Aller au contenu

Genou MediBilbao Salud

Rupture du ligament croisé : reconnaître l’entorse grave du genou et la soigner

La rupture d’un ligament croisé du genou est une entorse grave. Elle survient souvent lors d’un accident ou d’un mouvement sportif et se manifeste par un craquement, une douleur, un gonflement ou une impression que le genou se dérobe. Ce guide s’appuie sur les pages de l’Assurance Maladie (ameli.fr) consacrées à l’entorse du genou : symptômes, gestes immédiats, examen, choix entre traitement médical et chirurgie (ligamentoplastie), rééducation et reprise des activités.

Thème
Kinésithérapie
Mis à jour
Temps de lecture
8 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Ligament croisé antérieur et postérieur : de quoi parle-t-on ?

Le genou est maintenu par plusieurs ligaments : les ligaments latéraux (dont le ligament médial, aussi appelé ligament latéral interne) et les deux ligaments croisés : le ligament croisé antérieur (LCA) et le ligament croisé postérieur (LCP).

Une entorse correspond à une lésion d’un ou plusieurs de ces ligaments. Ameli.fr distingue les entorses bénignes, de gravité moyenne et graves ; la rupture d’un ligament croisé fait partie des entorses graves. Le LCA est celui qui fait l’objet de la plupart des informations d’ameli.fr sur la chirurgie (ligamentoplastie du croisé antérieur) ; le LCP a des consignes propres, notamment pour l’appui après une opération.

Après une entorse mal guérie, une instabilité peut persister et favoriser à long terme l’usure du genou, c’est-à-dire une arthrose. D’où l’intérêt d’un bilan et d’un traitement adaptés.

Rupture isolée ou avec d’autres lésions

Un ligament peut être fissuré ou rompu, et la rupture peut être isolée ou associée à d’autres lésions : ménisques, cartilages, fractures ou arrachements osseux à l’extrémité d’un ligament. Ce bilan des lésions associées pèse lourd dans la décision de traitement.

C’est l’IRM qui permet d’analyser l’état des ligaments (fissurés ou rompus), des cartilages et des ménisques. Les radiographies servent surtout à vérifier qu’il n’y a pas de fracture associée. Le diagnostic précis du type de lésion relève donc du médecin.

Dans quelles circonstances le ligament se rompt-il ?

L’entorse du genou survient lors d’un accident, par exemple pendant une activité physique ou sportive, ou lors d’un traumatisme comme un accident de la voie publique. Ameli.fr rappelle que, au moment de l’accident, il faut arrêter immédiatement l’activité ou le sport en cours, sinon la lésion ligamentaire peut s’aggraver.

Les sauts et les mouvements de torsion reviennent souvent dans les conseils d’ameli.fr : il faut les éviter pendant le traitement d’une entorse, et les sports dits « pivots » qui en comportent (tennis, basket, football, rugby) sont ceux dont la reprise est la plus tardive après une ligamentoplastie.

Comment savoir si le ligament croisé est rompu ?

Selon ameli.fr, les symptômes d’une entorse du genou sont généralement :

  • un craquement du genou au moment de l’accident ;
  • une douleur violente, ressentie comme une déchirure ;
  • une sensation de déboîtement : le genou semble partir sur le côté puis revenir en place ;
  • une sensation d’instabilité ;
  • un gonflement du genou, parfois avec une boiterie ou une impossibilité de s’appuyer sur la jambe et de marcher.

Ces signes ne permettent pas de faire le diagnostic seul. Ils ne sont pas toujours présents (le genou peut ne pas gonfler) et ils ne sont pas proportionnels à la gravité : la douleur peut être modérée lors d’une entorse grave et intense lors d’une entorse bénigne. Pouvoir marcher ou avoir peu mal n’exclut donc pas une rupture.

Que faire juste après le traumatisme ?

Les gestes immédiats conseillés par ameli.fr reprennent le protocole GREC :

  • Glace : refroidir le genou avec de l’eau fraîche ou de la glace enveloppée dans un linge propre, jamais directement sur la peau ; à renouveler toutes les quatre heures pendant un à deux jours.
  • Repos : arrêter l’activité et éviter l’appui sur la jambe blessée.
  • Élévation : surélever la jambe si le genou gonfle.
  • Compression : poser un bandage sans trop serrer.

Consultez un médecin le jour même si les symptômes sont inquiétants. Si la gêne est très modérée, sans sensation d’instabilité ni de déboîtement, vous pouvez patienter un à deux jours en appliquant ces conseils ; si les symptômes persistent, consultez votre médecin traitant.

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Le diagnostic est essentiellement clinique. La personne explique les circonstances de l’accident et ce qu’elle ressent. Le médecin analyse la marche, puis la mobilité du genou et recherche une mobilité anormale (laxité), un épanchement dans l’articulation et un hématome sur le trajet des ligaments latéraux. Cet examen permet en général un diagnostic précis des lésions ligamentaires. Ces manœuvres font partie de l’examen médical.

Les examens complémentaires servent surtout à éliminer une fracture ou à décider de l’utilité d’une chirurgie. Des radiographies sont nécessaires en cas de traumatisme important pour vérifier l’absence de fracture ou d’arrachement osseux. Une IRM peut être prescrite pour analyser les ligaments, les cartilages et les ménisques.

Est-il obligatoire de se faire opérer des ligaments croisés ?

