Constipation et variations du rythme intestinal
Ameli.fr définit la constipation par une diminution de la fréquence des selles associée à une difficulté à les évacuer. La fréquence normale varie beaucoup d’une personne à l’autre : entre trois selles par jour et trois par semaine. Aller à la selle tous les jours n’est donc pas obligatoire.
Chez l’adulte, une constipation peut être évoquée quand le rythme habituel s’allonge (moins de trois selles par semaine) ou quand les selles deviennent plus dures, difficiles voire douloureuses à expulser. Elle est dite chronique quand les symptômes durent depuis plus de six mois ; ce repère sert à la décrire, il ne fixe pas un délai avant de consulter.
Selles dures, efforts et évacuation incomplète
Selon ameli.fr, les selles peuvent être peu abondantes, avec une impression d’évacuation incomplète. La constipation s’accompagne souvent d’un inconfort du ventre, de crampes et de ballonnements. On peut donc être constipé même avec des selles régulières, si elles sont dures et difficiles à évacuer.
Ameli.fr explique le mécanisme : quand les selles restent trop longtemps dans le côlon, celui-ci absorbe leur eau, elles durcissent et s’accumulent. Une alternance de selles liquides et dures peut correspondre à une « fausse diarrhée » sur constipation. Pour les ballonnements, voir aussi notre guide sur le ventre gonflé.
Causes liées aux habitudes et aux médicaments
La constipation occasionnelle est en général due, selon ameli.fr, à un changement d’habitudes (voyage, changement d’alimentation, stress, immobilisation, alitement, hospitalisation), à la fin de la grossesse, à la prise temporaire d’un médicament, ou au fait de se retenir, par exemple en cas d’hémorroïdes ou de fissure anale.
Une constipation plus durable est favorisée par une alimentation pauvre en fibres avec trop peu d’eau, un apport calorique faible (troubles du comportement alimentaire, dénutrition) et le manque d’activité physique, surtout chez les personnes âgées ou à mobilité réduite. Certains médicaments en sont aussi responsables : certains antidouleurs, anticonvulsivants, antidépresseurs, diurétiques ou médicaments contre l’acidité gastrique. En cas de traitement prolongé, lisez la notice et demandez conseil au pharmacien, sans arrêter un traitement de vous-même.
D’autres causes à rechercher
Ameli.fr indique que la constipation chronique se rencontre aussi dans le syndrome de l’intestin irritable, avec maux de ventre et ballonnements ; voir notre guide sur le côlon irritable.
Beaucoup plus rarement, elle peut être due à une maladie du côlon ou du rectum (diverticulose, cancer colorectal…) ou à une autre maladie : diabète, hypothyroïdie, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, dépression, troubles anxieux. C’est pourquoi une constipation nouvelle, importante ou qui ne cède pas doit être évaluée par un médecin.
Signes d’alerte et occlusion possible
Ameli.fr classe les situations selon l’urgence. Appelez le 15 ou le 112 sans tarder si vous vomissez, avez des douleurs abdominales et ne parvenez plus à émettre de gaz : une occlusion intestinale est possible. Dans ce cas, ni fibres, ni laxatif, ni lavement maison. Consultez dans la journée en cas de constipation avec fièvre et fortes douleurs du ventre.
Consultez votre médecin dans les jours qui viennent si :
- vous avez plus de 50 ans et la constipation est récente et d’emblée importante ;
- vous avez du sang dans les selles, des glaires, des douleurs qui ne passent pas, une alternance diarrhée-constipation ou des difficultés à retenir vos selles ;
- vous perdez du poids, ou une constipation est apparue sans raison et ne cède pas ;
- vous êtes suivi pour une maladie chronique (du côlon ou autre), pendant la grossesse ou l’allaitement, si vous prenez des médicaments qui constipent, ou si les mesures d’hygiène de vie n’ont pas suffi.
Consultation et examens selon le contexte
Selon ameli.fr, le médecin interroge sur les habitudes de vie, les facteurs en cause, le retentissement au quotidien et les médicaments pris. Le plus souvent, l’examen clinique suffit pour poser le diagnostic et en trouver l’origine. Des examens complémentaires ne sont demandés que si le médecin recherche une maladie particulière.
Si un médicament est en cause, le médecin peut l’arrêter ou le remplacer quand c’est possible. En cas de maladie, c’est d’abord la cause qui est traitée. Ameli.fr précise qu’une rééducation du périnée peut être nécessaire dans certains cas.
Fibres progressives et boissons suffisantes
Ameli.fr recommande des aliments riches en fibres, qui augmentent la fréquence des selles et améliorent leur consistance : fruits et légumes, céréales complètes, légumes secs, fruits secs comme les pruneaux, oléagineux. Il conseille d’augmenter progressivement les fibres sur deux semaines, voire plusieurs, pour éviter douleurs et ballonnements, l’objectif habituel étant d’environ 25 g par jour. Pour des idées d’aliments, voir notre guide sur les aliments riches en fibres.
