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Syndrome de Guillain-Barré : symptômes, causes, traitement

Le syndrome de Guillain-Barré est une atteinte de nombreux nerfs qui provoque une faiblesse musculaire s’aggravant en quelques jours ou semaines, souvent à partir des jambes. C’est une urgence médicale, car il peut toucher les muscles de la respiration et de la déglutition. Ce guide s’appuie sur deux pages du Manuel MSD (version pour le grand public, mai 2026 et juin 2024) pour expliquer les premiers signes, les causes, le diagnostic, le traitement à l’hôpital et la récupération.

Thème
Neurophysiologie
Mis à jour
Temps de lecture
7 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce que le syndrome de Guillain-Barré ?

Le Manuel MSD le définit comme une forme de polyneuropathie, c’est-à-dire une atteinte de nombreux nerfs périphériques dans tout l’organisme. Il provoque une faiblesse musculaire qui s’aggrave généralement en quelques jours à quelques semaines, puis s’améliore ou revient lentement à la normale.

Sa cause présumée est une réaction auto-immune : le système immunitaire attaque la gaine de myéline, qui entoure le nerf comme l’isolant d’un fil électrique, et/ou l’axone, la partie du nerf qui transmet les messages. Les nerfs ne conduisent alors plus correctement les signaux.

Premiers signes : faiblesse et fourmillements qui montent

Selon le Manuel MSD, les symptômes commencent habituellement dans les deux jambes, puis progressent vers les bras. Parfois, ils débutent aux bras ou à la tête et descendent. Ils associent une faiblesse musculaire, des picotements et parfois une perte de sensibilité ; la faiblesse prédomine. Les réflexes sont diminués ou absents.

Une variante, le syndrome de Miller-Fisher, donne surtout une paralysie des mouvements des yeux, une marche instable et une disparition des réflexes. La forme qui monte des jambes n’est donc pas la seule. Ces signes ne permettent pas de se diagnostiquer soi-même : ils justifient un avis médical immédiat.

Pourquoi c’est une urgence

Le Manuel MSD qualifie le syndrome d’urgence médicale : il peut s’aggraver rapidement et altérer les muscles respiratoires. Dans 5 à 10 % des cas, une aide respiratoire par machine est nécessaire. Dans les formes sévères, les muscles du visage et de la déglutition s’affaiblissent chez plus de la moitié des personnes, avec un risque de fausse route, de déshydratation et de dénutrition.

Le système nerveux qui règle les fonctions internes peut aussi être touché : variations fortes de la tension artérielle, rythme cardiaque anormal, impossibilité d’uriner, constipation sévère. Même si la maladie peut s’améliorer d’elle-même avec le temps, ce n’est pas une raison d’attendre : appelez le 15 ou le 112.

Causes et déclencheurs

Chez environ deux tiers des personnes, explique le Manuel MSD, les symptômes apparaissent environ 5 jours à 3 semaines après une infection légère (par exemple une infection digestive à Campylobacter, une mononucléose ou une autre infection virale), une intervention chirurgicale ou une vaccination. Chez quelques personnes, il survient après une infection par le virus Zika ou la COVID-19.

La page résumée du Manuel MSD cite le plus souvent une maladie mineure comme une gastro-entérite ou un rhume. Un épisode survenu après un événement ne prouve pas que cet événement en soit la cause chez une personne donnée : seul le médecin peut en discuter au cas par cas.

Diagnostic : examen, ponction lombaire, électromyographie

Les médecins évoquent généralement le diagnostic d’après les symptômes, selon le Manuel MSD. Dès que le syndrome est suspecté, la personne est hospitalisée, et la respiration est évaluée fréquemment. Les examens confirment le diagnostic et écartent d’autres causes :

  • ponction lombaire : un taux élevé de protéines sans globules blancs dans le liquide céphalo-rachidien est très évocateur ;
  • électromyographie et études de la conduction nerveuse : elles montrent des anomalies caractéristiques ;
  • IRM : pour exclure une compression ou une inflammation de la moelle épinière ;
  • analyses de sang.

Si les symptômes sont très évocateurs, le traitement commence généralement sans attendre les résultats des examens.

Traitement à l’hôpital

Le Manuel MSD indique que plus le traitement approprié commence tôt, meilleures sont les chances de bons résultats. Le traitement de choix est l’immunoglobuline par voie intraveineuse, une solution d’anticorps de donneurs ; la plasmaphérèse, qui filtre le sang pour retirer les anticorps nocifs, est une alternative. Ces traitements raccourcissent le séjour, accélèrent le rétablissement et réduisent le risque de décès et d’invalidité permanente.

