Qu’est-ce que la migraine ?
Ameli.fr décrit la migraine comme un mal de tête d’intensité variable mais souvent forte, récurrent, pulsatile et le plus souvent d’un seul côté, pouvant s’accompagner de symptômes digestifs ou neurologiques. La maladie migraineuse se définit par la répétition des crises, avec entre elles des périodes sans aucun symptôme.
C’est une maladie bénigne, mais qui altère la qualité de vie, les relations et les activités scolaires ou professionnelles ; ses conséquences sont souvent sous-estimées par l’entourage. Elle concerne 12 % des adultes et 5 à 10 % des enfants en France ; un tiers des personnes n’ont jamais consulté.
Selon ameli.fr, les crises viennent d’une hyperexcitabilité électrique des neurones, liée à une prédisposition génétique et modulée par l’environnement ; la douleur est liée à une dilatation des vaisseaux des méninges provoquée par une stimulation anormale des nerfs. C’est un phénomène neurovasculaire, pas un simple problème de vaisseaux.
Symptômes d’une crise
- Douleur modérée ou intense, pulsatile, souvent sur une tempe ou au-dessus d’un œil ; le côté peut changer d’une crise à l’autre, et dans 30 % des cas la douleur touche les deux côtés, l’arrière de la tête ou tout le crâne.
- Maximum atteint en deux à quatre heures ; aggravation par l’activité physique (escaliers), les mouvements de tête ou la toux ; besoin fréquent de s’isoler au calme et dans la pénombre.
- Nausées, vomissements, pâleur.
- Gêne au bruit, à la lumière ou aux odeurs ; toucher de la peau parfois désagréable.
- Fatigue, bâillements, troubles de concentration, tristesse, sensation de flottement.
Sans traitement, une crise dure le plus souvent quelques heures, plus de deux jours chez environ 10 % des personnes, et laisse fatigue et difficultés de concentration. Chez l’enfant, la crise est plus courte, plus souvent des deux côtés, avec des troubles digestifs marqués. Ameli.fr décrit aussi une migraine vestibulaire, avec des épisodes de vertige.
Migraine avec et sans aura
Chez certaines personnes, la crise est précédée d’une aura : des signes neurologiques qui s’installent en quelques minutes et durent de 30 minutes à 1 heure, puis disparaissent totalement quand la douleur arrive. Ils diffèrent d’une personne à l’autre, mais chaque personne présente toujours les mêmes, explique ameli.fr :
- troubles visuels, les plus fréquents (points lumineux, taches colorées, vision floue ou déformée, perte d’une partie du champ visuel) : on parle de « migraine ophtalmique » ;
- picotements des doigts ou des lèvres ;
- difficultés à trouver ses mots ;
- troubles de l’équilibre ou vertiges.
La migraine avec aura est trois fois moins fréquente que la migraine sans aura. Une forme héréditaire rare, la migraine hémiplégique familiale, associe une paralysie transitoire à l’aura et relève d’un suivi spécialisé.
Facteurs déclenchants
Ameli.fr souligne que les facteurs déclenchants sont différents d’une personne à l’autre. Parmi ceux qui sont décrits :
- certains aliments ou excitants : chocolat, charcuterie, tabac, café, alcool (vin blanc en particulier) ;
- bruit, odeurs, lumières clignotantes ;
- changements de rythme : stress ou détente soudaine (début du week-end), excès ou manque de sommeil, repas sauté ou trop copieux ;
- baisse hormonale en fin de cycle, avec des crises liées aux règles ;
- chute brutale de la pression atmosphérique, pollution de l’air.
Il n’existe pas de liste d’aliments interdits pour tous : chacun repère ses propres déclencheurs, idéalement grâce à un carnet.
Diagnostic
Le diagnostic est posé par le médecin traitant lors de l’examen. Selon ameli.fr, il est confirmé si l’examen clinique, notamment neurologique, est normal et si la personne a présenté au moins cinq crises (ou deux crises avec aura), séparées par des périodes sans mal de tête. Aucun examen complémentaire n’est nécessaire en cas de migraine typique.
Ces critères servent au diagnostic ; ils ne demandent pas d’attendre cinq crises pour consulter. La migraine se distingue de la céphalée de tension, plus diffuse, en pression, non pulsatile et sans signes digestifs ; les deux peuvent coexister.
Traitement de la crise
Ameli.fr décrit plusieurs familles de médicaments, prescrites par le médecin :
- en premier lieu, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), à prendre le plus tôt possible dans la crise, parfois associés à un anti-nauséeux ; les antalgiques simples sont moins efficaces sur la crise ;
- si les crises sont modérées à sévères ou si ce premier traitement échoue, les triptans, après vérification des contre-indications, notamment cardiovasculaires ;
- les dérivés de l’ergot de seigle, de moins en moins utilisés et à ne pas associer aux triptans.
Attention à l’abus de médicaments : ameli.fr conseille de compter ses prises et de ne pas dépasser 8 jours de prise par mois, sous peine de céphalée chronique quotidienne. Les doses et les choix relèvent du médecin ; pendant la grossesse, ne prenez aucun médicament sans son avis.
