Aller au contenu

Neurologie MediBilbao Salud

Épilepsie : crises, causes, diagnostic et traitements

L’épilepsie est une maladie chronique du cerveau marquée par des crises, dues à un dérèglement soudain et passager de son activité électrique. Ces crises ne se résument pas aux convulsions : elles peuvent prendre des formes très variées. Ce guide s’appuie sur trois pages d’ameli.fr (Assurance Maladie) : définition et causes (février 2025), symptômes et diagnostic (février 2025) et traitement (novembre 2025). Il explique les différents types de crises, les gestes à faire face à une personne qui convulse, le diagnostic et les traitements, sans nommer de médicament.

Thème
Neurophysiologie
Mis à jour
Temps de lecture
8 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

Ameli.fr définit l’épilepsie comme une maladie chronique du cerveau associant :

  • la survenue de crises d’épilepsie, le symptôme le plus impressionnant ;
  • une prédisposition du cerveau à générer ces crises (anomalies électriques, lésions qui les favorisent) ;
  • des conséquences variables : troubles cognitifs, psychologiques ou sociaux.

Il existe donc de nombreuses maladies épileptiques, de gravité variable, définies selon l’âge de début, la cause, la nature et la fréquence des crises et la réponse au traitement. Une crise traduit des décharges électriques brusques et excessives dans le cortex, « véritables éclairs parcourant de nombreux neurones ». Le niveau au-delà duquel elle se déclenche, le seuil épileptogène, diffère d’une personne à l’autre et peut être maintenu élevé par un traitement adapté.

Crises focales et généralisées

Ameli.fr distingue deux grands types de crises :

  • crise focale (ou partielle) : l’activité anormale reste dans une zone du cerveau, le foyer épileptogène, et les symptômes ne concernent qu’une partie du corps. Elle est dite simple si la conscience est conservée, complexe si la conscience est altérée ou le comportement modifié (gestes automatiques comme mâchonner, se gratter, déambuler) ;
  • crise généralisée : les décharges touchent d’emblée les deux hémisphères et tout le corps.

La forme la plus typique de crise généralisée est la crise tonicoclonique, avec perte de connaissance complète : contraction de tous les muscles (1 à 2 minutes, parfois avec morsure de la langue), secousses (environ 20 secondes), puis relâchement avec respiration bruyante et parfois perte d’urines. Elle dure au total quelques minutes ; la personne reprend conscience progressivement, sans souvenir.

Pas seulement des convulsions

Selon ameli.fr, l’épilepsie « s’exprime de manière très variée ». Une crise focale peut se traduire par :

  • des secousses d’un bras ou d’une moitié du corps ;
  • des fourmillements ou sensations anormales d’une main ;
  • une déviation de la tête et des yeux, des gestes anormaux répétés ;
  • des hallucinations visuelles, auditives, gustatives ou olfactives ;
  • des troubles du langage, une impression de déjà-vu ou de déjà-vécu ;
  • des signes émotionnels (peur, rire), des douleurs, une salivation ou une accélération du cœur.

Les absences, surtout chez l’enfant, durent 10 à 20 secondes : la personne s’arrête net, le regard fixe, sans répondre, puis reprend son activité sans souvenir. Les myoclonies sont des secousses des deux côtés, en pleine conscience, chez l’adolescent, favorisées par une nuit écourtée, un réveil brusque ou une lumière forte. À l’inverse, toute convulsion n’est pas épileptique.

Causes et facteurs favorisants

Parfois aucune cause n’est trouvée : l’épilepsie est dite idiopathique, plus souvent chez l’enfant. Ameli.fr cite comme causes possibles :

  • une composante génétique, présente dans environ deux tiers des épilepsies, le plus souvent liée à plusieurs gènes ;
  • des lésions du cerveau : tumeur, AVC, malformation vasculaire, traumatisme crânien (crises précoces ou épilepsie post-traumatique tardive) ;
  • une infection du système nerveux : encéphalite, méningite ;
  • une malformation cérébrale ou une maladie générale (lupus, alcoolisme chronique, surtout au sevrage).

