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Paralysie faciale : causes, signes d’alerte et récupération

Un côté du visage qui tombe, une bouche qui dévie, un œil qui ne se ferme plus : la paralysie faciale impressionne et doit toujours faire penser d’abord à un accident vasculaire cérébral. Le plus souvent, il s’agit pourtant d’une paralysie faciale périphérique sans cause retrouvée, dite paralysie de Bell, qui régresse en général. Ce guide s’appuie sur la page d’ameli.fr (Assurance Maladie, octobre 2026) sur la définition et les causes de la paralysie faciale périphérique et sur la page du Manuel MSD pour le grand public consacrée à la paralysie de Bell (août 2025).

Thème
Neurophysiologie
Mis à jour
Temps de lecture
8 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Le nerf facial et ses fonctions

Le nerf facial est la 7e paire de nerfs crâniens. Ameli.fr explique qu’il part du bas et de l’arrière du cerveau, traverse l’os situé derrière l’oreille (le rocher) et se ramifie dans le visage. Il existe un nerf pour chaque moitié du visage, d’où des troubles d’un seul côté, séparés selon un axe vertical. Il a plusieurs fonctions :

  • commander les muscles du visage et un petit muscle de l’oreille moyenne ;
  • assurer la sensibilité d’une partie de l’oreille ;
  • transmettre le goût d’une grande partie de la langue ;
  • déclencher la sécrétion des larmes, du mucus nasal et de la salive.

Les symptômes varient selon l’endroit où le nerf est atteint sur son trajet.

Paralysie faciale centrale ou périphérique

On parle de paralysie faciale périphérique quand le nerf est atteint sur son trajet en dehors du cerveau : c’est la forme la plus fréquente, selon ameli.fr.

Plus rarement, le nerf est atteint à son origine, dans le cerveau, par exemple lors d’un AVC : c’est une paralysie faciale centrale. Le haut du visage, et notamment le front, est alors souvent épargné, et d’autres troubles neurologiques sont presque toujours associés, comme une paralysie d’un bras ou d’une moitié du corps.

Cette distinction est faite par le médecin lors de l’examen. Elle n’est pas un test à faire soi-même : certaines atteintes dans le cerveau peuvent ressembler à une forme périphérique.

Urgence : écarter un AVC

Le Manuel MSD rappelle que la paralysie du nerf facial doit être différenciée d’un AVC. Un AVC provoque en général une faiblesse de la moitié inférieure d’un côté du visage et souvent une faiblesse d’un bras ou d’une jambe.

Devant toute faiblesse soudaine du visage, appelez le 15 ou le 112 sans attendre de voir si elle s’aggrave, surtout en cas de faiblesse d’un membre, de trouble de la parole ou de la vue. Seule une évaluation médicale permet d’écarter un AVC. Un rendez-vous ordinaire ne remplace pas cette évaluation urgente.

Paralysie de Bell (a frigore)

La paralysie faciale périphérique la plus fréquente est la paralysie idiopathique, dite a frigore ou paralysie de Bell. Ameli.fr indique qu’elle représente 60 à 75 % des paralysies faciales périphériques, touche autant les hommes que les femmes, avec deux pics de fréquence (10–29 ans et après 70 ans). Elle s’installe brutalement, sans cause évidente, et régresse le plus souvent, parfois avec des séquelles.

Le Manuel MSD précise que, dans certains cas, une infection virale (virus de l’herpès des boutons de fièvre, zona, autres virus) ou un trouble immunitaire fait gonfler le nerf, qui se retrouve comprimé dans les étroits passages du crâne ; la moitié des cas restent sans cause identifiée. Le terme a frigore ne prouve pas que le froid soit en cause.

Une douleur derrière l’oreille peut être le premier signe. La faiblesse s’installe en quelques heures et atteint son maximum en 48 à 72 heures. Il devient difficile de plisser le front, de fermer l’œil, de sourire ; le goût peut être altéré à l’avant de la langue et les sons paraître trop forts (hyperacousie).

Autres causes : infection, traumatisme, tumeur

Ameli.fr décrit des paralysies faciales périphériques avec une cause identifiée :

  • traumatisme : fracture du rocher, plaie de la région de la glande parotide, séquelle de chirurgie de l’oreille ou de la parotide ;
  • infection : zona de l’oreille, herpès, oreillons, VIH ; maladie de Lyme après une morsure de tique ; otite moyenne aiguë ou chronique, mastoïdite ;
  • tumeur bénigne ou cancéreuse du rocher, du nerf ou de la parotide ;
  • maladie associée : diabète avec atteinte des nerfs, sclérose en plaques, syndrome de Guillain-Barré, sarcoïdose ;
  • complication d’une injection de toxine botulique ou d’une chirurgie esthétique.

Le Manuel MSD note que la maladie de Lyme, contrairement à la paralysie de Bell, peut toucher les deux côtés du visage. La paralysie de Bell n’est donc pas synonyme de toute paralysie faciale.

