Aller au contenu

Périnée MediBilbao Salud

Incontinence urinaire (fuites urinaires) : types, bilan et traitements

L’incontinence urinaire, ou fuite urinaire, est une perte involontaire des urines. Elle est fréquente, augmente avec l’âge et pèse sur la qualité de vie, mais on en parle peu. Ce guide s’appuie sur les trois pages d’ameli.fr (Assurance Maladie) consacrées à l’incontinence urinaire pour expliquer les types de fuites, leurs causes, le bilan et les traitements, sans remplacer l’avis du médecin.

Thème
Kinésithérapie
Mis à jour
Temps de lecture
9 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Des pertes involontaires et un retentissement au quotidien

Selon ameli.fr, l’incontinence urinaire est un écoulement involontaire et non contrôlable des urines par l’urètre. Elle concerne au moins 2,6 millions de personnes de plus de 65 ans en France, mais peut aussi toucher des personnes plus jeunes. Sa fréquence est difficile à estimer, car peu de personnes consultent, pensant que c’est lié au vieillissement.

Les fuites ont un lourd retentissement : tendance à s’isoler, à réduire ses activités par peur des accidents, fatigue due aux réveils nocturnes pour uriner. La difficulté à en parler à l’entourage et au médecin accentue ces gênes. ameli.fr insiste pourtant sur le fait qu’un traitement est possible et efficace, et qu’il est important d’en parler dès les premiers symptômes.

Effort, urgenturie et formes mixtes

  • Incontinence d’effort (40 % des cas) : une fuite sans besoin d’uriner préalable, lors d’un effort qui augmente la pression dans le ventre (marche, saut, port de charge, changement de position) ou d’un effort minime comme la toux, le rire ou un éternuement. Les fuites se font par petits jets, de quelques gouttes à plusieurs millilitres, d’abord lors d’efforts intenses puis d’efforts plus faibles.
  • Incontinence par urgenturie ou hyperactivité de la vessie (10 % des cas) : une fuite précédée d’un besoin soudain et irrépressible d’uriner, sans que la vessie soit forcément pleine, qui ne laisse pas le temps d’arriver aux toilettes. Elle survient au repos, en dehors de tout effort, même la nuit, parfois déclenchée par le bruit de l’eau, un fou rire ou une frayeur.
  • Incontinence mixte (50 % des cas) : elle associe les deux types de symptômes.

Pour comprendre ces mécanismes : quand la vessie se remplit, le besoin d’uriner apparaît, et le sphincter de l’urètre et les muscles du périnée se contractent pour retenir l’urine. Selon ameli.fr, les fuites viennent d’un affaiblissement des tissus et muscles du périnée qui soutiennent l’urètre, et d’une faiblesse du sphincter urinaire. Notre guide sur le périnée décrit ces muscles.

Difficulté à vider la vessie : un autre mécanisme

ameli.fr met en garde : il ne faut pas confondre l’incontinence urinaire avec la miction par regorgement. Dans ce cas, la vessie, trop pleine, se vide au goutte-à-goutte. Des médicaments qui distendent la vessie sont fréquemment en cause.

C’est pourquoi le médecin demande s’il existe d’autres troubles urinaires, comme un besoin fréquent d’uriner ou une difficulté à vider la vessie (devoir pousser pour uriner). Une fuite au goutte-à-goutte n’est pas forcément une faiblesse du périnée, et des exercices de renforcement ne répondent pas à ce problème. Seul un bilan permet de faire la différence.

Causes et facteurs chez les femmes et chez les hommes

ameli.fr cite de nombreuses causes selon le type de fuites :

  • fuites d’effort : suites d’une grossesse ou d’un accouchement difficile ou compliqué, prolapsus génital chez la femme, chirurgie de la prostate chez l’homme, chirurgie de l’abdomen ou du petit bassin ;
  • hyperactivité de la vessie : cystite ou pyélonéphrite aiguë, cancer de la vessie, séquelles de radiothérapie du bassin, rétrécissement de l’urètre, augmentation du volume de la prostate, maladies neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, paraplégie, démences) ;
  • âges de la vie : grossesse (les fuites disparaissent le plus souvent après l’accouchement), ménopause, vieillissement chez l’homme comme chez la femme ;
  • état de santé : surpoids, constipation chronique, toux chronique, certains médicaments comme les diurétiques ou les sédatifs, surtout en cas de traitements multiples ;
  • mode de vie : consommation excessive de liquides, de caféine, d’alcool, tabac, mobilité réduite, sports qui sollicitent beaucoup le périnée (course, sauts, musculation…), qui peuvent révéler une fragilité.