Traitement de fond
Le traitement de fond ne supprime pas les crises mais les rend moins fréquentes et moins douloureuses. Il est proposé selon la fréquence, l’intensité et le retentissement des crises, ou pour éviter l’abus de médicaments. Ameli.fr cite, selon les situations :
- les bêtabloquants, fréquemment employés ;
- certains antiépileptiques et antidépresseurs, en deuxième intention, dont l’un est contre-indiqué pendant la grossesse et impose une contraception efficace ;
- les traitements anti-CGRP, réservés aux migraines sévères après échec d’autres traitements de fond, prescrits par un neurologue ;
- des injections de toxine botulique, indiquées uniquement dans la migraine chronique de l’adulte en échec des autres traitements.
Le traitement de fond s’évalue après trois mois avec un calendrier des crises ; il est jugé efficace si le nombre de crises baisse de plus de 50 %. Notre centre ne traite pas la migraine : parlez-en à votre médecin traitant ou à un neurologue.
Hygiène de vie et prévention
Pour diminuer la fréquence des crises, ameli.fr conseille :
- un sommeil régulier et suffisant, avec des horaires réguliers ;
- une activité d’endurance régulière, d’efficacité démontrée : par exemple 2 h 30 par semaine de marche rapide, vélo ou course ;
- arrêter de fumer, manger de façon équilibrée et régulière, bien s’hydrater, éviter l’alcool s’il déclenche des crises ;
- réduire les aliments qui, chez vous, déclenchent des crises, sans régime d’éviction ;
- limiter le stress et les lieux bruyants.
En cas de migraine avec aura, la contraception estroprogestative est contre-indiquée : demandez conseil au médecin avant de choisir une contraception.
Signes à ne pas attribuer à la migraine
Les pages d’ameli.fr consultées ne listent pas de signes d’urgence. Elles indiquent toutefois que l’aura est toujours la même chez une personne donnée et que le diagnostic suppose un examen neurologique normal. Il est donc prudent de ne pas mettre d’office sur le compte de la migraine :
- un mal de tête brutal et inhabituel ;
- une faiblesse, un trouble de la parole ou de la vue nouveau ou différent de votre aura habituelle, ou qui ne disparaît pas ;
- des crises qui changent nettement de rythme ou de nature.
Dans ces situations, appelez le 15 ou le 112 ou consultez sans attendre. Autres nuances : la migraine n’est pas toujours d’un seul côté (deux côtés ou tout le crâne dans 30 % des cas selon ameli.fr), et un même aliment ne déclenche pas des crises chez tout le monde.
En résumé : tenir un carnet de crises
La migraine est une maladie neurologique fréquente et bénigne, faite de crises de mal de tête souvent pulsatiles, parfois avec aura, nausées ou gêne à la lumière. Elle se diagnostique par l’examen et le récit des crises. Le traitement associe hygiène de vie, médicaments de la crise sans abus et, si besoin, traitement de fond. Ameli.fr recommande de noter dans un carnet :
- la date et l’heure de chaque crise, et sa durée en heures ;
- les facteurs déclenchants possibles, et pour les femmes la date des règles ;
- l’intensité (légère, moyenne, sévère) et le retentissement sur la journée ;
- les médicaments pris, le nombre de prises et leur effet ;
- les autres maux de tête, comme les céphalées de tension.
Questions fréquentes sur la migraine
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Comment reconnaître une migraine ?
Par des crises répétées de mal de tête souvent fort, pulsatile, d’un côté, aggravé par l’effort, avec nausées ou gêne à la lumière et au bruit, séparées par des périodes sans douleur.
Quels sont les facteurs déclenchants ?
Ils varient selon les personnes : stress ou détente brutale, manque ou excès de sommeil, repas sautés, alcool, certains aliments, lumière, bruit, odeurs, règles, météo.
Comment soulager une crise de migraine ?
Avec les médicaments prescrits, pris tôt : AINS en premier lieu, triptans si besoin. Le repos au calme et dans la pénombre aide. Ne dépassez pas 8 jours de prise par mois.
Existe-t-il un traitement de fond ?
Oui, si les crises sont fréquentes ou invalidantes : bêtabloquants et d’autres familles choisies par le médecin. Il réduit les crises sans les supprimer et s’évalue après trois mois.
Qu’est-ce qu’une migraine avec aura ?
Une migraine précédée de signes neurologiques passagers (troubles visuels, picotements, difficultés de langage) qui durent 30 à 60 minutes et sont toujours les mêmes chez une personne.
Quand un mal de tête doit-il faire consulter en urgence ?
S’il est brutal et inhabituel, ou s’il s’accompagne d’un trouble neurologique nouveau ou différent de votre aura habituelle : appelez le 15 ou le 112.
Sources
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Migraine : symptômes, facteurs déclenchants et évolution, 17/10/2025
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Migraine : diagnostic et traitement, 22/01/2026
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