Leur choix et leur enchaînement relèvent de l’équipe hospitalière. Le Manuel MSD précise que les corticoïdes sont inefficaces et peuvent aggraver le syndrome.

Surveillance de la respiration et de la déglutition

À l’hôpital, la personne est étroitement surveillée pour juger du besoin d’une respiration assistée. Si la respiration devient faible, une sonde est passée dans la gorge et reliée à un respirateur, explique le Manuel MSD.

L’immobilité expose à des escarres, à une raideur et à des raccourcissements musculaires. Le personnel soignant installe la personne sur un matelas adapté et la tourne régulièrement. Lorsque les muscles de la déglutition sont faibles, des précautions sont prises pour éviter les fausses routes et maintenir l’hydratation et l’alimentation.

Rééducation et récupération

La kinésithérapie commence tôt pour prévenir les raideurs et entretenir les articulations, les muscles et la marche, selon le Manuel MSD : d’abord le thérapeute mobilise les membres, puis la personne les bouge elle-même quand la faiblesse s’atténue.

La faiblesse atteint son maximum dans les 3 à 4 semaines chez 90 % des personnes, puis se stabilise ou s’améliore : on décrit souvent une phase d’aggravation, un plateau et une phase de récupération. Sans traitement, la plupart s’améliorent lentement sur plusieurs mois ; un traitement précoce permet une amélioration en quelques jours ou semaines. La plupart des personnes guérissent en un an, mais certaines ne récupèrent jamais complètement leur force.

Séquelles, rechutes et nuances des sources

  • Séquelles : environ 30 % des adultes, et une proportion plus importante d’enfants, gardent une faiblesse 3 ans après la maladie, selon le Manuel MSD. En moyenne, moins de 4 % des personnes en meurent.
  • Forme chronique : si la faiblesse s’aggrave plus de 8 semaines, il s’agit d’une polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC) et non d’un Guillain-Barré ; environ 5 % des personnes en développent une après une amélioration initiale.
  • Nerfs des organes : la page résumée indique que le syndrome attaque rarement les nerfs du cœur et de la tension, alors que la page détaillée décrit ces atteintes dans les formes graves. Les deux vont dans le même sens : elles concernent surtout les cas sévères.
  • Pronostic : ces chiffres décrivent des groupes de personnes ; ils ne prédisent pas l’évolution d’un cas particulier.

En résumé : repères pour les proches

Le syndrome de Guillain-Barré est une atteinte auto-immune de nombreux nerfs, souvent après une infection banale. La faiblesse monte en général des jambes, peut toucher la respiration et la déglutition, et impose une hospitalisation immédiate. Les immunoglobulines ou la plasmaphérèse, la surveillance et la rééducation permettent à la plupart des personnes de récupérer, parfois lentement.

Pour les proches : notez la date des premiers signes, l’infection ou l’événement récent, la progression de la faiblesse et les difficultés à respirer ou à avaler, et transmettez-les à l’équipe. Après la phase aiguë, si le neurologue demande un électromyogramme de contrôle, notre service de neurophysiologie à Bilbao réalise cet examen.

Questions fréquentes sur le syndrome de Guillain-Barré

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Quels sont les premiers symptômes du syndrome de Guillain-Barré ?

Une faiblesse et des fourmillements qui commencent souvent dans les deux jambes et remontent, avec des réflexes diminués. Ils justifient un avis médical immédiat.

Quelle est la cause ?

Une réaction auto-immune contre les nerfs, selon le Manuel MSD, souvent quelques jours à 3 semaines après une infection légère, parfois après une chirurgie ou une vaccination.

Le syndrome de Guillain-Barré est-il grave ?

Il peut l’être : c’est une urgence médicale, car il peut atteindre la respiration et la déglutition. Avec le traitement, la plupart des personnes guérissent, parfois avec des séquelles.

Comment se fait le diagnostic ?

À l’hôpital, d’après les symptômes, confirmés par une ponction lombaire, une électromyographie avec étude de la conduction nerveuse, une IRM et des analyses de sang.

Comment se soigne-t-il ?

À l’hôpital, par des immunoglobulines en perfusion ou une plasmaphérèse, avec surveillance de la respiration et kinésithérapie. Les corticoïdes sont inefficaces selon le Manuel MSD.

Combien de temps dure la récupération ?

La faiblesse culmine en 3 à 4 semaines, puis s’améliore. La plupart des personnes guérissent en un an ; environ 30 % des adultes gardent une faiblesse à 3 ans.

Sources

  1. Manuel MSD (version pour le grand public) · Syndrome de Guillain-Barré (SGB), mai 2026
  2. Manuel MSD (version pour le grand public) · Les faits en bref : syndrome de Guillain-Barré (SGB), juin 2024

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.