Une crise unique peut aussi survenir sans maladie épileptique : hypoglycémie chez une personne diabétique, manque de calcium ou de sodium, certains médicaments (neuroleptiques, antidépresseurs, régulateurs de l’humeur), cocaïne, amphétamines ou intoxication au monoxyde de carbone. Une première crise mérite une évaluation médicale, sans attendre une deuxième.

Que faire pendant une crise

Face à une personne qui convulse, ameli.fr conseille de :

  • l’allonger sur le côté en position latérale de sécurité et dégager l’espace autour d’elle ;
  • protéger sa tête avec un objet souple (coussin, vêtement plié) ;
  • desserrer ses vêtements au col et à la ceinture, retirer éventuellement ses lunettes ;
  • la laisser au même endroit, sauf danger immédiat ;
  • ne pas empêcher les mouvements ;
  • ne rien mettre dans sa bouche et ne pas lui donner à boire.

Appelez le 15 ou le 112 si la crise dure plus de cinq minutes, si elle se répète sans retour à la normale entre deux crises ou si la personne reste inconsciente plus de dix minutes. Regarder l’heure du début aide à mesurer la durée. Une vidéo de la crise peut aider le médecin, mais ne doit jamais passer avant les gestes de sécurité et l’appel des secours.

Diagnostic : EEG, IRM et leurs limites

Le diagnostic est souvent délicat et tardif, explique ameli.fr. Le médecin interroge les témoins sur les circonstances et le déroulement précis de la crise, examine la personne (traumatisme, morsure de langue, fièvre, troubles neurologiques) et écarte d’autres causes de malaise : syncope, attaque de panique, migraine, hypoglycémie. Il oriente ensuite vers un neurologue ou un neuropédiatre.

L’électroencéphalogramme (EEG) enregistre l’activité électrique du cerveau par des capteurs sur le cuir chevelu ; il aide à préciser le type d’épilepsie et la localisation d’un foyer. Un EEG de longue durée ou de sommeil avec vidéo peut être demandé. L’IRM du cerveau, ou à défaut un scanner, recherche une cause ; elle est systématique en cas d’épilepsie partielle de l’adulte. Des analyses de sang et un électrocardiogramme complètent parfois le bilan.

Mais un EEG ne suffit pas : chez certaines personnes épileptiques, il reste normal, et des anomalies peuvent venir d’autres maladies, comme un AVC. Notre centre ne réalise pas d’EEG.

Traitements antiépileptiques

Le traitement est coordonné par le médecin traitant avec un neurologue. Ses objectifs, selon ameli.fr : faire disparaître les crises ou, à défaut, réduire leur fréquence et leur intensité avec un traitement bien supporté, supprimer la cause si possible, corriger les facteurs favorisants et prendre en charge les troubles associés, comme la dépression ou les troubles des apprentissages.

Les médicaments antiépileptiques appartiennent à plusieurs familles et sont choisis selon le type d’épilepsie et le profil de la personne. Le premier est introduit à doses progressives ; tout changement doit être progressif, car la transition augmente le risque de crise. Signalez au médecin tout effet indésirable, en particulier une éruption cutanée avec fièvre, à consulter immédiatement.

Dans environ 30 % des cas, les médicaments restent inefficaces : l’épilepsie est dite pharmacorésistante. D’autres soins peuvent alors être envisagés après un bilan approfondi : chirurgie du foyer, radiochirurgie, thermocoagulation, stimulation du nerf vague ou, surtout chez certains enfants, un régime cétogène encadré médicalement.

Grossesse et contraception : en parler au médecin

Ameli.fr rappelle que les antiépileptiques présentent une toxicité pour l’enfant exposé pendant la grossesse : troubles du neurodéveloppement et malformations, avec un risque qui dépend du médicament, du nombre et de la dose. Certains comportent un risque élevé, et l’un d’eux est interdit pendant la grossesse. Certains réduisent aussi l’efficacité de la contraception hormonale.

