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EMG : à quoi sert cet examen des nerfs et des muscles

L’EMG, ou électromyographie, est un examen qui étudie le fonctionnement des nerfs et des muscles. Il est souvent associé à une étude de la conduction nerveuse. Les médecins le demandent pour comprendre l’origine de fourmillements, d’une faiblesse ou d’une perte de sensibilité. Ce guide s’appuie sur deux pages du Manuel MSD (version pour le grand public, 2025 et mai 2026) pour expliquer ce que l’examen mesure, dans quels cas il est utile, ce qu’il ne montre pas et quelles questions préparer.

Thème
Neurophysiologie
Mis à jour
Temps de lecture
6 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

EMG, ENMG, conduction nerveuse : les termes

  • EMG (électromyographie) : enregistrement de l’activité électrique d’un muscle à l’aide d’une petite aiguille, au repos et pendant la contraction. Le tracé obtenu s’appelle électromyogramme.
  • Étude de la conduction nerveuse : mesure de la vitesse à laquelle les influx circulent dans les nerfs, après de petites stimulations électriques.
  • ENMG (électroneuromyogramme) : terme souvent utilisé pour l’ensemble, conduction nerveuse et EMG.

Le Manuel MSD présente l’EMG et les études de la conduction nerveuse ensemble, car elles se complètent. Le médecin choisit lesquelles réaliser selon la question posée.

Ce que l’examen mesure

Le cerveau commande les muscles par des signaux électriques qui descendent la moelle épinière puis les nerfs, rappelle le Manuel MSD. La gaine de myéline qui entoure de nombreux nerfs, comme l’isolant d’un fil électrique, permet aux influx de circuler beaucoup plus vite.

L’étude de la conduction mesure le temps mis par l’influx pour parcourir le nerf jusqu’au muscle. L’EMG, lui, observe le muscle : au repos, un muscle normal n’a pas d’activité électrique ; à la contraction, l’activité apparaît et augmente avec l’effort. Chaque type d’atteinte (racine, nerf, jonction, muscle) donne un profil d’anomalies différent.

Indications fréquentes

Selon le Manuel MSD, les médecins peuvent demander un EMG, une étude de la conduction nerveuse ou les deux en cas de fourmillements ou de faiblesse musculaire, pour savoir si ces symptômes viennent d’un problème de muscle ou de nerf. Exemples cités : la dystrophie musculaire, le syndrome du canal carpien et la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

L’examen aide aussi à localiser la lésion : racine nerveuse, nerf périphérique, jonction nerf-muscle ou muscle. Ce n’est pas un examen de routine pour toute douleur : il répond à une question posée par le médecin à partir de vos symptômes et de l’examen clinique.

Canal carpien et nerfs comprimés

Dans le syndrome du canal carpien, un nerf est comprimé au poignet. Le Manuel MSD indique qu’une conduction nerveuse ralentie peut traduire ce type d’atteinte d’un seul nerf.

D’autres nerfs peuvent être comprimés ailleurs, comme le nerf ulnaire au coude (voir notre guide sur le nerf ulnaire). L’examen aide à confirmer l’atteinte, à la situer et à apprécier son importance, en complément de l’examen clinique.

Sciatique et névralgie cervico-brachiale

Une racine nerveuse peut être irritée par une hernie discale au niveau du cou ou du bas du dos, comme dans la sciatique. Le Manuel MSD cite cette situation parmi celles que l’EMG aide à explorer.

Attention : l’EMG ne voit pas la hernie. Il montre si la racine fonctionne mal et quels muscles en dépendent. Le Manuel MSD précise que la vitesse de conduction peut rester normale quand le trouble touche seulement les racines : c’est surtout l’aiguille de l’EMG qui renseigne alors. L’image du disque relève de l’IRM ou du scanner.

Polyneuropathies et maladies neuromusculaires

  • Polyneuropathies : quand de nombreux nerfs sont touchés, comme lorsque le diabète atteint les nerfs en commençant par les pieds, la conduction peut être ralentie, selon le Manuel MSD.
  • Jonction nerf-muscle : si la réponse du muscle faiblit après des stimulations répétées, un problème de jonction comme la myasthénie peut être en cause.
  • Maladies du muscle : l’EMG aide à reconnaître une atteinte du muscle lui-même, comme une inflammation des muscles ou une dystrophie musculaire.

Le résultat oriente le diagnostic ; il ne le pose pas seul. Le médecin le relie aux symptômes, à l’examen et, si besoin, à d’autres analyses.

