Les symptômes de l’apnée du sommeil
- Ronflement fort et régulier, souvent signalé par l’entourage.
- Pauses respiratoires observées, suivies d’une reprise bruyante.
- Réveils avec sensation d’étouffement.
- Sommeil non réparateur et fatigue au réveil.
- Somnolence dans la journée, endormissements devant la télévision ou au volant.
- Maux de tête le matin, bouche sèche.
- Envies fréquentes d’uriner la nuit.
- Troubles de la concentration, de la mémoire, irritabilité, baisse de la libido.
Qui est concerné ?
- Personnes en surpoids, notamment avec un tour de cou large.
- Hommes plus souvent que femmes ; chez les femmes, le risque augmente après la ménopause.
- Personnes de plus de 50 ans.
- Consommation d’alcool le soir, somnifères, tabac.
- Nez bouché chronique, polypes nasaux, déviation de la cloison.
- Grosses amygdales, mâchoire petite ou reculée.
- Hypertension, diabète de type 2, fibrillation atriale.
L’indice d’apnées-hypopnées (IAH)
La sévérité de l’apnée se mesure par l’indice d’apnées-hypopnées, ou IAH, c’est-à-dire le nombre moyen d’apnées et d’hypopnées par heure de sommeil. Chez l’adulte, on parle d’apnée légère entre 5 et 15 événements par heure, modérée entre 15 et 30, et sévère au-delà de 30. La décision de traitement tient compte de l’IAH, mais aussi des symptômes, de la somnolence et des maladies associées.
Comment se fait le diagnostic ?
Le médecin commence par un entretien sur le sommeil, la somnolence (souvent avec le questionnaire d’Epworth), les antécédents et un examen du nez et de la gorge. Le diagnostic est confirmé par un enregistrement du sommeil : la polygraphie ventilatoire, souvent réalisée à domicile, mesure la respiration, l’oxygène et la position ; la polysomnographie, réalisée en laboratoire du sommeil, enregistre aussi l’activité du cerveau. Selon la HAS, le choix entre ces examens dépend des symptômes et des autres maladies.
Pourquoi faut-il traiter l’apnée du sommeil ?
Les micro-réveils répétés et les baisses d’oxygène nocturnes ont des conséquences. La somnolence augmente le risque d’accident de la route et du travail. L’apnée du sommeil est associée à l’hypertension artérielle, aux troubles du rythme cardiaque, aux maladies cardiovasculaires, au diabète et à des troubles de l’humeur. Le traitement améliore la vigilance, la qualité de vie et contribue au contrôle de la tension.
Les traitements
- Pression positive continue (PPC) : un appareil envoie de l’air par un masque pendant la nuit pour maintenir la gorge ouverte. C’est le traitement de référence des formes modérées à sévères.
- Orthèse d’avancée mandibulaire : une gouttière réalisée sur mesure avance la mâchoire inférieure pendant le sommeil ; elle est proposée dans les formes légères à modérées ou en cas d’intolérance à la PPC.
- Perte de poids : elle réduit la sévérité de l’apnée chez les personnes en surpoids.
- Traitement positionnel : éviter de dormir sur le dos quand les apnées sont surtout positionnelles.
- Arrêt de l’alcool le soir et des somnifères quand c’est possible.
- Chirurgie ORL : amygdales, nez, voile du palais, dans des cas sélectionnés.
Le rôle de l’ORL
L’ORL examine le nez, la gorge et le larynx pour rechercher un obstacle : cloison nasale déviée, polypes, grosses amygdales, voile du palais long. Un nez bouché peut rendre la PPC difficile à supporter : le traiter améliore souvent la tolérance. Dans certaines situations, une endoscopie sous sommeil induit aide à localiser l’obstruction avant une chirurgie. Le ronflement sans apnée est traité dans notre guide sur le ronflement.
Vivre avec une PPC
Les premières semaines demandent un temps d’adaptation. Un masque bien ajusté, un humidificateur en cas de nez sec, et un suivi par le prestataire et le médecin aident à s’habituer. La plupart des personnes ressentent une nette amélioration de leur énergie en quelques semaines. Il est important d’utiliser l’appareil chaque nuit, idéalement toute la nuit, pour en tirer le bénéfice.
Apnée du sommeil chez la femme
L’apnée du sommeil est souvent sous-diagnostiquée chez les femmes, car les symptômes peuvent être différents : fatigue, insomnie, maux de tête, troubles de l’humeur, plutôt que ronflement fort et somnolence. Sa fréquence augmente nettement après la ménopause et pendant la grossesse. Une femme qui se plaint d’un sommeil non réparateur et d’une fatigue persistante, surtout si elle ronfle ou est en surpoids, peut bénéficier d’un enregistrement du sommeil.
Apnée du sommeil et conduite automobile
La somnolence liée à l’apnée du sommeil augmente nettement le risque d’accident de la route. En France, une somnolence excessive non traitée est incompatible avec la conduite tant qu’elle n’est pas contrôlée, et les conducteurs professionnels sont soumis à des règles particulières. Une fois l’apnée traitée et la somnolence disparue, la conduite est généralement de nouveau possible. Votre médecin vous indique la démarche à suivre selon votre situation.
À retenir
- L’apnée du sommeil est due à la fermeture répétée de la gorge pendant le sommeil.
- Ronflement fort, pauses respiratoires et somnolence sont les signes principaux.
- Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil.
- La PPC est le traitement de référence des formes modérées à sévères.
- Ne conduisez pas en cas de somnolence importante.
Questions fréquentes sur l’apnée du sommeil
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Peut-on avoir une apnée du sommeil sans ronfler ?
C’est possible, mais rare ; la plupart des personnes concernées ronflent.
Peut-on guérir de l’apnée du sommeil ?
Une perte de poids importante ou une chirurgie ciblée peuvent la faire disparaître chez certaines personnes ; sinon, le traitement la contrôle.
L’apnée du sommeil fait-elle grossir ?
Le manque de sommeil perturbe les hormones de l’appétit et peut favoriser la prise de poids, ce qui aggrave l’apnée.
Les enfants peuvent-ils avoir des apnées du sommeil ?
Oui, souvent à cause de grosses amygdales et végétations ; un avis ORL est alors utile.
Que signifie un IAH de 20 ?
Vingt apnées ou hypopnées par heure en moyenne, soit une apnée modérée.
Sources
- ameli.fr · Apnée du sommeil
- HAS · Apnées obstructives du sommeil
- Benjafield AV, et al. Estimation of the global prevalence and burden of obstructive sleep apnoea: a literature-based analysis. Lancet Respir Med. 2019
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.