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Maladie de Parkinson : symptômes, causes et traitements

La maladie de Parkinson ne se résume pas au tremblement : elle ralentit les mouvements, raidit les muscles et s’accompagne souvent de troubles du sommeil, de l’odorat, de la voix ou de la déglutition. Aucun traitement ne la guérit, mais les médicaments, la kinésithérapie, l’activité physique et l’orthophonie améliorent nettement le quotidien. Ce guide s’appuie sur le dossier de l’Inserm sur la maladie de Parkinson (février 2022), sur la page « Traitement de la maladie de Parkinson » d’ameli.fr (Assurance Maladie, août 2025) et sur la fiche « Les faits en bref » du Manuel MSD grand public (avril 2025).

Thème
Orthophonie
Mis à jour
Temps de lecture
8 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?

Selon l’Inserm, la maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive, caractérisée par la destruction de certains neurones du cerveau et par l’accumulation d’amas de protéines toxiques pour les cellules nerveuses. Les neurones les plus touchés produisent la dopamine, un messager chimique qui intervient dans les mouvements volontaires, mais aussi dans la cognition, la motivation et les émotions.

C’est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente en France après la maladie d’Alzheimer. Elle est très rare avant 45 ans et devient plus fréquente avec l’âge. L’Inserm indique qu’environ 167 000 personnes étaient traitées pour une maladie de Parkinson en France en 2015. Le Manuel MSD rappelle que la maladie est incurable, mais que des traitements permettent de contrôler les symptômes.

Symptômes moteurs

L’Inserm explique que la maladie commence de façon insidieuse : le cerveau compense pendant plusieurs années la baisse de dopamine, et les symptômes n’apparaissent que lorsque 50 à 70 % des neurones à dopamine ont disparu. Les trois signes moteurs principaux sont :

  • l’akinésie : difficulté à démarrer un mouvement, avec lenteur et pauvreté des gestes ; elle se traduit par des difficultés dans les gestes fins, une écriture qui rapetisse, une marche lente et hésitante ou du mal à se retourner dans son lit ;
  • la rigidité des membres ;
  • le tremblement, qui survient typiquement au repos.

Ces signes ne sont pas tous présents en même temps, n’ont pas la même intensité et restent longtemps d’un seul côté du corps. Le tremblement n’est donc pas obligatoire pour parler de maladie de Parkinson. Le Manuel MSD ajoute les problèmes d’équilibre, la difficulté à se lever ou à s’asseoir, un clignement des yeux moins fréquent et des troubles de la déglutition.

Symptômes non moteurs

L’Inserm souligne que les symptômes non moteurs concernent jusqu’à 70 % des patients et peuvent devenir plus gênants que les troubles du mouvement :

  • troubles du sommeil, dont des mouvements brusques pendant les rêves (troubles du comportement en sommeil paradoxal) ;
  • diminution ou perte de l’odorat ;
  • constipation et autres troubles digestifs ;
  • envies pressantes d’uriner ;
  • douleurs, troubles de l’équilibre ;
  • dépression et troubles cognitifs.

Certains de ces signes, comme les troubles du sommeil paradoxal ou les troubles digestifs, peuvent apparaître plusieurs années avant les troubles moteurs. Le Manuel MSD indique qu’environ une personne sur trois atteinte de la maladie de Parkinson développe une démence au fil de l’évolution.

Causes et facteurs de risque

L’origine exacte de la dégénérescence des neurones reste incertaine et probablement multifactorielle : l’âge, la génétique et l’environnement sont vraisemblablement impliqués. L’Inserm précise que la plupart des cas sont sporadiques : des antécédents familiaux existent chez environ 15 % des patients, et une origine génétique liée à un seul gène n’est retrouvée que dans 5 % des cas.

Côté environnement, le rôle de l’exposition aux pesticides ou à certains métaux est bien établi selon l’Inserm ; en France, la maladie figure d’ailleurs au tableau des maladies professionnelles du régime agricole. Le Manuel MSD rappelle aussi que d’autres maladies du cerveau, certains médicaments ou certaines toxines peuvent provoquer des symptômes proches (on parle alors de syndrome parkinsonien), ce que le médecin doit écarter.

Comment se pose le diagnostic ?

L’Inserm qualifie le diagnostic de délicat : les symptômes s’installent lentement et aucun n’est spécifique ni toujours présent. Il n’existe pas d’analyse de sang ni d’examen d’imagerie qui confirme la maladie avec certitude. Le diagnostic est posé par un neurologue à partir de l’examen clinique.

Le Manuel MSD indique que le médecin s’appuie sur les symptômes et l’examen, et qu’un scanner (TDM) ou une IRM peut aider à vérifier qu’un autre trouble cérébral n’explique pas les symptômes. L’amélioration sous traitement dopaminergique conforte ensuite le diagnostic, selon l’Inserm.

Traitements médicamenteux

Ameli.fr résume l’objectif : compenser le manque de dopamine pour corriger les symptômes moteurs, sans empêcher la progression de la maladie. Le médecin traitant et le neurologue élaborent un plan personnalisé, adapté régulièrement. Les grandes familles de médicaments dopaminergiques décrites par ameli.fr sont :

  • le précurseur de la dopamine, transformé en dopamine dans le cerveau, traitement de référence selon l’Inserm ;
  • les agonistes dopaminergiques, qui agissent sur les récepteurs de la dopamine ;
  • les inhibiteurs d’enzymes (COMT et MAO-B), qui freinent la dégradation de la dopamine ;
  • un médicament qui favoriserait la libération de dopamine.

