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Hémorroïdes : soulager la crise et savoir quand consulter

Les hémorroïdes sont des vaisseaux présents normalement dans le canal anal. Quand ils gonflent et s’irritent, ils donnent des douleurs, des saignements ou une petite tuméfaction à l’anus : c’est la maladie hémorroïdaire, que l’on appelle couramment « hémorroïdes ». Un tiers des adultes en a souffert au moins une fois. Ce guide reprend le dossier de l’Assurance Maladie (ameli.fr) : symptômes, facteurs favorisants, gestes qui soulagent, signes qui imposent de consulter et traitements possibles.

Thème
Nutrition
Mis à jour
Temps de lecture
8 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Que sont les hémorroïdes ?

Les hémorroïdes sont un réseau de vaisseaux artériels et veineux présent à l’état normal dans le canal anal. Ameli.fr distingue :

  • les hémorroïdes externes, situées sous la peau de l’orifice de l’anus ;
  • les hémorroïdes internes, plus profondes, sous la muqueuse du canal anal ; elles forment un coussinet qui participe à la continence des selles.

La maladie hémorroïdaire désigne l’ensemble des troubles qui touchent ces vaisseaux lorsqu’ils sont gonflés et irrités. Ses symptômes sont en général bénins et passagers, mais gênants. Elle touche autant les hommes que les femmes, surtout entre 40 et 65 ans.

Crise, prolapsus et thrombose : les différentes formes

  • La crise hémorroïdaire : une poussée congestive des hémorroïdes internes, avec douleur, saignement et prolapsus.
  • Le prolapsus (procidence) : les hémorroïdes internes s’extériorisent par l’anus après une selle ou un effort, puis rentrent seules ou sont refoulées ; avec les années, il peut devenir permanent.
  • La thrombose hémorroïdaire externe : un caillot dans une hémorroïde externe, avec une tuméfaction bleutée très douloureuse qui apparaît brutalement à l’entrée de l’anus, souvent après un effort physique important ou un traumatisme. Ameli.fr précise que ce caillot ne migre pas : il n’y a pas de risque d’embolie pulmonaire. La thrombose des hémorroïdes internes est plus rare.

Comment reconnaître des hémorroïdes ?

Les symptômes varient d’une personne à l’autre :

  • Douleur : chaleur, gonflement et pesanteur à l’anus, aggravés par la défécation ou l’effort et soulagés en position allongée ; elle dure 2 à 4 jours. Ensuite, des tiraillements, brûlures ou démangeaisons peuvent persister.
  • Saignement de sang rouge (rectorragie) dans ou après les selles : quelques traces sur le papier, goutte à goutte, éclaboussures dans la cuvette. Il est intermittent et indolore, contrairement au saignement d’une fissure anale.
  • Tuméfaction à l’anus en cas de prolapsus, parfois avec suintements et démangeaisons.

Avec une évolution de plusieurs années, les symptômes peuvent devenir quotidiens, et des saignements répétés peuvent provoquer une anémie.

Qu’est-ce qui déclenche les hémorroïdes ?

Ameli.fr précise que les facteurs de risque restent discutés, mais que certains facteurs peuvent favoriser ou aggraver les symptômes :

  • La constipation, par les efforts de poussée, la position assise prolongée aux toilettes et certains laxatifs ; un épisode de diarrhée peut aussi déclencher une crise.
  • La fin de grossesse, l’accouchement et le post-partum ; environ un tiers des femmes enceintes ont des hémorroïdes, surtout en fin de grossesse.
  • L’âge, qui relâche les tissus de la région anale.
  • Certains sports (cyclisme, équitation), le port de charges lourdes ou, à l’inverse, la sédentarité.
  • Le surpoids, même si des personnes minces peuvent en avoir.
  • L’alcool et les plats épicés, qui auraient un rôle déclencheur de la crise.

Saignement ou douleur : quand consulter, et quand faire vite ?

D’autres maladies de l’anus ou de l’intestin peuvent donner les mêmes symptômes : démangeaisons, sang dans les selles. Ameli.fr cite notamment la fissure anale, la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn, les polypes du côlon et le cancer colorectal.

C’est pourquoi il faut consulter dès le premier saignement par l’anus, et si les saignements se répètent. Un examen de la région anale et rectale vérifie qu’il s’agit bien d’hémorroïdes. L’origine hémorroïdaire d’un saignement ne peut être affirmée qu’après avoir éliminé une autre lésion du tube digestif, en particulier par une coloscopie si le médecin le juge utile.

Ameli.fr conseille de consulter un médecin dès que possible :

  • en cas de saignement anal important et répété de sang rouge ;
  • si les selles sont très noires ;
  • en cas de douleur anale intense avec une fièvre de plus de 38 °C ;
  • en cas de douleur anale soudaine et très intense, qui fait craindre une thrombose ;
  • si la douleur s’accompagne d’une impossibilité d’aller à la selle depuis plus de 48 heures.

Il faut aussi consulter si, chez une personne déjà diagnostiquée, les symptômes deviennent difficiles à supporter au quotidien, et si une crise ne passe pas en quelques jours malgré les antalgiques.

L’examen médical

Le médecin traitant peut adresser à un gastro-entérologue. Celui-ci interroge sur les symptômes et examine la région anale à la recherche d’hémorroïdes externes, de signes de thrombose, de marisques (petits bourrelets de peau laissés par une ancienne thrombose) ou d’un prolapsus.

Pour voir les hémorroïdes internes, il explore le canal anal avec un anuscope, un petit endoscope court et rigide. Aucun autre examen n’est utile pour poser le diagnostic d’hémorroïdes ; une coloscopie peut en revanche être demandée en cas de doute sur l’origine d’un saignement.

Transit et habitudes : comment soulager une crise hémorroïdaire ?

