Aller au contenu

Digestion MediBilbao Salud

Fissure anale : symptômes, causes et soins

Une brûlure vive à chaque passage aux toilettes, un peu de sang rouge sur le papier, l’appréhension d’aller à la selle : la fissure anale est fréquente, bénigne, mais très douloureuse. Dans la majorité des cas, elle guérit avec des mesures simples centrées sur le transit. Ce guide s’appuie sur les trois pages du dossier « Fissure anale » d’ameli.fr (Assurance Maladie, janvier 2026).

Thème
Nutrition
Mis à jour
Temps de lecture
7 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce qu’une fissure anale ?

Selon ameli.fr, c’est une plaie de l’anus en forme de raquette, due à une petite déchirure de la peau, qui mesure 1 à 2 cm et se situe le plus souvent sur la face arrière. Récente, elle est superficielle et rosée ; chronique, elle se creuse, avec un fond blanchâtre et parfois un repli de peau appelé marisque.

C’est une affection bénigne : elle n’est pas cancéreuse et ne le devient pas. Elle touche surtout le jeune adulte, survient chez 15 % des femmes venant d’accoucher et constitue la deuxième affection de l’anus après les hémorroïdes.

Symptômes

  • Douleur en brûlure au passage des selles, qui peut disparaître quelques minutes puis revenir et durer plusieurs heures ; parfois simple gêne avec démangeaisons, parfois sensation de déchirure qui fait redouter les toilettes.
  • Saignements de faible abondance : sang rouge dans les selles ou traces sur le papier.
  • Constipation : la douleur entraîne une contraction réflexe du sphincter qui freine l’évacuation. Elle est à la fois cause et conséquence de la fissure.

La douleur peut s’aggraver en position assise prolongée. Toute douleur ou tout saignement de l’anus n’est pas une fissure : seul l’examen médical permet de le dire.

Causes

Ameli.fr décrit une combinaison de facteurs :

  • un traumatisme de l’anus : selles dures et volumineuses en cas de constipation, plus rarement une selle liquide brutale (gastro-entérite), un accouchement, une sexualité anale ;
  • certaines infections sexuellement transmissibles ou une maladie inflammatoire de l’intestin ;
  • une moins bonne irrigation sanguine de l’arrière de l’anus, où siègent 90 % des fissures ;
  • une contraction trop forte et permanente du sphincter, qui diminue encore l’apport de sang.

Fissure ou hémorroïdes

Les deux peuvent donner douleur et saignements. Selon ameli.fr, les hémorroïdes sont moins douloureuses, saignent plus abondamment et font apparaître une petite boule à l’anus, correspondant au gonflement d’une veine.

La fissure est surtout très douloureuse à la défécation, avec peu de sang. Les deux peuvent coexister : ameli.fr indique que des hémorroïdes peuvent gêner la cicatrisation d’une fissure ou favoriser sa récidive.

Diagnostic

Le médecin traitant réalise un examen de la zone anale en écartant doucement les plis pour voir la plaie, et un toucher rectal seulement si la zone n’est pas trop douloureuse, pour rechercher un abcès (ameli.fr). L’examen se fait avec votre accord et en respectant la douleur.

Il écarte d’autres lésions : ulcérations de la maladie de Crohn, infections sexuellement transmissibles, psoriasis, eczéma. Une photo ou un autoexamen ne permettent pas de poser le diagnostic.

Soins locaux et traitements médicaux

  • Selles molles : en plus d’une alimentation riche en fibres, un laxatif est souvent nécessaire, pris chaque jour pendant un à deux mois ; il en existe plusieurs familles (osmotiques, de lest, lubrifiants…) avec des contre-indications, d’où l’avis du médecin ou du pharmacien.
  • Douleur : antalgiques par voie orale, crèmes ou suppositoires anesthésiants, cicatrisants ou anti-inflammatoires, en respectant la notice.
  • Bains de siège chauds avant les soins locaux pour détendre le sphincter ; toilette douce au savon neutre, séchage en tamponnant.
  • Fissure chronique : une pommade qui relâche le sphincter peut être prescrite ; ses maux de tête fréquents conduisent une fois sur cinq à l’arrêt (ameli.fr).

Ameli.fr indique qu’en levant la contracture, le traitement favorise la cicatrisation, mais le traitement dure parfois un mois ou davantage.