Diagnostic et examens

Selon le Manuel MSD, la paralysie du nerf facial se diagnostique en général à partir des symptômes et de l’examen clinique. Le médecin recherche aussi des causes moins fréquentes, comme une tumeur, un diabète ou la maladie de Lyme.

Si la cause est incertaine ou si les symptômes se sont installés progressivement, des examens peuvent être réalisés : analyses de sang (par exemple pour la maladie de Lyme), radiographies (dont une radiographie pulmonaire si une sarcoïdose est suspectée), IRM ou scanner du cerveau.

Traitement précoce

Le Manuel MSD indique qu’un corticoïde par voie orale, prescrit pour réduire le gonflement du nerf, accélère légèrement et améliore la récupération des mouvements s’il est donné dans les 3 premiers jours. C’est une raison de plus de consulter vite.

L’efficacité des antiviraux dans la paralysie de Bell n’est pas établie, selon la même source, même ceux actifs contre l’herpès et le zona. Ne prenez ni corticoïde ni antiviral de vous-même : la dose et l’indication relèvent du médecin, et une paralysie due à un zona est une autre situation.

Protéger l’œil

Quand l’œil ne se ferme plus complètement, il cligne moins et produit moins de larmes : il se dessèche, ce qui peut entraîner douleurs et lésions, en général mineures mais parfois graves sans protection, prévient le Manuel MSD.

  • des larmes artificielles ou du sérum physiologique sont appliqués fréquemment ;
  • un pansement oculaire peut être porté une partie du temps, surtout la nuit ;
  • rarement, dans les cas graves, les paupières sont temporairement cousues ensemble.

Cette protection se met en place avec le médecin dès le début ; un simple cache sur l’œil ne dispense pas du bilan. Signalez toute douleur ou rougeur de l’œil.

Récupération, séquelles et nuances

En cas de paralysie partielle, la plupart des personnes guérissent complètement en quelques mois, avec ou sans traitement, selon le Manuel MSD. Si elle est totale, l’évolution est variable : des études de conduction nerveuse et une électromyographie peuvent aider à prédire la récupération. Si votre médecin vous a prescrit l’examen, notre service de neurophysiologie à Bilbao réalise les électromyogrammes et les études de la conduction nerveuse.

  • Séquelles : certains muscles peuvent rester faibles ; en repoussant au mauvais endroit, les fibres nerveuses peuvent provoquer des mouvements involontaires ou des « larmes de crocodile » en mangeant ; des contractures sont possibles.
  • Pas de délai garanti : ameli.fr dit que la forme a frigore régresse « le plus souvent », pas toujours.
  • Proportions : ameli.fr parle de plus de deux tiers de formes sans cause ; le Manuel MSD estime que la moitié des paralysies de Bell restent sans cause, une partie étant aujourd’hui attribuée à des virus.

En résumé : repères d’évolution pour la consultation

La paralysie faciale est une perte de fonction des muscles d’une moitié du visage due à une atteinte du nerf facial. Une faiblesse soudaine impose d’abord d’écarter un AVC (15 ou 112). La paralysie de Bell est la forme la plus fréquente ; un corticoïde précoce et la protection de l’œil font partie de la prise en charge, et la plupart des formes partielles guérissent en quelques mois.

  • notez l’heure de début et l’évolution sur les premiers jours ;
  • précisez si l’œil se ferme, si le goût ou l’audition ont changé, si une douleur derrière l’oreille a précédé ;
  • signalez une morsure de tique, un zona, une otite, un choc ou une chirurgie récente ;
  • photographiez votre visage à intervalles réguliers pour suivre la récupération.

Questions fréquentes sur la paralysie faciale

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Quelles sont les causes d’une paralysie faciale ?

Le plus souvent, aucune cause n’est retrouvée (paralysie de Bell). Sinon : infection (zona, herpès, Lyme, otite), traumatisme, tumeur, diabète, sclérose en plaques ou AVC pour la forme centrale.

Comment savoir si c’est un AVC ?

Seul un médecin peut le dire. Une faiblesse soudaine du visage, surtout avec faiblesse d’un membre ou trouble de la parole, impose d’appeler le 15 ou le 112 immédiatement.

Combien de temps dure une paralysie faciale ?

Selon le Manuel MSD, la plupart des paralysies de Bell partielles guérissent complètement en quelques mois ; les formes totales évoluent de façon variable, parfois avec des séquelles.

Comment protéger l’œil ?

Par des larmes artificielles ou du sérum physiologique appliqués souvent, et parfois un pansement oculaire la nuit, selon les consignes du médecin. Signalez toute douleur ou rougeur.

La paralysie faciale se soigne-t-elle ?

Dans la paralysie de Bell, un corticoïde donné dans les trois premiers jours améliore légèrement la récupération. Les autres formes se traitent selon leur cause.

Quels examens peut-on faire ?

Le diagnostic repose surtout sur l’examen. Selon les cas : prise de sang, radiographie, IRM ou scanner ; un électromyogramme peut aider à prévoir la récupération d’une paralysie totale.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Paralysie faciale : définition et causes, 02/10/2026
  2. Manuel MSD (version pour le grand public) · Paralysie faciale de Bell, août 2025

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.