De quoi parle-t-on ?
La gorge comprend le pharynx, conduit commun à l’air et aux aliments, et le larynx, qui contient les cordes vocales. Les cancers de cette région se développent le plus souvent à partir de la muqueuse qui les tapisse. On distingue les cancers de l’oropharynx (amygdales, base de langue), de l’hypopharynx, du larynx et du nasopharynx, qui ont des causes et des symptômes un peu différents.
Les symptômes qui doivent alerter
- Enrouement ou voix modifiée depuis plus de trois semaines.
- Mal de gorge persistant, surtout d’un seul côté.
- Douleur ou gêne en avalant, sensation d’arête dans la gorge.
- Douleur d’oreille d’un seul côté sans problème d’oreille.
- Boule ou ganglion dans le cou qui persiste.
- Crachats teintés de sang, mauvaise haleine inhabituelle.
- Perte de poids inexpliquée, fatigue.
Ces signes ont souvent une cause bénigne, mais leur persistance impose un examen.
Les facteurs de risque
- Tabac, sous toutes ses formes, principal facteur de risque.
- Alcool, qui multiplie le risque lié au tabac.
- Papillomavirus (HPV), surtout pour les cancers de l’amygdale et de la base de la langue, y compris chez des non-fumeurs.
- Virus d’Epstein-Barr pour le cancer du nasopharynx.
- Expositions professionnelles : amiante, poussières de bois, certains produits chimiques.
- Âge : surtout après 50 ans, plus souvent chez l’homme.
Enrouement : quand s’inquiéter ?
Un enrouement est le plus souvent dû à une laryngite virale, à un surmenage vocal ou à un reflux. Il guérit en quelques jours à deux semaines. Un enrouement qui persiste au-delà de trois semaines, surtout chez un fumeur, doit faire examiner les cordes vocales par un ORL. Pour les causes fréquentes, consultez nos guides sur la voix enrouée et l’extinction de voix.
Les examens
- Examen ORL avec palpation du cou.
- Nasofibroscopie : petite caméra souple passée par le nez, sous anesthésie locale, pour voir le pharynx et le larynx.
- Biopsie, souvent sous anesthésie générale lors d’une endoscopie, qui confirme le diagnostic.
- Imagerie : scanner, IRM, TEP-scanner pour évaluer l’extension.
- Recherche du HPV sur la biopsie pour certains cancers de l’oropharynx.
Les traitements
Le traitement est décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire, selon la localisation, le stade et l’état général. Les petits cancers peuvent être traités par chirurgie, parfois par voie endoscopique ou au laser, ou par radiothérapie seule. Les formes plus étendues associent chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie ou immunothérapie. L’objectif est de guérir tout en préservant au maximum la voix, la déglutition et la respiration.
Après le traitement : voix et déglutition
Les traitements peuvent modifier la voix, la salivation et la capacité à avaler. La rééducation avec un orthophoniste est essentielle pour retrouver une voix fonctionnelle et une déglutition sûre. Après une ablation du larynx, plusieurs techniques permettent de parler à nouveau. Une diététicienne accompagne l’alimentation, et un suivi dentaire est nécessaire après une radiothérapie.
Cancers liés au HPV
Les cancers de l’oropharynx liés au HPV touchent des personnes plus jeunes, parfois non fumeuses, et se révèlent souvent par une boule dans le cou. Ils ont en général un meilleur pronostic. La vaccination contre le HPV, recommandée chez les filles et les garçons, contribue à leur prévention.
Prévention
- Arrêter de fumer : le risque diminue progressivement après l’arrêt. Le 39 89 (Tabac Info Service) peut vous aider.
- Réduire la consommation d’alcool.
- Se faire vacciner contre le HPV selon les recommandations.
- Se protéger lors d’expositions professionnelles.
- Consulter devant tout symptôme persistant plus de trois semaines.
Le suivi
Après le traitement, des consultations régulières avec l’ORL permettent de surveiller la guérison, de traiter les effets secondaires et de dépister un second cancer, plus fréquent chez les anciens fumeurs. L’arrêt du tabac et de l’alcool améliore les résultats du traitement et la qualité de vie.
À retenir
- Le cancer de la gorge touche le pharynx ou le larynx.
- Tabac, alcool et HPV sont les principaux facteurs de risque.
- Un enrouement, une douleur de gorge d’un côté ou une boule dans le cou qui durent plus de trois semaines doivent faire consulter un ORL.
- Diagnostiqué tôt, il se soigne beaucoup mieux.
Questions fréquentes sur le cancer de la gorge
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Quels sont les premiers symptômes d’un cancer de la gorge ?
Souvent un enrouement, une gêne pour avaler, une douleur d’un côté ou une boule dans le cou qui persistent.
Un mal de gorge peut-il être un cancer ?
Rarement ; un mal de gorge qui guérit en quelques jours est presque toujours infectieux. C’est la persistance qui doit alerter.
Peut-on avoir un cancer de la gorge sans fumer ?
Oui, notamment les cancers liés au HPV.
Le cancer de la gorge se guérit-il ?
Oui, surtout s’il est diagnostiqué tôt.
Quel examen pour voir le larynx ?
La nasofibroscopie, réalisée en consultation ORL.
Le reflux peut-il causer un cancer de la gorge ?
Le lien est discuté ; le reflux provoque surtout une irritation et un enrouement bénins.
Perd-on la voix après le traitement ?
Pas toujours ; cela dépend du traitement, et la rééducation aide à retrouver une voix fonctionnelle.
Le cancer de la gorge est-il héréditaire ?
Il est surtout lié au tabac, à l’alcool et au HPV ; les formes héréditaires sont rares.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Cancer de la bouche et de la gorge
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Cancer du larynx
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Cancer des voies aérodigestives supérieures
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
