Diverticulite et diverticulose : quelle différence ?
Selon la HAS, la diverticulose est un état sans symptôme : la présence de diverticules, petites poches qui se forment dans la paroi du côlon. Le Manuel MSD explique qu’elles apparaissent quand la couche interne de l’intestin fait saillie à travers un point faible de sa couche musculaire.
La diverticulite correspond à l’inflammation ou à l’infection d’origine diverticulaire. Le Manuel MSD précise qu’il n’y a pas toujours d’infection, et qu’elle touche le plus souvent le côlon sigmoïde, la dernière partie du gros intestin avant le rectum. Avoir des diverticules ne veut donc pas dire avoir une diverticulite.
Symptômes possibles, sans diagnostic par la seule localisation
La HAS décrit des douleurs de la fosse iliaque gauche (bas du ventre à gauche), des troubles du transit et de la fièvre, avec une sensibilité à la palpation. Le Manuel MSD ajoute parfois des nausées et des vomissements, et précise que la diverticulite ne provoque généralement pas de saignement digestif : un saignement relève plutôt d’une autre complication des diverticules, à évaluer à part.
Une douleur à gauche n’est pas forcément une diverticulite. Le Manuel MSD cite d’autres affections qui donnent des symptômes proches, comme l’appendicite, un cancer du côlon ou de l’ovaire, un abcès d’une autre origine ou des fibromes de l’utérus. D’où l’importance de l’examen et de l’imagerie.
Signes nécessitant une évaluation rapide
Le Manuel MSD indique que la diverticulite peut être grave à tout âge, surtout chez les personnes âgées et chez celles qui prennent des corticoïdes ou d’autres médicaments qui diminuent les défenses immunitaires. Les personnes vivant avec le VIH ou traitées par chimiothérapie ont aussi un risque accru.
La HAS cite comme signes de gravité une tension artérielle basse, une respiration rapide ou une confusion. Le Manuel MSD indique une hospitalisation en cas de symptômes graves, comme une douleur abdominale avec une température supérieure à 38,3 °C ou d’autres signes d’infection grave, et précise qu’une douleur croissante avec de la fièvre peut nécessiter une chirurgie. La grossesse fait partie des situations où la HAS recommande une prise en charge différente : dans tous ces cas, l’avis médical ne doit pas attendre.
Examens selon la situation clinique
Pour la HAS, le diagnostic de diverticulite ne peut pas être affirmé sur les seules données cliniques et biologiques, même chez une personne qui a déjà fait une diverticulite. Elle recommande :
- une prise de sang (numération, CRP, créatinine) ;
- un scanner abdomino-pelvien, en première intention, à chaque épisode, pour confirmer le diagnostic et rechercher des complications ;
- une échographie seulement si le scanner ne peut pas être obtenu.
La HAS recommande de ne pas faire de coloscopie pendant la phase aiguë. Le Manuel MSD mentionne l’IRM comme alternative pour les femmes enceintes ou les personnes jeunes.
Forme non compliquée ou compliquée
La HAS définit la diverticulite compliquée par des complications locales : abcès, fistules, péritonite et sténose (rétrécissement). Le Manuel MSD les décrit :
- abcès : poche de pus autour du diverticule, avec aggravation de la douleur et de la fièvre ;
- fistule : communication anormale avec un organe voisin, le plus souvent la vessie, ce qui peut donner des infections urinaires ;
- péritonite : infection de la cavité abdominale si la paroi d’un diverticule se rompt ;
- sténose : rétrécissement du côlon après des épisodes répétés.
Le scanner permet de classer l’épisode, ce qui oriente tout le traitement.
Traitement médical, sans antibiotique systématique
La HAS recommande un traitement à domicile pour une diverticulite non compliquée, en l’absence de maladie importante associée ou de difficultés sociales. Pour une forme non compliquée confirmée par le scanner, elle recommande un traitement des symptômes sans antibiotique, en l’absence de signes de gravité, d’immunodépression, de maladie générale sévère ou de grossesse, avec une surveillance médicale. Des antibiotiques par voie orale sont prescrits si ce traitement ne suffit pas.
En cas de forme compliquée, de signes de gravité, de grossesse ou d’immunodépression, la HAS recommande des antibiotiques par voie intraveineuse, et le drainage des abcès quand c’est faisable. Le choix et la durée relèvent du médecin : il ne faut pas prendre d’antibiotiques de son propre chef.
Alimentation pendant un épisode, selon la tolérance et l’avis médical
La HAS (2017) recommande une alimentation non restrictive pendant le traitement d’une diverticulite non perforée, si elle est tolérée. Le Manuel MSD (2024) décrit une autre pratique : des liquides clairs pendant 2 à 3 jours, puis des aliments pauvres en fibres quand la douleur s’atténue, et des aliments riches en fibres une fois l’épisode terminé ; à l’hôpital, dans les formes sévères, rien n’est donné par la bouche jusqu’à l’amélioration.