Selon ameli.fr, les fuites concernent environ une femme sur trois après 70 ans, 7 à 8 % des hommes de 65 ans et plus de 28 % des hommes de plus de 90 ans. Elles peuvent aussi survenir chez des femmes sans facteur prédisposant, n’ayant pas accouché.

Décrire les fuites sans honte ni autodiagnostic

Pour préparer la consultation, ameli.fr propose des questions sur les quatre dernières semaines : les troubles vous ont-ils gêné à l’extérieur ? Vous êtes-vous réveillé mouillé ? Avez-vous utilisé des protections ? Avez-vous dû interrompre vos activités ? Avez-vous peur que les autres s’en aperçoivent ? Ces questions servent à mesurer le retentissement, pas à poser un diagnostic.

Il est utile de noter quand les fuites ont commencé, dans quelles circonstances (effort, besoin pressant, nuit), leur nombre et leur abondance, les médicaments pris et les autres troubles urinaires. Réduire fortement les boissons pour masquer les fuites ou arrêter un traitement de soi-même n’est pas conseillé : ces changements se discutent avec le médecin.

Consultation et examens selon la situation

Le médecin traitant interroge sur l’ancienneté et les circonstances des fuites, les autres troubles urinaires, le retentissement, les grossesses et accouchements, les autres problèmes de santé, le mode de vie et les traitements. Il réalise un examen neurologique et urologique et, chez la femme, un examen gynécologique à la recherche d’un prolapsus. Il coordonne, si besoin, les avis d’un urologue, d’un radiologue ou d’un gynéco-obstétricien.

Il peut proposer un calendrier mictionnel sur deux à trois jours : nombre et heures des mictions, volume, nombre et circonstances des fuites. Selon la situation, il peut demander une analyse d’urine à la recherche d’une cystite, une échographie, un bilan urodynamique (qui mesure le débit, le résidu d’urine après la miction et les pressions dans la vessie) ou, dans certains cas, des examens spécialisés. Ces examens ne sont pas systématiques pour tous.

Corriger les facteurs favorisants, au cas par cas

ameli.fr indique que la correction de la maladie en cause ou des facteurs favorisants est indispensable, et que le traitement de la cause est proposé chaque fois que possible. Il cite par exemple : perdre du poids si besoin, éviter la constipation, arrêter le tabac, modifier un traitement en cours, traiter une infection urinaire ou une atrophie vaginale à la ménopause, diminuer les boissons le soir après 18 heures.

Ces mesures sont choisies par le médecin traitant en concertation avec la personne, selon la cause, le type d’incontinence et la gêne ressentie. Elles ne signifient pas boire trop peu dans la journée, ni arrêter toute activité sportive : le traitement comportemental décrit par ameli.fr vise à adapter la consommation de liquides et à reprogrammer les mictions progressivement.

Une rééducation adaptée au type de fuites

La rééducation périnéo-sphinctérienne est le traitement initial de l’incontinence d’effort. Réalisée par un kinésithérapeute, ou par une sage-femme après un accouchement, elle renforce les muscles du plancher pelvien et aide à retrouver le contrôle des sphincters. Elle repose sur une prise de conscience des muscles, des exercices de contraction et de relâchement, et parfois un biofeedback (un signal visuel ou sonore qui montre l’activité du périnée). Elle demande la coopération de la personne, avec un travail à la maison expliqué par le rééducateur.

Pour l’incontinence par urgenturie ou mixte, la rééducation est aussi recommandée, avec l’électrostimulation fonctionnelle et la rééducation comportementale. Selon ameli.fr, cette rééducation améliore les symptômes dans de nombreux cas. Les exercices sont choisis après évaluation : un programme identique pour tous, ou des exercices commencés sans savoir quel mécanisme est en cause, ne correspondent pas à ce que décrivent les sources.

