Aller au contenu

Voix MediBilbao Salud

Dysphonie : comprendre un trouble de la voix, le bilan et les traitements

La dysphonie est le terme médical pour une voix modifiée : enrouée, rauque, faible ou éteinte. Elle a de nombreuses causes, d’une laryngite passagère à une lésion des cordes vocales, et son traitement dépend de cette cause. Ce guide s’appuie sur ameli.fr (Assurance Maladie) : comment décrire le trouble, quand consulter, comment se déroule le bilan ORL et quelles prises en charge existent, du repos vocal à la rééducation orthophonique.

Thème
ORL
Mis à jour
Temps de lecture
7 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce qu’une dysphonie ?

Ameli.fr emploie le mot dysphonie pour désigner une voix enrouée, rauque ou faible, ou une extinction de voix. C’est donc un trouble de la voix, c’est-à-dire du son produit par le larynx et les cordes vocales.

Ce n’est pas la même chose qu’un trouble de la parole : la dysarthrie, par exemple, touche l’articulation des mots. Une difficulté à parler qui s’ajoute à la modification de la voix fait d’ailleurs partie des signes qui doivent faire consulter. Pour les gestes simples face à un enrouement passager, voir aussi notre guide sur la voix enrouée.

Décrire la voix : timbre, intensité, fatigue et circonstances

Bien décrire la modification aide le médecin. Quelques points à noter :

  • le timbre : voix cassée, éraillée, rauque, voilée ;
  • l’intensité : voix faible, difficulté à se faire entendre, extinction complète ;
  • la fatigue vocale : la voix se dégrade-t-elle en fin de journée ou après avoir beaucoup parlé ?
  • le début : brutal après un cri ou un chant forcé, progressif, ou pendant un rhume ;
  • l’évolution : la gêne disparaît-elle avec le repos, puis revient-elle quand vous reparlez ?
  • les symptômes associés : fièvre, toux, douleur, gêne pour avaler ou respirer, remontées acides.

Quelles sont les causes possibles d’une dysphonie ?

Ameli.fr décrit plusieurs situations, chacune avec son traitement :

  • laryngite aiguë infectieuse : inflammation des cordes vocales, rouges et gonflées (voir la laryngite) ;
  • malmenage vocal occasionnel : la voix se casse brutalement après un cri ou un chant forcé, parfois à cause d’un petit saignement dans la corde vocale ;
  • surmenage vocal répétitif : enrouement qui s’atténue au repos et revient à l’usage, avec recherche de lésions ;
  • lésions bénignes des cordes vocales : nodules, polypes, kystes, granulomes ;
  • papillomatose laryngée, due à certains papillomavirus ;
  • paralysie d’une corde vocale ;
  • inflammation chronique du larynx, favorisée par le tabac, l’alcool ou un reflux gastro-œsophagien ;
  • cancer du larynx.

Une voix modifiée n’est donc ni forcément liée au stress, ni forcément un cancer : seul l’examen permet de connaître la cause.

Quand consulter pour une dysphonie ?

Ameli.fr conseille de prévoir une consultation médicale si :

  • l’enrouement dure depuis plus d’une semaine ;
  • vous avez aussi des difficultés à avaler ou à respirer ;
  • vous crachez du sang ;
  • vous fumez régulièrement et buvez aussi de l’alcool ;
  • vous avez d’autres symptômes : fièvre, fatigue, difficultés à parler, tremblements ;
  • votre voix est à nouveau enrouée sans signe d’infection virale ;
  • c’est un nourrisson qui est enroué.

Toute personne enrouée depuis plus d’une semaine, ou d’emblée en présence de symptômes anormaux, doit consulter son médecin traitant. Une gêne respiratoire importante relève des urgences (15 ou 112). Le délai d’une semaine est un seuil pour demander un avis, pas un délai à attendre quand d’autres signes sont présents.

Préparer la consultation : antécédents et usage de la voix

Le médecin interroge sur les symptômes et sur les habitudes de vie : consommation de tabac et d’alcool, exposition professionnelle à des produits toxiques. Il est utile de préparer aussi :

  • votre usage de la voix : métier où l’on parle beaucoup, chant, environnement bruyant ;
  • les épisodes précédents de voix modifiée et leur durée ;
  • les médicaments pris, y compris les nouveaux, car certains peuvent avoir des effets sur la voix ;
  • un éventuel reflux, une allergie ou une exposition à des irritants.

Un court journal de la voix sur quelques jours (moments où elle se dégrade, durée de parole, fatigue) peut compléter cette description, sans chercher à poser soi-même un diagnostic.

L’examen ORL et la visualisation du larynx

Un bilan par un médecin oto-rhino-laryngologiste (ORL) est souvent nécessaire. L’ORL réalise à son cabinet un examen indolore qui permet de voir les cordes vocales et le larynx ; il peut demander d’émettre des sons pour observer la mobilité des cordes vocales. La technique utilisée (miroir laryngé ou endoscope souple passé par le nez) est choisie par le médecin.

Pour faire examiner votre voix, la consultation d’ORL pour adultes de notre centre de Bilbao peut réaliser ce bilan (les consultations se déroulent en espagnol).

