Céphalée : définition
Ameli.fr définit le mal de tête, ou céphalée, comme toute plainte douloureuse centrée sur la région crânienne. Le Manuel MSD l’étend au haut du cou, au visage et à l’intérieur de la tête. C’est l’une des raisons les plus fréquentes de consultation ; il touche les adultes, mais aussi 50 à 60 % des enfants et adolescents selon ameli.fr.
Il n’existe pas un mais plusieurs types de maux de tête. Ils se distinguent par leur mode de survenue (brutal ou progressif), leur localisation, leur intensité, leurs circonstances, leur durée et les symptômes associés (fièvre, nausées, engourdissement…). La migraine est l’un de ces types : toute céphalée n’est pas une migraine, et la seule localisation de la douleur ne suffit pas à poser un diagnostic.
Céphalées primaires et secondaires
Le Manuel MSD sépare deux grands groupes :
- céphalées primaires, qui ne sont pas causées par un autre trouble : céphalée de tension (la plus fréquente), migraine, algie vasculaire de la face et d’autres formes rares ;
- céphalées secondaires, dues à un autre problème : infection (grippe, sinusite, méningite), traumatisme crânien, troubles des yeux, des dents, des mâchoires ou du cou, intoxication, maladie du cerveau.
Ameli.fr cite parmi les causes plus rares la céphalée après un traumatisme crânien, la « gueule de bois », la maladie de Horton chez les personnes âgées, le glaucome, l’intoxication au monoxyde de carbone par un chauffage défectueux, la névralgie d’Arnold ou la névralgie du trijumeau relevant, elles, de douleurs de nerfs.
Céphalée de tension
Selon ameli.fr, c’est la cause la plus fréquente des maux de tête prolongés. Elle est épisodique ou parfois chronique (plus de 15 jours par mois), débute souvent à l’adolescence et est bien moins invalidante que la migraine. Ses caractéristiques :
- douleur continue, modérée et diffuse, non pulsatile, avec une sensation de pression ou d’étau des deux côtés du crâne ;
- pas de nausées ni de vomissements, pas d’aggravation à l’effort ;
- impression de tête vide ou lourde, difficultés de concentration ;
- souvent en fin de journée.
Ameli.fr la décrit comme souvent liée au stress, à la fatigue ou à une tension psychologique et associée à une contracture des muscles du cou ; ce n’est pas une règle absolue, et « peu grave » ne veut pas dire « sans retentissement ».
Migraine
La migraine évolue par crises. Ameli.fr reprend les critères utilisés par les médecins : au moins cinq crises, chacune avec au moins deux des signes suivants — douleur d’un côté, pulsatile, modérée ou sévère, aggravée par l’effort — et au moins un signe associé : nausées ou vomissements, gêne à la lumière ou au bruit.
Le Manuel MSD précise que la douleur siège en général d’un côté, mais parfois des deux, dure de quelques heures à quelques jours et peut être précédée d’une aura (troubles visuels, de la sensibilité ou de la parole temporaires). Chez l’enfant, les crises sont plus brèves et la douleur souvent frontale ou des deux côtés.
Ces critères décrivent la maladie ; ils ne demandent pas d’attendre cinq crises pour consulter.
Algie vasculaire de la face
Ameli.fr décrit une céphalée sans cause retrouvée, caractérisée par des douleurs extrêmement sévères d’un seul côté, autour de l’œil, du front ou de la tempe, par crises de 15 minutes à 3 heures, jusqu’à plusieurs fois par jour. Du même côté, l’œil rougit et larmoie, la paupière gonfle et tombe, le nez peut couler ou se boucher. Entre les crises, il n’y a pas de douleur.
Le Manuel MSD ajoute que les crises surviennent souvent à la même heure et que la personne a du mal à rester couchée. C’est une forme peu fréquente, qui relève d’un avis médical.
Céphalée par abus de médicaments
Ameli.fr explique que la consommation excessive d’antalgiques chez une personne migraineuse peut aboutir à une céphalée chronique quotidienne. Le Manuel MSD décrit ces céphalées comme chroniques, souvent quotidiennes et présentes au réveil, chez des personnes qui ont une migraine ou une céphalée de tension et prennent trop souvent des antalgiques, de la caféine ou des médicaments de la crise migraineuse.
Les céphalées sont aussi fréquentes à l’arrêt de la caféine ou d’antalgiques pris longtemps. N’arrêtez pas brutalement vos traitements de vous-même : parlez-en au médecin, qui organisera le sevrage si nécessaire.
Signes d’alerte : consulter en urgence
Le Manuel MSD liste des signes qui imposent de consulter immédiatement ; un seul suffit :
- mal de tête brutal et intense, qui atteint son maximum en quelques secondes (céphalée « en coup de tonnerre ») ;
- fièvre avec raideur de la nuque ;
- troubles de la vue ou de la sensibilité, faiblesse soudaine, perte de coordination, convulsions, difficulté à parler ou à comprendre ;
- somnolence ou confusion ;
- sensibilité de la tempe ou douleur de la mâchoire en mâchant, surtout après 50 ans ;
- yeux rouges avec halos autour des lumières ;
- mal de tête chez une personne atteinte de cancer ou à l’immunité affaiblie, fièvre ou perte de poids, céphalée qui s’aggrave progressivement ou qui commence après 50 ans.