Ce que l’EMG ne montre pas

  • Les petites fibres : le Manuel MSD explique que l’examen détecte souvent mal les lésions des nerfs qui transmettent la douleur ou régulent les fonctions automatiques ; une biopsie de peau peut être proposée.
  • Le cerveau et la moelle : la conduction est normale si le trouble ne touche que le cerveau ou la moelle épinière.
  • Les images : l’EMG étudie le fonctionnement, pas la forme : il ne montre ni disque, ni tumeur, ni os.

Un EMG normal ne veut donc pas toujours dire qu’il n’y a aucun problème. Il répond à la question précise posée par le prescripteur.

Comment se passe l’examen

Selon le Manuel MSD, pour la conduction nerveuse, le médecin place un capteur adhésif sur la peau au-dessus du nerf et stimule le nerf plus loin par un petit choc électrique. Pour l’EMG, il place une fine aiguille dans le muscle, reliée à une machine qui enregistre son activité au repos et à l’effort.

Les aiguilles et les chocs peuvent être inconfortables ou douloureux, et de petits bleus peuvent apparaître ensuite. Le Manuel MSD indique que l’EMG demande l’expertise d’un médecin spécialiste, qui choisit les nerfs et les muscles à tester et interprète les résultats. Si votre médecin vous a prescrit l’examen, notre service de neurophysiologie à Bilbao réalise les EMG et les études de la conduction nerveuse.

Symptômes qui n’attendent pas un rendez-vous

Un EMG est un examen programmé, souvent avec un délai. Les sources consultées ne détaillent pas les signes d’urgence. Une faiblesse qui apparaît brutalement ou s’aggrave vite, une perte de contrôle des urines ou des selles, une difficulté à respirer ou à avaler, ou un malaise ne doivent pas attendre l’examen : appelez le 15 ou le 112.

De même, une douleur ou des fourmillements qui changent rapidement justifient de recontacter votre médecin plutôt que d’attendre la date prévue.

En résumé : questions à préparer pour le prescripteur

L’EMG et l’étude de la conduction nerveuse mesurent le fonctionnement des nerfs et des muscles. Ils aident à localiser l’origine de fourmillements, d’une faiblesse ou d’une perte de sensibilité : racine, nerf, jonction ou muscle. Ils ne montrent pas les images et peuvent être normaux dans certaines atteintes.

Avant l’examen, demandez à votre médecin : quelle question l’EMG doit-il éclairer ? Quels membres seront étudiés ? Comment le résultat changera-t-il la prise en charge ? Que faire si l’examen est normal et que les symptômes persistent ? Notez aussi vos symptômes (zone, ancienneté, évolution) et vos traitements pour les transmettre le jour de l’examen.

Questions fréquentes sur l’EMG

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Qu’est-ce qu’un EMG ?

Un examen qui enregistre l’activité électrique des muscles grâce à une petite aiguille, souvent associé à une étude de la conduction nerveuse, qui mesure la vitesse des influx dans les nerfs.

Dans quels cas prescrit-on un EMG ?

En cas de fourmillements, de faiblesse ou de perte de sensibilité, pour savoir si la cause est un nerf, une racine, la jonction nerf-muscle ou le muscle, selon le Manuel MSD.

Quelle différence entre EMG et ENMG ?

L’EMG désigne l’enregistrement du muscle à l’aiguille ; l’ENMG désigne souvent l’ensemble, conduction nerveuse et EMG. Le médecin réalise les parties utiles à la question posée.

Un EMG peut-il voir une hernie discale ?

Non. Il ne montre pas le disque, mais peut indiquer si une racine nerveuse fonctionne mal. L’image de la hernie relève de l’IRM ou du scanner.

L’EMG détecte-t-il un canal carpien ?

Oui, il fait partie des indications citées par le Manuel MSD : une conduction ralentie au poignet peut traduire la compression du nerf. Le résultat s’interprète avec les symptômes.

Quand faut-il consulter sans attendre l’examen ?

En cas de faiblesse brutale ou qui s’aggrave vite, de perte de contrôle des urines ou des selles, de difficulté à respirer ou à avaler, ou de malaise : appelez le 15 ou le 112.

Sources

  1. Manuel MSD (version pour le grand public) · Tests à la recherche de troubles du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux, juin 2025, mise à jour août 2025
  2. Manuel MSD (version pour le grand public) · Les faits en bref : électromyographie (EMG) et études de la conduction nerveuse, mai 2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.