Alimentation, fibres et hydratation

L’objectif est d’obtenir des selles molles, faciles à évacuer. Ameli.fr conseille :

  • des légumes verts et des fruits frais ;
  • progressivement, du pain ou des biscuits complets, au son, et des légumineuses ;
  • une augmentation des fibres sur deux semaines, jusqu’à 15 à 40 g par jour (25 g suffisent en général), pour éviter douleurs et ballonnements ;
  • de boire au moins 1,5 litre par jour (eau, soupes, jus sans sucres ajoutés), les eaux riches en magnésium ayant un effet laxatif ;
  • d’éviter les aliments trop gras et trop sucrés.

Pour les adultes, l’équipe de nutrition de notre centre de Bilbao peut aider à ajuster les fibres et le transit, en complément du traitement médical (les consultations se déroulent en espagnol).

Habitudes aux toilettes

  • aller aux toilettes à heure fixe, une demi-heure à une heure après un repas, quand le côlon se contracte (réflexe gastro-intestinal) ;
  • y aller dès que l’envie se présente, sans la retenir ;
  • prendre son temps sans forcer pour pousser ;
  • surélever les pieds avec un marchepied, qui favorise la progression des selles ;
  • ne pas frotter : tamponner doucement avec un papier doux et sans parfum ;
  • bouger au moins cinq jours sur sept et réduire le temps assis.

Fissure chronique et chirurgie

  • Quand opérer : la chirurgie est envisagée en cas d’échec des autres traitements, pour une fissure très douloureuse malgré le traitement, qui ne cicatrise pas, se complique, récidive ou devient chronique ; elle n’est pas automatique.
  • Techniques : petite section latérale du sphincter (sphinctérotomie) ou retrait de la fissure (fissurectomie), le plus souvent en ambulatoire ; le chirurgien choisit avec la personne.
  • Suites : les douleurs régressent en une semaine environ après une sphinctérotomie ; la cicatrisation prend environ cinq à six semaines selon la technique.
  • Risque : une incontinence, surtout aux gaz, peut survenir ; transitoire dans la majorité des cas, elle a des solutions si elle persiste.
  • Récidive : fréquente si la constipation persiste, d’où l’intérêt de garder les bonnes habitudes après la guérison.

En résumé : un plan transit sur 4 semaines

La fissure anale est une petite plaie bénigne mais douloureuse, entretenue par la constipation et la contraction du sphincter ; elle guérit le plus souvent avec un transit régularisé et des soins locaux. Voici une façon d’organiser les conseils d’ameli.fr, à adapter avec votre médecin :

SemaineObjectifÀ surveiller
1Eau régulière, heure fixe aux toilettes, marchepied, bains de siègeDouleur, saignement
2Augmenter peu à peu fruits, légumes, céréales complètesBallonnements, gaz
3Atteindre environ 25 g de fibres par jour, bouger chaque jourConsistance des selles
4Garder ces habitudes et faire le pointPlaie non cicatrisée : consulter

Consultez sans attendre la fin du plan si la douleur reste forte, si les saignements sont importants ou répétés, en cas de suintement, de fièvre, de récidive ou de maladie chronique (diabète, VIH, déficit immunitaire, maladie de Crohn). Ameli.fr conseille de consulter si la plaie n’est pas cicatrisée au bout d’un mois.

Questions fréquentes sur la fissure anale

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Comment reconnaître une fissure anale ?

Par une douleur en brûlure au passage des selles, qui peut durer plusieurs heures, et un peu de sang rouge sur le papier. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic par l’examen.

Quelle est la cause d’une fissure anale ?

Le plus souvent des selles dures liées à la constipation, plus rarement une diarrhée brutale ou un accouchement, associées à une contraction excessive du sphincter et à une moins bonne irrigation.

Combien de temps met une fissure anale à guérir ?

Le traitement dure parfois un mois ou plus. Ameli.fr conseille de consulter si la plaie n’a pas cicatrisé au bout d’un mois.

Que manger avec une fissure anale ?

Des aliments riches en fibres introduits progressivement (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses), au moins 1,5 litre de boisson par jour, et moins d’aliments gras et sucrés.

Fissure anale ou hémorroïdes ?

La fissure est plus douloureuse et saigne peu. Les hémorroïdes saignent davantage, font moins mal et forment une petite boule à l’anus. Les deux peuvent coexister.

Quand faut-il opérer ?

Quand la fissure reste très douloureuse malgré le traitement, ne cicatrise pas, se complique, récidive ou devient chronique. La décision se prend avec le chirurgien.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Fissure anale : définition, causes, symptômes et évolution, 23/01/2026
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Fissure anale : consultation et traitement, 23/01/2026
  3. ameli.fr (Assurance Maladie) · Fissure anale : que faire pour être soulagé(e) et quand consulter ?, 23/01/2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.