Le trajet du nerf ulnaire
Le nerf ulnaire naît au niveau du cou, descend à l’intérieur du bras, passe dans une gouttière osseuse derrière le coude (le tunnel cubital), longe l’avant-bras puis entre dans la main par le canal de Guyon, au niveau du poignet. Il peut être comprimé à plusieurs endroits, mais le coude est de loin le plus fréquent, car le nerf y est superficiel et s’étire à chaque flexion.
Les symptômes
- Fourmillements et engourdissement de l’auriculaire et de la moitié de l’annulaire.
- Symptômes qui apparaissent coude plié : téléphone, conduite, sommeil.
- Douleur ou sensibilité à l’intérieur du coude.
- Maladresse : difficulté à boutonner, écrire, jouer d’un instrument.
- Faiblesse de la pince et de l’écartement des doigts.
- Dans les formes avancées, fonte des muscles de la main et doigts en griffe.
Les causes et facteurs favorisants
- Garder longtemps le coude plié, notamment la nuit.
- S’appuyer sur le coude (bureau, accoudoir de voiture).
- Gestes répétés de flexion du coude.
- Nerf qui se luxe hors de sa gouttière lors des mouvements.
- Arthrose du coude, kyste ou séquelles de fracture.
- Diabète, qui rend les nerfs plus sensibles à la compression.
Canal carpien ou nerf ulnaire ?
Le syndrome du canal carpien touche le nerf médian au poignet et endort le pouce, l’index et le majeur. La compression du nerf ulnaire endort l’auriculaire et l’annulaire. Les deux peuvent coexister. Une compression au niveau du cou (névralgie cervicobrachiale) peut aussi donner des symptômes dans les derniers doigts, avec en général une douleur du cou et du bras.
Le diagnostic et l’électromyogramme
L’examen recherche une diminution de la sensibilité, une faiblesse des muscles de la main et des signes provoqués en tapotant le nerf au coude ou en gardant le coude plié. L’électroneuromyogramme (ENMG) mesure la vitesse de conduction du nerf, localise la compression et évalue sa sévérité ; il est essentiel avant toute chirurgie. Voir notre page sur la neurophysiologie. Une échographie du nerf peut compléter le bilan.
Adapter ses positions
- Éviter de s’appuyer sur le coude ; utiliser un coussin ou une protection.
- Utiliser des écouteurs plutôt que tenir le téléphone contre l’oreille.
- Garder le coude plutôt tendu pendant le travail sur ordinateur, clavier proche.
- La nuit, éviter de dormir bras plié sous l’oreiller.
- Faire des pauses lors des activités qui demandent de garder le coude plié.
L’attelle de nuit
Une attelle ou une serviette enroulée autour du coude la nuit empêche de plier complètement le bras pendant le sommeil. Portée pendant quelques semaines, elle soulage souvent les fourmillements nocturnes et matinaux dans les formes légères à modérées.
Kinésithérapie et glissements nerveux
Le kinésithérapeute peut proposer des exercices doux de glissement du nerf, qui l’aident à coulisser dans ses gaines, ainsi que le renforcement des muscles de la main et un travail sur la posture des épaules et du cou. Ces exercices ne doivent pas déclencher de fourmillements durables.
Quand opérer ?
La chirurgie est proposée lorsque les symptômes persistent malgré quelques mois de traitement, ou d’emblée en cas de faiblesse ou de fonte musculaire. Elle consiste à libérer le nerf dans le tunnel cubital (décompression simple) ou à le déplacer vers l’avant du coude (transposition). La récupération de la sensibilité peut prendre plusieurs mois, et celle de la force est moins complète quand les muscles étaient déjà atrophiés, d’où l’intérêt de ne pas attendre trop longtemps.
Le « petit juif » : un choc sur le nerf
La décharge électrique ressentie quand on se cogne l’intérieur du coude est due au choc direct sur le nerf ulnaire, très superficiel à cet endroit. Ce choc est bénin et la sensation disparaît en quelques secondes ou minutes. Des engourdissements qui persistent ou reviennent sans choc sont, eux, à faire examiner.
Compression au poignet : le canal de Guyon
Plus rarement, le nerf ulnaire est comprimé au poignet, dans le canal de Guyon. Cette compression touche surtout les cyclistes, qui appuient longtemps la paume sur le guidon, et les personnes qui utilisent des outils appuyés sur la main. Les fourmillements touchent alors l’auriculaire et l’annulaire, mais pas le dos de la main. Des gants rembourrés, la variation des positions sur le guidon et un réglage du vélo suffisent souvent.
À retenir
- Le nerf ulnaire donne la sensibilité de l’auriculaire et de l’annulaire.
- Sa compression au coude est favorisée par le coude plié et l’appui.
- L’électromyogramme confirme et évalue la compression.
- Adapter ses positions et l’attelle de nuit suffisent souvent ; la chirurgie est indiquée en cas de faiblesse ou d’échec.
Questions fréquentes sur le nerf ulnaire
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Nerf ulnaire et nerf cubital, est-ce la même chose ?
Oui, ce sont deux noms du même nerf.
Pourquoi mon petit doigt s’engourdit-il la nuit ?
Souvent parce que le coude reste plié pendant le sommeil et comprime le nerf.
L’électromyogramme est-il douloureux ?
Il est un peu désagréable, mais généralement bien toléré.
La compression du nerf ulnaire guérit-elle seule ?
Les formes légères s’améliorent souvent en adaptant les positions.
Combien de temps après l’opération récupère-t-on ?
Plusieurs semaines à plusieurs mois selon la sévérité initiale.
Quel professionnel consulter ?
Le médecin traitant, qui oriente vers un électromyogramme et, si besoin, un chirurgien de la main.
Le vélo peut-il comprimer le nerf ulnaire ?
Oui, au poignet, par appui prolongé sur le guidon ; des gants rembourrés et des changements de prise aident.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Syndrome du tunnel cubital
- Caliandro P, et al. Treatment for ulnar neuropathy at the elbow. Cochrane Database Syst Rev. 2016
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
