Aller au contenu

Mâchoire MediBilbao Salud

SADAM : douleur de la mâchoire, causes et traitements

Mâchoire douloureuse au réveil, craquement en ouvrant la bouche, difficulté à croquer une pomme : derrière ces signes se cache souvent un SADAM, le syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur, que le Manuel MSD appelle troubles temporo-mandibulaires (TTM). Ce guide s’appuie sur deux pages du Manuel MSD pour le grand public : la page complète « Troubles temporo-mandibulaires (TTM) » (août 2025) et « Les faits en bref » sur ces troubles (février 2025). Il concerne l’adulte.

Thème
Kinésithérapie
Mis à jour
Temps de lecture
7 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

SADAM : de quoi parle-t-on

SADAM signifie syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur : un ensemble de douleurs et de gênes de la mâchoire. Le Manuel MSD parle de troubles temporo-mandibulaires (TTM), autrefois appelés troubles de l’ATM, provoqués par des problèmes des muscles masticateurs, des articulations de la mâchoire ou des tissus fibreux qui les relient.

Toujours selon le Manuel MSD, ces troubles touchent le plus souvent les femmes au début de la vingtaine et entre 40 et 50 ans. Ce guide traite du syndrome ; pour une douleur de la mâchoire en général (dent, sinus, oreille…), voir la douleur de la mâchoire.

L’articulation temporo-mandibulaire et les muscles

Il existe deux articulations temporo-mandibulaires (ATM), une de chaque côté, juste devant les oreilles. Elles relient l’os temporal du crâne à la mâchoire inférieure. Le Manuel MSD la décrit comme l’une des articulations les plus complexes du corps : elle s’ouvre comme une charnière et glisse en avant, en arrière et sur les côtés.

Un disque articulaire de tissu fibreux sert d’amortisseur entre le crâne et la mandibule. Des ligaments, des tendons et les muscles masticateurs soutiennent l’articulation. Pendant la mastication, elle supporte une pression énorme, qui dépend aussi de la position et de l’état des dents.

Symptômes : douleur, craquements, blocages

Le Manuel MSD cite :

  • douleur des muscles de la mâchoire à la mastication, ou près de l’articulation ;
  • claquements ou craquements en ouvrant la bouche ;
  • blocage de la mâchoire, difficulté à ouvrir grand la bouche ;
  • maux de tête, parfois chroniques et résistants aux traitements habituels ;
  • douleur ou raideur du cou et des épaules, vertiges ;
  • douleur d’oreille ou sensation d’oreille bouchée ;
  • troubles du sommeil.

Dans la forme musculaire, la douleur et la tension des côtés du visage apparaissent souvent au réveil ou après des périodes de stress. Chez beaucoup de personnes, un craquement isolé est le seul symptôme.

Causes et facteurs

Le Manuel MSD indique que, dans la plupart des cas, la cause est une association de tensions musculaires et d’anomalies de l’articulation. Il existe parfois un facteur psychologique, parmi d’autres.

  • syndrome douloureux myofascial : fatigue ou surutilisation des muscles masticateurs, l’affection la plus fréquente de la région ;
  • disque déplacé : déplacement « réductible » (le disque se remet en place à l’ouverture avec un claquement, chez environ un tiers des adultes) ou « non réductible » (pas de bruit, ouverture limitée) ;
  • arthrose ou autre arthrite (polyarthrite rhumatoïde, infection, traumatisme) ;
  • hypermobilité, ankylose, croissance inégale de la mâchoire ;
  • dents manquantes ou mal alignées, mastication constante de chewing-gum, blessure à la tête ou au cou.

Aucun de ces facteurs n’explique à lui seul tous les cas.

Bruxisme et stress

Le serrement et le grincement des dents (bruxisme), éveillé ou endormi, figurent parmi les causes de tension musculaire citées par le Manuel MSD. La force exercée pendant le sommeil est beaucoup plus importante qu’en journée. Le grincement nocturne et les troubles respiratoires du sommeil, comme l’apnée du sommeil, peuvent donner des maux de tête au réveil qui diminuent dans la journée.

Selon la version « faits en bref », le stress ou l’anxiété peuvent aggraver le problème. Cela ne veut pas dire que la douleur est « dans la tête » : le stress est un facteur parmi d’autres, à côté des causes musculaires et articulaires.

Diagnostic

Selon le Manuel MSD, le dentiste ou le médecin pose presque toujours le diagnostic à partir des antécédents et de l’examen : palpation des côtés du visage et des muscles, écoute des bruits articulaires, mesure de l’ouverture de la bouche (en moyenne au moins 4 centimètres), recherche d’une déviation de la mâchoire.

Des examens complètent parfois : IRM si l’on suspecte un disque déplacé ou si le traitement n’agit pas, radiographies ou scanner pour l’arthrose, ponction en cas de suspicion d’infection, étude du sommeil (polysomnographie) si douleurs et contractures persistent. Ces gestes d’examen relèvent du professionnel : ils ne servent pas d’autotest.