En l’absence de symptôme gênant, aucun traitement n’est nécessaire. En cas de troubles modérés, ameli.fr insiste sur la correction du transit :

  • Aux toilettes : y aller à heure fixe, une demi-heure à une heure après le repas, sans trop pousser ; prendre son temps sans rester assis longtemps.
  • Fibres : produits céréaliers, légumineuses, légumes verts et fruits riches en fibres ; augmenter progressivement les céréales complètes (voir nos aliments riches en fibres).
  • Eau : boire suffisamment et régulièrement, au moins 1,5 litre par jour, sauf avis médical contraire ; modérer l’alcool.
  • À limiter : les aliments trop gras, trop sucrés et très épicés, surtout s’ils ont déjà déclenché une crise.
  • Activité physique régulière, sans port de charges lourdes, et perte de poids si besoin.
  • Toilette douce après chaque selle avec un papier humide sans savon, séchage en tamponnant, vêtements en coton non serrés.

Une fois le diagnostic posé, la consultation de nutrition de notre centre de Bilbao peut vous aider à adapter votre alimentation pour un transit plus régulier ; elle ne remplace pas l’examen médical d’un saignement (les consultations se déroulent en espagnol).

Médicaments, gestes au cabinet et chirurgie

  • Médicaments : sur conseil du pharmacien, des crèmes ou suppositoires décongestionnants et lubrifiants, certains avec un anesthésique local ; ceux qui contiennent des corticoïdes nécessitent une ordonnance. Des antalgiques ou des AINS peuvent soulager, en traitement court. Des laxatifs peuvent lutter contre la constipation et des veinotoniques sont utilisés en cure courte, jamais à titre préventif. Le traitement médical dure une à deux semaines.
  • Traitement instrumental en cas d’échec : ligature élastique, photocoagulation infrarouge ou sclérose, au cabinet, sans anesthésie. Il soulage nettement mais n’élimine pas le risque de récidive.
  • Thrombose externe : anti-inflammatoires, antalgiques et régulateurs de transit, la thrombose régressant en quelques semaines ; ou incision ou excision du caillot en consultation, qui soulage immédiatement.
  • Chirurgie : nécessaire dans 10 % des cas seulement, en échec des autres traitements ou d’emblée si les hémorroïdes sont extériorisées en permanence ou provoquent une anémie.

Ce que les sources nuancent

  • Thrombose et chirurgie : la page « définition » d’ameli.fr indique que la thrombose nécessite un traitement chirurgical avec guérison en 5 à 15 jours, alors que la page « traitement » décrit aussi un traitement médical qui fait régresser la thrombose en quelques semaines. Une opération n’est donc pas systématique : le choix revient au médecin.
  • Facteurs de risque : ameli.fr cite des facteurs favorisants (constipation, épices, alcool, sport…) tout en rappelant qu’ils restent discutés ; il n’y a pas de liste d’aliments interdits valable pour tous.
  • Fibres et eau : l’augmentation des fibres doit être progressive ; le repère de 1,5 litre d’eau ne s’applique pas si un médecin vous a demandé de limiter les boissons.
  • Arrêts de travail : les durées citées après chirurgie relèvent du système français.

En résumé

Les hémorroïdes sont des vaisseaux normaux du canal anal qui, gonflés et irrités, provoquent douleur, saignement de sang rouge, prolapsus ou thrombose. La plupart des crises passent en quelques jours mais tendent à revenir. Constipation, efforts de poussée, grossesse, âge et certains sports favorisent les symptômes.

Un transit régulier (fibres progressives, eau, bonnes habitudes aux toilettes, activité physique), une toilette douce et des traitements locaux de courte durée soulagent ; gestes instrumentaux et chirurgie sont réservés aux symptômes persistants. Pour le suivi, notez votre transit, la fréquence et l’aspect des saignements et les médicaments utilisés. Tout premier saignement, des selles noires, une douleur intense avec fièvre ou une douleur brutale imposent de consulter.

Questions fréquentes sur les hémorroïdes

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Comment soulager une crise hémorroïdaire ?

En luttant contre la constipation, avec une toilette douce après chaque selle, des vêtements amples et, sur conseil du pharmacien, des crèmes ou suppositoires et des antalgiques en traitement court. Si la crise ne passe pas en quelques jours, consultez votre médecin.

Comment reconnaître des symptômes possibles ?

Douleur et pesanteur à l’anus, sang rouge sur le papier ou dans la cuvette, petite tuméfaction à l’anus après une selle. Ces signes peuvent aussi venir d’autres maladies : un premier saignement doit être examiné.

Quels facteurs peuvent favoriser une crise ?

La constipation et les efforts de poussée, la diarrhée, la fin de grossesse et l’accouchement, l’âge, certains sports comme le cyclisme, le port de charges, la sédentarité, le surpoids, l’alcool et les plats épicés.

Une crise peut-elle régresser seule ?

Oui : la plupart des crises douloureuses s’atténuent et disparaissent d’elles-mêmes en quelques jours. Elles ont toutefois tendance à réapparaître.

Une thrombose nécessite-t-elle toujours une opération ?

Non. Ameli.fr décrit un traitement médical qui fait régresser la thrombose en quelques semaines, ou une incision ou excision en consultation qui soulage immédiatement. Le médecin choisit selon la situation.

Quand un saignement nécessite-t-il une consultation ?

Dès le premier saignement par l’anus et s’il se répète. Consultez dès que possible si le saignement est important et répété ou si les selles sont très noires.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Hémorroïdes : définition, facteurs favorisants et symptômes, 19/02/2026
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Hémorroïdes : que faire pour être soulagé et quand consulter ?, 17/02/2026
  3. ameli.fr (Assurance Maladie) · Hémorroïdes : consultation et traitement, 17/02/2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.