Non, pas systématiquement. Ameli.fr indique que le choix entre traitement médical et chirurgical dépend de plusieurs critères : l’âge, les activités sportives, l’existence ou non d’une instabilité du genou, le type de lésion ligamentaire et les lésions associées. Le traitement médical peut suffire à prendre en charge une entorse grave ou être une première étape avant une chirurgie.

Traitement médical : il associe antalgiques ou anti-inflammatoires si besoin, glace et rééducation. Dans une entorse grave, une attelle peut être nécessaire, mais pour une courte durée afin d’éviter la raideur et la fonte musculaire ; le plâtre est généralement inutile.

Ligamentoplastie : cette réparation chirurgicale peut être nécessaire en cas de rupture d’un ligament croisé. La décision tient compte de la gravité des lésions à l’IRM, de la profession et des loisirs. L’intervention se fait le plus souvent sous arthroscopie, en ambulatoire, et en général à distance de l’accident : opérer en urgence un genou douloureux et inflammatoire expose à des complications (raideur, algodystrophie). Après l’opération, l’appui est en général repris immédiatement, sauf en cas de rupture du LCP.

Rééducation et reprise du travail et du sport

La rééducation vise à retrouver une mobilité normale, la force musculaire et le fonctionnement global du genou, debout, lors des sauts et à la course. Pour une entorse grave, elle peut durer jusqu’à quatre mois. Sans opération, elle se fait le plus souvent au cabinet du kinésithérapeute ; après une opération, elle commence dans le service de chirurgie puis se poursuit au cabinet ou en centre de rééducation.

Après une ligamentoplastie du LCA, ameli.fr donne des repères indicatifs : marche sans béquille vers 15 jours, activités quotidiennes et conduite vers 45 jours, vélo d’appartement et natation vers la 8e semaine, course à pied à partir du 5e mois, sports pivots après le 7e mois et ski à éviter pendant un an. La reprise sportive suppose un genou sans épanchement, stable et non douloureux, une bonne mobilité et une force récupérée, selon les consignes du chirurgien. Ces délais varient d’une personne à l’autre.

Dans notre centre de Bilbao, l’équipe de kinésithérapie peut accompagner la rééducation après l’avis du médecin, en suivant les consignes du chirurgien si vous avez été opéré ; nous ne réalisons pas de chirurgie et ne garantissons pas de délai de reprise (les consultations se déroulent en espagnol).

Ce que les sources nuancent

Les trois pages utilisées proviennent du même dossier d’ameli.fr ; elles ne se contredisent pas, mais elles appellent quelques précisions :

  • Délais : les repères de reprise concernent la ligamentoplastie du LCA. Ils ne s’appliquent pas tels quels au LCP, à un genou non opéré ni à une lésion méniscale associée.
  • Opération ou non : ameli.fr ne présente la chirurgie ni comme obligatoire ni comme inutile ; tout dépend de l’instabilité, des lésions et des activités de chacun.
  • Arrêt de travail : les durées citées (de 5 semaines à six mois après une ligamentoplastie du LCA selon le poste) et les démarches décrites relèvent du système français.
  • Dates : la page sur le traitement date de 2024, les pages sur les symptômes et la reprise de 2026.

En résumé

Une rupture du ligament croisé est une entorse grave du genou. Craquement, douleur, gonflement et sensation de déboîtement sont fréquents, mais leur intensité ne reflète pas la gravité. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, complété au besoin par radiographies et IRM.

Le traitement est soit médical avec rééducation, soit chirurgical (ligamentoplastie), selon l’instabilité, les lésions associées, l’âge et les activités. Avant la consultation, notez les circonstances de l’accident, les épisodes de dérobement, votre métier et les sports que vous souhaitez reprendre, et préparez vos questions sur les avantages et les contraintes de chaque option : la décision se prend avec le médecin.

Questions fréquentes sur la rupture du ligament croisé

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Comment se soigne une rupture des ligaments croisés ?

Par un traitement médical (antalgiques si besoin, glace, immobilisation courte éventuelle et rééducation) ou par une ligamentoplastie. Le choix dépend de l’âge, des activités, de l’instabilité du genou et des lésions associées.

Peut-on marcher avec un ligament croisé rompu ?

Certaines personnes marchent, d’autres boitent ou ne peuvent pas poser le pied. Selon ameli.fr, les symptômes ne sont pas proportionnels à la gravité : pouvoir marcher n’exclut pas une rupture. Il faut faire examiner le genou.

L’opération est-elle obligatoire ?

Non. Le traitement médical peut suffire, même pour une entorse grave, ou précéder une chirurgie. La ligamentoplastie se discute selon la gravité des lésions à l’IRM, la profession et les loisirs.

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Par l’examen clinique du médecin, qui recherche une laxité, un épanchement et un hématome. Des radiographies éliminent une fracture et une IRM précise l’état des ligaments, des ménisques et des cartilages.

Quelle différence entre LCA et LCP ?

Ce sont les deux ligaments croisés du genou, l’antérieur et le postérieur. Ameli.fr décrit surtout la chirurgie du LCA ; après une opération du LCP, la reprise de l’appui n’est pas immédiate.

Quand peut-on reprendre le sport ?

Après une ligamentoplastie du LCA, ameli.fr donne des repères : vélo et natation vers la 8e semaine, course vers le 5e mois, sports pivots après le 7e mois, ski après un an. Il faut surtout un genou stable, mobile, non douloureux et une force récupérée, selon l’avis du chirurgien.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Symptômes et bilan d’une entorse du genou, 07/07/2026
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de l’entorse du genou, 07/07/2024
  3. ameli.fr (Assurance Maladie) · Entorse du genou : reprendre ses activités, 07/07/2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.