En cas de signe brutal ou neurologique, appelez le 15 ou le 112. Ameli.fr cite parmi ces urgences rares l’AVC, l’hémorragie méningée, l’hypertension intracrânienne et la méningite. Un mal de tête différent de tous ceux que vous avez connus, ou des maux de tête habituels devenus inhabituellement intenses, justifient d’appeler un médecin.
Ce que fait le médecin
Le médecin cherche d’abord si la céphalée a une autre cause et si un trouble grave est possible, puis quel type de céphalée primaire est en jeu. Il demande la fréquence, la durée, la localisation, l’intensité, le type de douleur (pulsatile, en étau, en coup de poignard), les symptômes associés, le temps mis pour atteindre le maximum, ce qui déclenche, aggrave ou soulage. Il s’informe aussi des médicaments, de la caféine, des cas familiaux, d’un choc récent à la tête ou d’une ponction lombaire.
Selon le Manuel MSD, la plupart des personnes n’ont pas besoin d’examen. Une IRM ou un scanner sont réalisés, parfois en urgence, si un trouble grave est suspecté ; une ponction lombaire si une méningite ou une hémorragie est envisagée. L’absence d’un signe d’alerte n’exclut pas tout : c’est l’examen médical qui décide.
Soulager, prévenir et nuances des sources
Le traitement dépend de la cause. Pour une céphalée de tension ou accompagnant une infection virale mineure, le Manuel MSD indique qu’un antalgique simple ou un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) peut soulager, en respectant les contre-indications et sans en abuser. Les traitements de la migraine et de l’algie vasculaire relèvent du médecin.
- Hypertension : ameli.fr indique que des maux de tête peuvent survenir quand l’hypertension est mal contrôlée ; le Manuel MSD précise qu’elle n’en provoque généralement pas, sauf si elle est extrême. Ce n’est donc pas une explication habituelle.
- Fatigue visuelle : le Manuel MSD dit qu’elle ne cause généralement pas de céphalée ; ameli.fr cite les troubles de la réfraction chez l’enfant.
- Personnes âgées : une céphalée nouvelle après 50 ans doit faire rechercher une autre cause, et certains médicaments de la migraine leur sont plus souvent contre-indiqués.
- Orientation : parlez-en à votre médecin traitant ou à un neurologue ; notre centre ne prend pas en charge les céphalées.
En résumé : tenir un carnet de céphalées
La céphalée regroupe des maux de tête très différents, le plus souvent bénins (céphalée de tension, migraine), plus rarement liés à une autre maladie. Un mal de tête brutal, avec fièvre et raideur de nuque, ou avec un trouble neurologique, impose les urgences. Sinon, le médecin identifie le type à partir de vos réponses et de l’examen, souvent sans examen complémentaire.
- notez la date, l’heure, la durée et l’intensité de chaque épisode ;
- décrivez le côté, le type de douleur et les signes associés (nausées, gêne à la lumière, aura) ;
- notez les déclencheurs possibles : sommeil, repas sautés, alcool, effort, règles ;
- consignez chaque prise d’antalgique et son effet, pour repérer un abus éventuel ;
- le Manuel MSD conseille de préparer ces réponses avant la consultation.
Questions fréquentes sur la céphalée
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Quels sont les différents types de céphalée ?
Les céphalées primaires (tension, migraine, algie vasculaire de la face) et les céphalées secondaires, dues à une autre cause : infection, traumatisme, médicaments, maladie des yeux ou du cerveau.
Quand un mal de tête doit-il inquiéter ?
S’il est brutal et intense, avec fièvre et raideur de nuque, trouble de la vue ou de la parole, faiblesse, convulsions ou confusion : appelez le 15 ou le 112. Un seul signe suffit.
Quelle est la différence entre céphalée et migraine ?
Céphalée désigne tout mal de tête ; la migraine est un type de céphalée, qui évolue par crises souvent pulsatiles, avec nausées ou gêne à la lumière et au bruit.
Qu’est-ce qu’une céphalée de tension ?
La forme la plus fréquente : douleur modérée, diffuse, en pression des deux côtés, sans nausées ni aggravation à l’effort, souvent en fin de journée (ameli.fr).
Les médicaments peuvent-ils donner mal à la tête ?
Oui : la prise trop fréquente d’antalgiques peut entraîner une céphalée chronique quotidienne, et l’arrêt de la caféine ou d’antalgiques aussi. Parlez-en au médecin avant tout arrêt.
Quand consulter un médecin ?
En urgence devant un signe d’alerte ; sinon si les maux de tête sont fréquents, nouveaux, différents d’habitude, plus intenses ou s’ils commencent après 50 ans.
Sources
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Mal de tête (céphalée) : définition et causes, 29/06/2026
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Présentation des céphalées, février 2025 (mis à jour août 2025)
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
