.
Examens complémentaires selon le contexte
Les examens dépendent de la cause suspectée. Le Manuel MSD indique que des tests d’allergie peuvent être proposés en cas de symptômes allergiques, et des analyses virales en cas de suspicion de COVID-19. S’il n’y a pas de cause évidente, un scanner ou une IRM de la tête, sinus compris, peuvent être réalisés pour rechercher une anomalie de structure (tumeur, abcès, fracture).
Le Manuel MSD résume qu’un examen d’imagerie est généralement nécessaire, sauf si la cause est évidente pour le médecin. C’est donc lui qui décide de l’intérêt d’une imagerie, selon l’histoire et l’examen ; elle ne se demande pas d’emblée par soi-même.
Traitement de la cause et limites
Selon le Manuel MSD, les médecins traitent la cause de la perte d’odorat. Une infection ou une irritation des sinus est traitée selon le cas (sprays nasaux, antibiotiques, parfois chirurgie), mais l’odorat ne revient pas toujours, même après un traitement réussi. Les polypes du nez peuvent être enlevés, ce qui permet parfois le retour de l’odorat. Les tumeurs sont opérées ou traitées par radiothérapie, ce qui ne permet généralement pas de retrouver l’odorat. Il est recommandé d’arrêter de fumer.
Après une grippe, le Manuel MSD indique que l’odorat ou le goût peuvent être absents plusieurs jours ou semaines, mais que la perte est rarement définitive. Il précise en revanche qu’il n’existe aucun traitement de l’anosmie elle-même. Les sources consultées ne décrivent pas de protocole de rééducation olfactive ; elles ne recommandent ni antibiotiques, ni corticoïdes, ni compléments pris seuls, ni arrêt d’un médicament sans avis médical.
Ce que les sources nuancent
- Traitement : le Manuel MSD écrit qu’il n’existe aucun traitement de l’anosmie, tout en décrivant le traitement de ses causes. Les deux ne se contredisent pas : on soigne la cause quand elle est identifiée, sans remède universel de la perte d’odorat.
- Imagerie : l’une des pages présente l’imagerie comme réalisée s’il n’y a pas de cause évidente ; les points clés la disent généralement nécessaire sauf cause évidente. Dans les deux cas, la décision revient au médecin.
- Maladies du cerveau : la maladie d’Alzheimer figure parmi les causes chez les personnes âgées, mais une perte d’odorat ne signifie pas qu’une telle maladie est présente.
- Minéraux : le Manuel MSD cite des carences (zinc, cuivre, nickel) qui peuvent altérer le goût et l’odorat ; il ne recommande pas de compléments.
- Dates : les deux pages ont été revues en mars 2025 ; l’une a été mise à jour en août 2025.
En résumé : sécurité au quotidien et préparation du suivi
La perte d’odorat a des causes variées : infections virales, nez bouché, traumatisme crânien, âge, plus rarement médicaments ou maladies du cerveau. Elle donne souvent l’impression de perdre le goût. Les signes d’alerte imposent un avis immédiat ; sinon, il faut consulter dès que possible. Le traitement vise la cause et l’odorat ne revient pas toujours. Au quotidien, le Manuel MSD souligne l’importance des détecteurs de fumée et recommande la prudence avec le gaz de cuisine ou de chauffage et avec les conserves, car une altération des aliments ou une fuite de gaz peuvent passer inaperçues. Pour les personnes qui gardent un peu d’odorat, des arômes concentrés peuvent rendre les repas plus agréables ; compenser par beaucoup de sel ou de sucre n’est pas conseillé par les sources.
Pour préparer la consultation, notez la date et le mode de début, l’épisode infectieux ou le choc éventuel, les symptômes du nez, les médicaments et les expositions professionnelles. Pour une perte d’odorat qui dure chez l’adulte, l’équipe d’ORL de notre centre de Bilbao peut examiner le nez et rechercher la cause (les consultations se déroulent en espagnol), sans promettre de récupération. Les signes d’alerte, eux, relèvent d’une consultation immédiate.
Questions fréquentes sur la perte de l’odorat
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Pourquoi peut-on perdre l’odorat ?
Le plus souvent à cause d’une infection virale, d’un nez bouché (rhume, allergie, polypes, sinusite), d’un traumatisme crânien ou du vieillissement. Plus rarement, des médicaments, une radiothérapie, une tumeur ou une maladie du cerveau sont en cause.
Quel virus peut être en cause ?
Le Manuel MSD cite les virus des voies respiratoires supérieures, en particulier la grippe, responsable de près d’un quart des cas, et le COVID-19, dont une perte soudaine de l’odorat peut être un symptôme précoce.
Pourquoi le goût semble-t-il aussi diminué ?
Parce que la reconnaissance des arômes dépend de l’odorat. La langue continue de percevoir le salé, le sucré, l’acide et l’amer, mais les saveurs plus fines disparaissent.
L’odorat revient-il toujours après un rhume ?
Pas toujours. Après une grippe, il peut manquer plusieurs jours ou semaines, mais la perte est rarement définitive selon le Manuel MSD. Si elle persiste, une consultation permet d’en chercher la cause.
Quels traitements peuvent être discutés ?
Le traitement de la cause : sinusite, polypes, allergie, arrêt du tabac. Il n’existe pas de traitement universel de l’anosmie elle-même, et aucun médicament ne doit être pris ou arrêté sans avis médical.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Immédiatement après un traumatisme crânien récent, en cas de début soudain ou de signes neurologiques (faiblesse, troubles de l’équilibre, difficultés à voir, parler ou avaler). Sinon, consultez dès que possible.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Perte de l’odorat, mars 2025 (mise à jour août 2025)
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Présentation des troubles de l’odorat et du goût, mars 2025
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