Après plusieurs années, l’effet devient plus irrégulier : alternance de périodes de bonne mobilité et de blocage (« on-off ») et mouvements involontaires (dyskinésies). Le médecin peut alors fractionner les prises ou changer de forme. La stimulation cérébrale profonde, avec des électrodes implantées dans le cerveau, est réservée aux formes sévères mal contrôlées par les médicaments ; elle améliore les fluctuations motrices mais ne guérit pas la maladie. Toute modification de dose ou d’horaire se décide avec le médecin.

Kinésithérapie et activité physique

Ameli.fr juge la kinésithérapie essentielle pour entretenir les muscles et les articulations, maintenir la marche et l’équilibre et prévenir les chutes. Elle est d’abord préventive, puis corrige les troubles observés. L’ergothérapie aide à adapter le logement et les gestes de la vie quotidienne.

Une activité physique régulière améliore, selon ameli.fr, la vitesse et la longueur du pas, l’équilibre, la mobilité, le moral, les troubles cognitifs et la qualité de vie ; elle agit sur des symptômes peu sensibles aux médicaments. Le programme (endurance, renforcement, souplesse, équilibre, marche) est établi par le médecin en tenant compte des contre-indications. Le Manuel MSD conseille aussi de rester actif au quotidien, de retirer les tapis et d’installer des barres d’appui.

Voix, parole et déglutition : l’orthophonie

Le Manuel MSD cite parmi les symptômes une voix de faible intensité, des hésitations proches du bégaiement et des problèmes de déglutition. Ameli.fr indique que la rééducation orthophonique permet de prévenir ou de corriger les troubles cognitifs, les difficultés à avaler ou à parler, la diminution de l’expression du visage et la gêne à l’écriture ; l’Inserm la cite aussi parmi les approches non médicamenteuses importantes.

Une toux pendant les repas, des aliments qui « passent de travers » ou une voix qui faiblit doivent être signalés : ils justifient un bilan avant toute adaptation des textures ou des exercices. Pour les adultes avec une maladie de Parkinson diagnostiquée, l’équipe d’orthophonie de notre centre de Bilbao peut évaluer la voix, la parole et la déglutition et proposer une rééducation, en complément du suivi neurologique (les consultations se déroulent en espagnol). Pour les fausses routes en général, voir aussi notre guide sur la dysphagie.

Vivre avec la maladie de Parkinson

  • Évolution : l’Inserm décrit une phase précoce (signes d’un seul côté), une phase « compliquée » (atteinte des deux côtés) et une phase tardive de perte d’autonomie ; le rythme varie beaucoup d’une personne à l’autre.
  • Espérance de vie : les sources consultées ne donnent pas de chiffre universel ; le pronostic se discute avec le neurologue.
  • Recherche : l’Inserm présente des pistes (thérapies géniques, cellulaires, traitements visant à ralentir la maladie) qui relèvent de la recherche et ne font pas partie des soins actuels.
  • Alimentation et prises : ne modifiez ni les doses ni l’organisation des repas autour des médicaments sans avis médical.
  • Aidants : le Manuel MSD rappelle que le rôle d’aidant est fatigant ; les groupes de soutien et les directives anticipées rédigées à temps peuvent aider.

Signes à signaler à l’équipe soignante

Ameli.fr insiste : les médicaments dopaminergiques peuvent entraîner des effets indésirables, parfois graves, même à faible dose ou après des années, et la personne n’en a pas toujours conscience. L’entourage joue donc un rôle clé. Voici un repère à garder sous la main :

Ce que vous remarquezQue faire
Jeux d’argent, achats ou pulsions sexuelles inhabituels, boulimieConsulter rapidement le médecin traitant
Somnolence, accès de sommeil soudains, hallucinations, délireConsulter rapidement ; ne pas conduire
Nausées, vertiges en se levant, transpirationEn parler au médecin
Blocages « on-off », mouvements involontaires, chutesLe signaler au neurologue
Toux aux repas, voix plus faible, parole moins claireDemander un bilan orthophonique

Ameli.fr recommande aussi de garder sur soi une carte indiquant son traitement, utile en cas d’hospitalisation.

Questions fréquentes sur la maladie de Parkinson

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Quels sont les premiers symptômes de la maladie de Parkinson ?

Le Manuel MSD cite le tremblement des doigts ou des mains au repos, des mouvements lents et difficiles à initier et une baisse de l’odorat. Troubles du sommeil ou constipation peuvent précéder les signes moteurs.

Quelle est la cause de la maladie de Parkinson ?

La disparition progressive de neurones produisant la dopamine. Sa cause exacte reste incertaine : l’âge, la génétique et l’environnement, notamment les pesticides, sont impliqués selon l’Inserm.

Comment diagnostique-t-on la maladie de Parkinson ?

Par l’examen d’un neurologue. Aucune prise de sang ni imagerie ne la confirme ; scanner ou IRM servent surtout à écarter une autre cause.

Quels sont les traitements de la maladie de Parkinson ?

Des médicaments dopaminergiques, la kinésithérapie, l’activité physique adaptée, l’orthophonie, l’ergothérapie et, dans les formes sévères, la stimulation cérébrale profonde. Aucun ne guérit la maladie.

La maladie de Parkinson affecte-t-elle la voix et la déglutition ?

Oui : voix faible, parole moins claire et difficultés à avaler sont possibles. La rééducation orthophonique aide à les prévenir ou à les corriger, après un bilan.

Quelle est l’espérance de vie avec la maladie de Parkinson ?

Les sources consultées ne donnent pas de chiffre universel. L’évolution est lente et très variable ; le neurologue est le mieux placé pour en parler.

Sources

  1. Inserm · Maladie de Parkinson (dossier), publié le 17/02/2022
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de la maladie de Parkinson, 28/08/2025
  3. Manuel MSD (version pour le grand public) · Les faits en bref : maladie de Parkinson (MP), juin 2024 (mis à jour avril 2025)

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.