Ce que les sources nuancent

  • Médicaments : ameli.fr indique qu’aucun médicament n’est efficace dans l’incontinence d’effort. Des antispasmodiques (anticholinergiques) peuvent être prescrits dans l’incontinence par hyperactivité de la vessie ou mixte, en première intention ou après échec du traitement comportemental ; ils peuvent donner une sécheresse de la bouche, des vertiges ou une constipation. Il n’existe donc pas de « meilleur médicament » pour toutes les fuites.
  • Traitement hormonal local : après la ménopause, un traitement vaginal local par œstrogènes peut améliorer l’incontinence associée à une sécheresse vaginale, sans être un traitement direct des fuites.
  • Boissons du soir : la réduction des boissons après 18 heures est un exemple cité par ameli.fr parmi d’autres, pas une règle valable pour tous.
  • Pas de faute : le poids, le sport ou l’âge sont des facteurs, pas des reproches. Les fuites ne sont pas une fatalité liée au vieillissement.
  • Dates : les trois pages d’ameli.fr datent de janvier à avril 2026.

En résumé : chirurgie, suivi et réévaluation

Quand des fuites persistent malgré le traitement de la cause, la rééducation et les médicaments, une chirurgie peut être proposée en deuxième intention, après un bilan urodynamique et une décision prise avec une équipe pluridisciplinaire. Les techniques dépendent du mécanisme : bandelettes de soutien de l’urètre, ballons ajustables, injections autour de l’urètre ou sphincter artificiel. Les complications sont rares mais existent, comme des douleurs, des difficultés à uriner ou une érosion par la bandelette. Après échec des traitements de l’hyperactivité de la vessie, des techniques très spécifiques peuvent être discutées avec un urologue ou un gynécologue.

L’incontinence urinaire est fréquente et se traite. Le parcours commence par le médecin traitant, qui identifie le type de fuites et la cause, puis propose en premier lieu la rééducation. Toute modification des fuites, une difficulté nouvelle à vider la vessie ou des brûlures urinaires méritent d’être signalées pour réévaluer la situation.

Questions fréquentes sur l’incontinence urinaire

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Quelles sont les causes possibles des fuites urinaires ?

Un affaiblissement du périnée ou du sphincter, après une grossesse, un accouchement, une chirurgie de la prostate ou du bassin, mais aussi une infection urinaire, une maladie neurologique, certains médicaments, le surpoids, la constipation ou la toux chronique.

Quels sont les principaux types d’incontinence ?

L’incontinence d’effort (fuites en toussant, riant, portant), l’incontinence par urgenturie (fuites précédées d’un besoin pressant) et la forme mixte, qui associe les deux et représente la moitié des cas selon ameli.fr.

Comment peut-on prendre en charge les fuites ?

En traitant la cause et les facteurs favorisants, puis par la rééducation périnéo-sphinctérienne ou comportementale, premier traitement proposé. Médicaments et chirurgie se discutent selon le type de fuites et la gêne.

Existe-t-il un médicament adapté à toutes les fuites ?

Non. Selon ameli.fr, aucun médicament n’est efficace dans l’incontinence d’effort. Des antispasmodiques peuvent être prescrits dans l’incontinence par hyperactivité de la vessie ou mixte.

Faut-il réduire les boissons ?

Pas de soi-même. ameli.fr cite une consommation excessive de liquides comme facteur et propose d’adapter les boissons, par exemple le soir. Ces ajustements se décident avec le médecin, sans boire trop peu.

Les exercices du périnée conviennent-ils à tout le monde ?

Ils sont le traitement initial de l’incontinence d’effort et sont aussi recommandés dans les formes par urgenturie ou mixtes, mais ils sont choisis après un bilan. Une vessie qui se vide mal relève d’un autre mécanisme.

Sources

  1. ameli.fr (Assurance Maladie) · Incontinence urinaire : mécanisme, fréquence et causes, 10/04/2026
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Symptômes et diagnostic de l’incontinence urinaire, 12/01/2026
  3. ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de l’incontinence urinaire, 19/02/2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.