Examens complémentaires selon ce que trouve l’ORL

Selon la cause suspectée, d’autres examens peuvent être prescrits pour affiner le diagnostic :

  • une laryngoscopie directe avec biopsies en cas de lésion du larynx ou des cordes vocales ;
  • des radiographies, un scanner ou une IRM ;
  • un bilan phoniatrique, c’est-à-dire une étude du fonctionnement des cordes vocales par un spécialiste des troubles de la voix.

Ces examens ne sont pas systématiques : ils dépendent de ce que l’ORL a observé.

Repos vocal et facteurs irritants

Ameli.fr insiste sur la mise au repos des cordes vocales : parler seulement quand c’est nécessaire en se rapprochant de son interlocuteur, utiliser des gestes pour les demandes simples, et éviter les environnements bruyants, les cris, le chant et aussi les chuchotements, qui ne reposent pas la voix.

Autres mesures conseillées :

  • boire beaucoup d’eau et humidifier l’air du logement ;
  • arrêter le tabac, éviter les lieux enfumés et réduire l’alcool ;
  • éviter les allergènes et irritants connus ;
  • en cas de rhume, ne pas utiliser de décongestionnant nasal, qui peut dessécher les cordes vocales ;
  • en cas de reflux traité, bien suivre son traitement ;
  • en cas de douleur ou de fièvre, un antalgique antipyrétique selon les conseils du médecin ou du pharmacien.

Traitement de la cause, rééducation et ce que les sources nuancent

Le traitement dépend de l’origine : repos vocal et hydratation après un malmenage ; traitement de l’inflammation, voire antibiotiques si l’infection est bactérienne, dans une laryngite ; traitement des lésions et rééducation de la voix chez un orthophoniste en cas de surmenage vocal ; rééducation orthophonique, souvent suffisante, pour les nodules ; microchirurgie si les lésions persistent ou pour les polypes, kystes et granulomes ; traitement adapté complété par de la rééducation en cas de paralysie. Quand le diagnostic l’indique, l’équipe d’orthophonie de notre centre peut assurer la rééducation vocale de l’adulte (en espagnol).

  • Corticoïdes : ameli.fr les cite parmi les anti-inflammatoires possibles dans la laryngite aiguë ; leur utilisation relève de la décision du médecin et ne s’applique pas à toute dysphonie.
  • Rééducation : elle est nécessaire dans certaines causes (surmenage vocal, nodules, paralysie), mais pas dans toutes ; elle se décide après l’examen.
  • Malmenage : sans repos vocal après un hématome de la corde vocale, ameli.fr signale un risque d’altération définitive de la voix.

En résumé : suivi, récidives et questions à poser

La dysphonie est une voix enrouée, rauque, faible ou éteinte. Ses causes vont de la laryngite au surmenage vocal, aux lésions des cordes vocales, au reflux ou plus rarement à un cancer. Au-delà d’une semaine, ou d’emblée avec gêne pour avaler ou respirer, crachats de sang ou autres symptômes, il faut consulter. L’ORL examine le larynx et oriente le traitement de la cause, avec repos vocal et parfois rééducation orthophonique.

Pour limiter les récidives, ameli.fr conseille de gérer son stress (par exemple par la respiration abdominale), d’humidifier l’air, d’éviter de crier, de toussoter ou de se racler la gorge, de parler face à son interlocuteur dans le bruit et d’éviter les nuits blanches. Questions utiles à poser : quelle est la cause ? faut-il d’autres examens ? une rééducation est-elle utile, et pendant combien de temps ? quels signes doivent faire reconsulter ?

Questions fréquentes sur la dysphonie

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Qu’est-ce qu’une dysphonie ?

C’est une modification de la voix : voix enrouée, rauque, faible ou extinction de voix. Elle a de nombreuses causes, qui se recherchent par l’examen du larynx.

Comment peut-on la traiter ?

En traitant sa cause : repos vocal, arrêt du tabac et réduction de l’alcool, traitement d’une laryngite ou d’un reflux, rééducation orthophonique, et parfois microchirurgie des lésions des cordes vocales.

Quelle différence avec une dysarthrie ?

La dysphonie touche la voix, c’est-à-dire le son produit par le larynx. La dysarthrie touche l’articulation de la parole. Une difficulté à parler associée à un enrouement doit faire consulter.

Une voix modifiée signifie-t-elle un cancer ?

Pas forcément : la plupart des causes décrites par ameli.fr sont bénignes (laryngite, surmenage vocal, nodules, polypes). Mais un enrouement qui dure plus d’une semaine doit être examiné, notamment chez les fumeurs qui boivent de l’alcool.

Quand consulter pour une voix enrouée ?

Si l’enrouement dure plus d’une semaine, s’il s’accompagne de difficultés à avaler ou à respirer, de crachats de sang ou d’autres symptômes, s’il revient sans infection, ou chez un nourrisson.

La rééducation vocale est-elle toujours indiquée ?

Non. Elle est nécessaire dans certaines causes, comme le surmenage vocal, les nodules ou la paralysie d’une corde vocale. L’ORL l’indique après l’examen.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Enrouement : que faire pour être soulagé et quand consulter ?, 06/06/2024
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Consultation médicale et traitement en cas d’enrouement, 06/06/2024

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.