Si vous êtes traitée et souhaitez un enfant, une consultation préconceptionnelle est indispensable : le neurologue adapte le traitement. Ameli.fr signale aussi un risque accru pour l’enfant quand le père prend un certain antiépileptique au moment de la conception. Dans tous les cas, n’arrêtez jamais votre traitement seul : l’arrêt expose au retour des crises.

Vie quotidienne et nuances des sources

  • Soutien : ameli.fr inclut une aide psychologique et sociale dans le traitement, car le caractère imprévisible des crises peut perturber la vie familiale, scolaire ou professionnelle.
  • Facteurs favorisants : manque de sommeil, lumière forte pour certaines formes, hypoglycémie ou toxiques ; ils se repèrent avec le médecin.
  • Sport et conduite : les sources consultées ne détaillent ni les sports possibles ni les règles de conduite ; ces règles dépendent du pays. Parlez-en à votre neurologue.
  • Gravité : les maladies épileptiques sont de gravité très variable ; les sources ne donnent pas de taux de guérison général.
  • France uniquement : les chiffres (685 122 personnes traitées en 2020) et la prise en charge en affection de longue durée décrits par ameli.fr ne s’appliquent pas ailleurs.

En résumé : fiche témoin de crise

L’épilepsie est une maladie chronique du cerveau aux formes très variées, focales ou généralisées, avec ou sans cause identifiée. Pendant une crise : position latérale, protection de la tête, rien dans la bouche, et le 15 ou le 112 si elle dure plus de cinq minutes. Le diagnostic repose sur le récit, l’examen, l’EEG et l’imagerie ; les antiépileptiques sont le traitement de base, à ne jamais arrêter seul.

  • heure de début et de fin, ce que faisait la personne juste avant ;
  • ce que vous avez vu : regard, mouvements, côté du corps, couleur, respiration ;
  • état après la crise : confusion, sommeil, morsure de langue, perte d’urines ;
  • facteurs possibles : manque de sommeil, alcool, fièvre, oubli de traitement ;
  • une vidéo, si elle a pu être prise sans retarder les secours.

Questions fréquentes sur l’épilepsie

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Qu’est-ce qu’une crise d’épilepsie ?

Une manifestation passagère due à des décharges électriques brusques et excessives dans le cerveau. Elle peut toucher tout le corps (crise généralisée) ou une partie seulement (crise focale).

Que faire devant une personne qui fait une crise ?

La mettre sur le côté, protéger sa tête, desserrer ses vêtements, ne pas retenir ses mouvements, ne rien mettre dans sa bouche. Appeler le 15 ou le 112 si la crise dure plus de cinq minutes.

Quelles sont les causes de l’épilepsie ?

Parfois aucune n’est trouvée. Sinon : facteurs génétiques, lésions du cerveau (tumeur, AVC, traumatisme), infections, malformations. Une crise isolée peut aussi être provoquée sans épilepsie.

Comment se fait le diagnostic ?

Par le récit des témoins, l’examen, un EEG et une IRM. Un EEG normal n’exclut pas l’épilepsie, et une anomalie isolée ne la confirme pas.

L’épilepsie se soigne-t-elle ?

Les antiépileptiques visent à faire disparaître les crises ou à les réduire. Si environ 30 % des épilepsies leur résistent, d’autres soins comme la chirurgie peuvent être envisagés.

Peut-on conduire quand on est épileptique ?

Les sources consultées ne détaillent pas les règles de conduite, qui dépendent du pays. Parlez-en à votre neurologue, qui connaît votre situation et la réglementation applicable.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Épilepsie : définition et causes, 05/02/2025
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Symptômes et diagnostic de l’épilepsie de l’enfant et de l’adulte, 05/02/2025
  3. ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de l’épilepsie, 18/11/2025

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.