Boire régulièrement aide les fibres à agir : ameli.fr cite au moins 1,5 litre par jour (eau, soupes, tisanes) en l’absence de contre-indication médicale, et recommande les eaux riches en magnésium pour leur effet laxatif. En cas de maladie du cœur ou des reins, la quantité de liquide et le choix de l’eau se discutent avec le médecin. Boire beaucoup ne suffit pas à lui seul : c’est l’ensemble des mesures qui compte.
Habitudes aux toilettes et activité physique
Ameli.fr conseille d’aller aux toilettes à heure fixe, une demi-heure à une heure après un repas, quand le côlon se contracte naturellement, et d’y aller dès que l’envie se présente, sans se retenir. Prenez votre temps, sans forcer pour pousser. Un marchepied sous les pieds, ou la position accroupie, facilite le passage des selles.
L’activité physique quotidienne améliore le transit : marche, escaliers, jardinage, danse… Ameli.fr recommande de bouger au moins cinq jours sur sept, idéalement chaque jour, et de réduire le temps passé assis. Évitez aussi les aliments trop gras et trop sucrés.
Laxatifs : conseils et nuances des sources
- En complément : selon ameli.fr, les laxatifs viennent après ou avec les mesures d’hygiène de vie. Il en existe plusieurs types : osmotiques (ramollissent les selles en attirant l’eau, souvent utilisés en premier), de lest (augmentent le volume des selles, à prendre avec beaucoup d’eau), lubrifiants (à éviter en cas de troubles de la déglutition, risque de fausse route), stimulants (sur prescription et sur une courte durée) et voie rectale.
- Dépendance : tous les laxatifs ne se valent pas. Ameli.fr indique que la prise régulière de certains d’entre eux peut créer une accoutumance de l’intestin et aggraver la constipation, y compris pour les produits à base de plantes. « Naturel » ne veut pas dire sans risque.
- Abus : l’abus de laxatifs peut entraîner une perte d’eau et de minéraux, notamment de potassium, surtout avec des diurétiques, et une dénutrition chez les personnes âgées.
- Automédication : respectez la notice et la dose maximale, n’associez pas plusieurs laxatifs et n’en prenez pas de façon prolongée sans avis médical. Demandez conseil au pharmacien pour choisir le plus adapté.
- Fibres : elles fermentent dans l’intestin et peuvent donner des gaz ; c’est pourquoi ameli.fr insiste sur une augmentation progressive.
En résumé : un suivi si les symptômes persistent
La constipation est le plus souvent passagère et sans danger : selon ameli.fr, elle disparaît avec sa cause ou grâce à de meilleures habitudes, et même une constipation chronique bien prise en charge évolue vers la guérison. Les piliers sont des horaires réguliers aux toilettes, des fibres augmentées progressivement, des boissons suffisantes et une activité quotidienne.
Sans prise en charge, des complications peuvent survenir, surtout chez la personne âgée : aggravation d’hémorroïdes ou d’une fissure, occlusion, incontinence ou rétention urinaire. Consultez si la constipation est nouvelle, importante, persiste malgré les mesures prises, ou s’accompagne de sang, d’amaigrissement ou de douleurs.
Questions fréquentes sur la constipation
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Doit-on aller à la selle tous les jours ?
Non. Selon ameli.fr, le rythme normal va de trois selles par jour à trois par semaine. Ce qui compte, c’est le changement par rapport à vos habitudes.
Peut-on être constipé malgré des selles régulières ?
Oui, si les selles sont dures, difficiles ou douloureuses à évacuer, ou si l’évacuation paraît incomplète.
Comment augmenter les fibres progressivement ?
En ajoutant peu à peu fruits, légumes, céréales complètes et légumes secs, sur deux semaines ou plus, pour éviter ballonnements et douleurs.
Boire beaucoup d’eau suffit-il ?
Non. L’eau aide les fibres à agir, mais elle s’associe aux fibres, à l’activité physique et à de bonnes habitudes aux toilettes.
Tous les laxatifs créent-ils une dépendance ?
Non, mais la prise régulière de certains, y compris à base de plantes, peut créer une accoutumance. Demandez conseil au pharmacien et évitez l’usage prolongé sans avis.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Vomissements, douleurs et arrêt des gaz : appelez le 15 ou le 112. Fièvre avec fortes douleurs : dans la journée. Sang dans les selles ou amaigrissement : dans les jours qui viennent.
Sources
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Constipation de l’adulte : définition, symptômes, facteurs favorisants, 06/03/2025
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Constipation de l’adulte : que faire et quand consulter ?, 07/03/2025
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Diagnostic, traitement et évolution de la constipation de l’adulte, 07/03/2025
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
