Qu’est-ce que le diastasis des grands droits ?
Le diastasis correspond à une augmentation de la distance entre les bords internes des deux muscles grands droits, avec un amincissement et une distension de la ligne blanche. On le mesure en largeur de doigts ou en centimètres, au-dessus, au niveau et en dessous du nombril. Un écart de plus de deux centimètres environ est souvent considéré comme un diastasis.
Ce n’est pas une déchirure des muscles mais un étirement du tissu qui les relie. La qualité de la ligne blanche, c’est-à-dire sa capacité à se tendre quand on contracte les abdominaux, compte autant que la largeur de l’écart.
Qui est concerné ?
- Les femmes enceintes, surtout au troisième trimestre.
- Les femmes après l’accouchement, en particulier après plusieurs grossesses, une grossesse multiple ou un gros bébé.
- Les femmes de plus de 35 ans.
- Les personnes en surpoids ou qui ont pris beaucoup de poids au niveau du ventre.
- Les nouveau-nés, chez qui un petit diastasis est fréquent et disparaît en grandissant.
- Les hommes plus rarement, notamment en cas d’obésité abdominale ou d’efforts de poussée répétés.
Les symptômes du diastasis
- Ventre qui reste bombé après la grossesse, parfois comme « enceinte de quelques mois ».
- Boudin ou crête au milieu du ventre en se redressant de la position allongée.
- Sensation de vide ou de mollesse au-dessus ou au-dessous du nombril.
- Sensation de faiblesse du tronc, difficulté à porter des charges.
- Douleurs du bas du dos ou du bassin chez certaines femmes.
- Parfois une hernie ombilicale associée.
- Des fuites urinaires peuvent coexister ; elles sont liées au périnée et se rééduquent aussi.
Comment vérifier si l’on a un diastasis ?
- Allongez-vous sur le dos, genoux pliés, pieds au sol.
- Posez le bout des doigts à l’horizontale sur la ligne médiane, au niveau du nombril.
- Soulevez doucement la tête et les épaules comme pour regarder vos genoux.
- Sentez l’écart entre les deux bords des muscles et comptez combien de doigts y entrent.
- Répétez au-dessus et en dessous du nombril.
- Notez aussi si le tissu au fond est ferme ou très mou. Un professionnel (kinésithérapeute, sage-femme, médecin) peut confirmer la mesure, parfois par échographie.
Le diastasis disparaît-il tout seul ?
Dans de nombreux cas, l’écart diminue nettement dans les deux à trois premiers mois après l’accouchement. Au-delà de six mois à un an, la fermeture spontanée devient moins probable, mais la fonction du ventre peut encore beaucoup s’améliorer avec des exercices. L’objectif n’est pas forcément que les muscles se « touchent », mais que le ventre soit capable de transmettre les efforts sans douleur ni gêne.
Ce que montrent les études
La revue systématique publiée dans Physiotherapy en 2014 suggère que l’exercice pendant et après la grossesse pourrait réduire la présence et la largeur du diastasis, mais la qualité des études était faible. L’essai randomisé de Gluppe et ses collègues (2018) chez des femmes après une première grossesse n’a pas trouvé de différence de fréquence du diastasis entre un programme d’entraînement postnatal centré sur le plancher pelvien et l’absence de programme.
En pratique, on sait que l’activité physique est bénéfique et sans danger après la grossesse, et qu’il n’est pas nécessaire d’éviter totalement les exercices abdominaux. Le programme doit être progressif et adapté aux sensations.
Exercices pour le diastasis
- Respiration et transverse : allongée, inspirez, puis en expirant rentrez doucement le bas du ventre vers la colonne, 10 fois.
- Bascule du bassin en associant l’expiration et la contraction du périnée.
- Pont fessier en gardant le ventre engagé.
- Gainage progressif : sur les genoux, puis en planche, en surveillant que le ventre ne fait pas de « dôme ».
- Exercices fonctionnels : se relever en passant par le côté, porter le bébé près du corps.
- Les abdominaux classiques (crunchs) ne sont pas interdits, mais ils sont introduits progressivement si la ligne médiane reste contrôlée.
Opération du diastasis : quand l’envisager ?
La chirurgie (plicature des grands droits, parfois associée à une abdominoplastie) peut être proposée quand le diastasis reste large et gênant plus d’un an après la dernière grossesse, malgré une rééducation bien conduite, ou quand une hernie ombilicale ou de la ligne blanche est associée. Elle se discute avec un chirurgien viscéral ou plasticien. Il est en général conseillé de l’envisager après avoir terminé ses grossesses. La prise en charge par l’Assurance Maladie dépend de critères précis, à vérifier avec le chirurgien.
À retenir
- Le diastasis est un écartement des grands droits très fréquent après la grossesse.
- Il diminue souvent spontanément dans les premiers mois.
- Des exercices progressifs aident à retrouver un ventre fonctionnel.
- Une rééducation du périnée est souvent utile en parallèle.
- La chirurgie est réservée aux formes gênantes persistantes ou avec hernie.
Questions fréquentes sur le diastasis abdominal
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Le diastasis est-il dangereux ?
Non, il n’est pas dangereux en soi. Une hernie associée doit cependant être surveillée.
Peut-on faire des abdominaux avec un diastasis ?
Oui, de façon progressive et adaptée ; il n’est pas nécessaire de les éviter totalement.
Combien de temps pour réduire un diastasis ?
Une amélioration est souvent visible en quelques mois d’exercices réguliers.
Une gaine aide-t-elle le diastasis ?
Elle peut apporter du confort dans les premières semaines, mais elle ne remplace pas les exercices.
Le diastasis empêche-t-il une nouvelle grossesse ?
Non, mais il peut s’accentuer ; une rééducation avant et après aide.
Sources
- Benjamin DR, et al. Effects of exercise on diastasis of the rectus abdominis muscle in the antenatal and postnatal periods: a systematic review. Physiotherapy. 2014
- Gluppe SL, et al. Effect of a postpartum training program on the prevalence of diastasis recti abdominis in postpartum primiparous women: a randomized controlled trial. Phys Ther. 2018
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.