Les deux sources ne disent donc pas la même chose pour les formes simples. En pratique, ce sont les consignes données par le médecin pour votre épisode qui priment ; il n’est pas recommandé de jeûner seul à domicile. Après l’épisode, les aliments riches en fibres peuvent être réintroduits progressivement.
Hospitalisation et chirurgie dans certains cas
Le Manuel MSD indique une hospitalisation en cas de symptômes graves ou de complications. Une chirurgie en urgence est nécessaire en cas de perforation avec péritonite, ou si une forme sévère ne s’améliore pas avec le traitement médical. Le chirurgien retire la partie atteinte du côlon ; une colostomie temporaire est parfois nécessaire avant de rétablir la continuité de l’intestin.
Pour la chirurgie programmée, la HAS est nuancée : l’ablation systématique du côlon sigmoïde après une crise n’est pas recommandée si la personne n’a plus de symptômes, n’est pas immunodéprimée ni insuffisante rénale chronique et si les poussées ne gênent pas sa qualité de vie. Un âge inférieur à 50 ans n’est pas en soi une indication. La décision se prend avec le chirurgien.
Suivi après l’épisode et divergences entre les sources
- Coloscopie après la crise : le Manuel MSD indique qu’une coloscopie est souvent réalisée 1 à 3 mois après le traitement ; la HAS ne la recommande pas systématiquement après une forme non compliquée (hors dépistage du cancer colorectal), mais la recommande après une forme compliquée.
- Contrôles : la HAS ne recommande ni prise de sang ni scanner de contrôle systématiques si l’évolution est favorable et qu’il n’y a pas de nouveau symptôme.
- Alimentation pendant la crise : alimentation non restrictive si tolérée (HAS 2017) ou liquides puis pauvre en fibres (Manuel MSD 2024).
- Diagnostic : le Manuel MSD écrit que les symptômes suffisent presque toujours quand la diverticulose est connue ; la HAS demande une imagerie à chaque épisode. Ni l’un ni l’autre ne permet de s’auto-diagnostiquer.
- Médicaments : le Manuel MSD associe les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes et les opioïdes à un risque accru ; un traitement prescrit ne s’arrête pas sans l’avis du médecin.
En résumé : reprise alimentaire et prévention, sans interdits universels
La diverticulite est une inflammation, parfois une infection, d’un diverticule du côlon, qui donne surtout une douleur du bas du ventre à gauche et de la fièvre. Le diagnostic se confirme par un scanner. Les formes non compliquées se soignent souvent à domicile, sans antibiotique en l’absence de signes de gravité ; les formes compliquées demandent des antibiotiques, parfois un drainage ou une chirurgie.
Pour la prévention, la HAS indique qu’aucun régime ne peut être recommandé pour éviter les récidives, et recommande de ne pas interdire les fruits à coque, le blé, le maïs ou le pop-corn ; le Manuel MSD confirme qu’ils ne causent pas la diverticulite. La HAS ne recommande pas non plus de probiotiques après une crise. Le Manuel MSD évoque un lien possible avec la viande rouge, le tabac et l’obésité. Pour la consultation, notez l’évolution de la douleur, la température, ce que vous tolérez à manger et vos traitements.
Questions fréquentes sur la diverticulite
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Quelle différence avec la diverticulose ?
La diverticulose est la simple présence de diverticules, sans symptôme. La diverticulite est l’inflammation, parfois l’infection, d’un ou de plusieurs diverticules, avec douleur et souvent fièvre.
Quels signes doivent faire consulter ?
Une douleur du bas du ventre, surtout à gauche, avec fièvre ou troubles du transit. Une douleur qui s’aggrave avec de la fièvre, un malaise ou une confusion imposent un avis urgent.
Faut-il toujours des antibiotiques ?
Non. La HAS recommande un traitement sans antibiotique pour une forme non compliquée confirmée au scanner, sans signe de gravité, immunodépression ni grossesse. Les antibiotiques sont réservés aux autres situations, sur prescription.
Faut-il une alimentation liquide ?
Les sources divergent : la HAS recommande une alimentation non restrictive si elle est tolérée ; le Manuel MSD décrit des liquides clairs 2 à 3 jours puis peu de fibres. Suivez les consignes données par le médecin pour votre épisode.
Peut-on manger des graines et des noix ?
Oui. La HAS recommande de ne pas interdire les fruits à coque, le blé, le maïs ou le pop-corn, et le Manuel MSD indique qu’ils ne causent pas la diverticulite.
Une récidive impose-t-elle une opération ?
Pas automatiquement. Selon la HAS, la chirurgie préventive n’est pas recommandée si la personne n’a plus de symptômes, n’est pas immunodéprimée et si les poussées ne gênent pas sa qualité de vie. La décision est individuelle.
Sources
- Haute Autorité de santé (HAS) · Prise en charge médicale et chirurgicale de la diverticulite colique, validée le 22/11/2017
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Diverticulite, juil. 2024
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