Gestes simples au quotidien

Le Manuel MSD décrit des mesures d’auto-assistance pour soulager la douleur et retrouver une fonction normale :

  • manger des aliments plus mous, couper en petits morceaux, mâcher lentement ;
  • ne pas ouvrir la bouche en grand (bâillement, sandwich épais) ;
  • garder les dents séparées dans la journée pour perdre l’habitude de serrer ;
  • corriger sa posture, avec un moyen pour s’en souvenir ;
  • un sommeil régulier dans un environnement calme ;
  • de la chaleur humide sur les muscles fatigués.

Kinésithérapie et gouttières

Selon le Manuel MSD, les deux traitements les plus fréquents sont la gouttière dentaire (appareil en résine mince, surtout la nuit, souvent moins de huit semaines) et les antalgiques, comme les anti-inflammatoires (AINS). La gouttière laisse les muscles se reposer et protège les dents du bruxisme ; elle est ajustée par le dentiste.

Une kinésithérapie peut aussi être prescrite : étirements des muscles masticateurs, biofeedback pour apprendre à relâcher les muscles, chaleur par ultrasons, électrostimulation (TENS). La gestion du stress et un soutien psychologique aident certaines personnes. Après l’évaluation par le dentiste ou le médecin, l’équipe de kinésithérapie de notre centre de Bilbao peut vous accompagner avec des exercices de la mâchoire et du cou (les consultations se déroulent en espagnol) ; nous ne fabriquons pas de gouttières.

Traitements invasifs : pour qui

  • Médicaments : le Manuel MSD cite des relaxants musculaires sur une courte durée (un mois au plus), des injections dans les muscles et, dans certaines douleurs chroniques, des antidépresseurs ; ils sont prescrits par un médecin et ne sont pas curatifs.
  • Chirurgie : réservée aux cas qui ne répondent pas aux traitements non chirurgicaux ; avec l’arthroscopie, la chirurgie classique est devenue rare, et elle s’associe toujours à la gouttière et aux mesures d’auto-assistance.
  • Disque bloqué : le Manuel MSD décrit des techniques de remobilisation réalisées ou encadrées par un dentiste ou un médecin ; elles ne se pratiquent pas seul.
  • Évolution : la page complète indique une amélioration nette en trois mois pour la plupart des personnes et une guérison spontanée fréquente des formes peu sévères ; la version courte parle de guérison sans traitement en deux à trois ans chez de nombreux patients. Ce sont des tendances, pas une garantie individuelle.
  • Appareils physiques : les sources présentent ultrasons et TENS comme pouvant aider, sans en faire un traitement qui guérit à coup sûr.

En résumé : le journal de mastication

Le SADAM regroupe des douleurs et gênes des muscles et articulations de la mâchoire. Il se diagnostique surtout par l’examen et se traite d’abord par des mesures simples, une gouttière, des antalgiques et parfois de la kinésithérapie ; les gestes invasifs restent pour des cas choisis. Pendant une à deux semaines, notez pour la consultation :

  • les moments de douleur : au réveil, en mangeant, en fin de journée, en période de stress ;
  • les aliments qui gênent (durs, collants, gros morceaux) ;
  • les craquements et les blocages : quand, de quel côté, combien de temps ;
  • si vous vous surprenez à serrer les dents la journée ;
  • maux de tête, douleurs d’oreille, cou, qualité du sommeil, ronflements signalés par l’entourage ;
  • ce qui soulage : chaleur, repos de la mâchoire, gouttière.

Questions fréquentes sur le SADAM

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Qu’est-ce que le SADAM ?

Le syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur : des douleurs et gênes des muscles masticateurs et des articulations de la mâchoire, appelées troubles temporo-mandibulaires dans le Manuel MSD.

Quels sont les symptômes du SADAM ?

Douleur de la mâchoire à la mastication, craquements, blocage ou ouverture limitée, maux de tête, parfois douleurs du cou, de l’oreille ou troubles du sommeil.

Quelles sont les causes ?

Le plus souvent une association de tensions musculaires et d’anomalies de l’articulation : serrement ou grincement des dents, disque déplacé, arthrose, dents mal alignées. Le stress peut aggraver.

Comment soigner un SADAM ?

Par des mesures simples (aliments mous, dents séparées, chaleur), une gouttière ajustée par le dentiste et des antalgiques ; parfois de la kinésithérapie. La chirurgie est rare.

La kinésithérapie aide-t-elle ?

Le Manuel MSD indique qu’elle peut être prescrite : étirements, biofeedback, chaleur, électrostimulation. Elle complète les autres mesures, après l’avis du dentiste ou du médecin.

Quand faut-il consulter ?

Si la douleur ou le blocage persiste ou gêne pour manger. Sans attendre si la bouche reste bloquée grande ouverte : c’est une luxation, une urgence dentaire.

Sources

  1. Manuel MSD (version pour le grand public) · Troubles temporo-mandibulaires (TTM), août 2025
  2. Manuel MSD (version pour le grand public) · Les faits en bref : Troubles et dysfonctions temporo-mandibulaires, février 2025

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.