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Syndrome de Gilles de la Tourette : comprendre les tics et soutenir la personne

Le syndrome de Gilles de la Tourette, aussi appelé syndrome de la Tourette, associe des tics moteurs et des tics vocaux qui durent depuis plus d’un an. Il commence dans l’enfance et son image publique, centrée sur les insultes, est trompeuse. Ce guide s’appuie sur les deux pages du Manuel MSD (version pour le grand public) consacrées aux tics chez l’enfant et l’adolescent pour expliquer les signes, l’évolution, les troubles associés et les aides possibles.

Thème
Psychologie
Mis à jour
Temps de lecture
9 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Comprendre le syndrome et les tics

Selon le Manuel MSD, les tics sont des mouvements involontaires, rapides, inutiles et répétitifs, mais non rythmiques (tics moteurs), ou des mots ou des sons involontaires, brusques et souvent répétés (tics vocaux). La personne ressent un besoin irrépressible de les faire, comparable à l’envie d’éternuer ou de se gratter : la tension monte, souvent dans la partie du corps concernée, et céder au tic apporte un bref soulagement.

Le Manuel MSD distingue trois catégories :

  • le tic passager : tics moteurs et/ou vocaux depuis moins d’un an ;
  • le tic persistant (chronique) : tics moteurs ou vocaux, mais pas les deux, depuis plus d’un an ;
  • le syndrome de la Tourette : tics moteurs et vocaux depuis plus d’un an. C’est la forme la plus sévère ; il survient chez 3 à 9 enfants sur 1 000.

En général, l’enfant commence par un tic passager, qui évolue parfois vers un tic persistant ou un syndrome de la Tourette. Les tics moteurs et vocaux n’ont pas besoin d’être présents au même moment pour ce diagnostic.

Tics moteurs et vocaux, simples ou complexes

Les tics simples sont très brefs et peuvent commencer comme de petits maniérismes nerveux. Les tics complexes durent plus longtemps et peuvent associer plusieurs tics simples. Le Manuel MSD donne ces exemples :

  • moteurs simples : cligner des yeux, grimacer, secouer la tête, hausser les épaules ;
  • vocaux simples : grogner ou aboyer, renifler, se racler la gorge ;
  • moteurs complexes : associations de tics (tourner la tête et hausser les épaules), imitation des gestes d’autrui (échopraxie), gestes obscènes (copropraxie) ;
  • vocaux complexes : répétition de ses propres mots ou de ceux des autres (écholalie), mots socialement inappropriés (coprolalie).

Les tics varient en type, intensité et fréquence selon les périodes. Ils peuvent survenir plusieurs fois par heure, puis presque disparaître pendant des mois. Le stress et la fatigue peuvent les aggraver, mais ils sont souvent plus marqués quand le corps est détendu, devant la télévision par exemple. Ils diminuent souvent lors d’une tâche qui demande de la concentration, ne surviennent généralement pas pendant le sommeil et gênent rarement la coordination.

Coprolalie : dépasser un stéréotype

La coprolalie, le fait de prononcer des mots obscènes ou socialement inappropriés, est la caractéristique la plus connue du syndrome. Pourtant, le Manuel MSD précise qu’elle est rare et que la plupart des personnes atteintes du syndrome de la Tourette ne la présentent pas : elles ne crient pas d’obscénités de façon imprévisible.

Quand ils existent, ces tics complexes peuvent sembler volontaires, comme ceux qui consistent à répéter les mots ou les gestes d’une autre personne. Le Manuel MSD insiste : ils ne le sont pas. Réduire le syndrome à des insultes ou y voir de la provocation ne correspond pas à ce que décrivent les sources.

Un début dans l’enfance et une évolution variable

Les tics débutent avant 18 ans, généralement entre 4 et 6 ans. Leur sévérité augmente jusqu’à 10 à 12 ans, puis diminue à l’adolescence. Selon la page détaillée du Manuel MSD, la plupart des tics disparaissent, mais chez environ 1 % des enfants ils persistent à l’âge adulte. Les tics sont trois fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles.

La plupart des tics sont légers et ne sont souvent pas reconnus comme un trouble, ni par les parents ni par les médecins. Ils peuvent aussi débuter brutalement et de façon spectaculaire. Cette évolution par vagues explique qu’une amélioration temporaire ne signifie pas forcément la fin des tics, et qu’une poussée ne signifie pas forcément une aggravation durable.

Facteurs héréditaires et mécanismes encore étudiés

La cause des tics n’est pas connue. Ils ont souvent un caractère familial, et les médecins pensent donc que l’hérédité joue un rôle. Le Manuel MSD ne donne pas de risque chiffré de transmission.

Des tics peuvent aussi apparaître chez des personnes qui ont une autre maladie, comme la maladie de Huntington ou une infection du cerveau (encéphalite), ou après la consommation de certaines drogues comme la cocaïne ou les amphétamines ; ils ne sont alors pas considérés comme un trouble principalement lié aux tics. Chez certains enfants atteints d’un TDAH, des tics apparaissent pour la première fois lors d’un traitement par un médicament stimulant ; ces enfants ont probablement une tendance sous-jacente aux tics.

Le Manuel MSD évoque enfin les PANDAS : chez des enfants qui ont ou ont eu une infection à streptocoque, des tics ou des symptômes de TOC peuvent apparaître brutalement ou s’aggraver d’un jour à l’autre. Ce lien est débattu : de nombreux chercheurs pensent que les tics et les PANDAS ne sont pas liés.

Une évaluation clinique, sans examen spécifique

Le diagnostic repose sur les symptômes et leur durée. La page « Les faits en bref » du Manuel MSD précise qu’il n’existe pas d’examen permettant de diagnostiquer les tics. Pour distinguer le syndrome de la Tourette d’autres tics, il peut être nécessaire de revoir l’enfant régulièrement. Le médecin recherche aussi les troubles qui accompagnent souvent les tics.

Le Manuel MSD souligne qu’un diagnostic précoce aide les parents à comprendre que les tics ne sont pas volontaires et que les punitions ne peuvent pas les résoudre, et peuvent même les aggraver. Pour préparer la consultation, il est utile de noter depuis quand les tics existent, leur type, leur fréquence, ce qui les aggrave ou les calme, et leur retentissement. Filmer une personne à son insu ou diffuser ses tics n’est pas nécessaire : la description et l’observation par le professionnel suffisent en général.

Troubles associés et retentissement au quotidien

Les enfants qui ont des tics, surtout des tics sévères, peuvent présenter d’autres troubles : TDAH, TOC, troubles anxieux ou troubles de l’apprentissage. Le Manuel MSD indique que ces troubles perturbent souvent davantage le développement et le bien-être de l’enfant que les tics eux-mêmes. Chez l’adolescent et l’adulte, une dépression, un trouble bipolaire ou un trouble lié à l’usage de substances peuvent aussi s’y ajouter.

Les tics sévères peuvent être socialement et physiquement invalidants et s’accompagner d’une angoisse intense en situation sociale. Certaines personnes ont des problèmes au travail, à l’école ou avec leurs amis, ou évitent les autres. Distinguer ce qui relève des tics et ce qui relève d’un trouble associé aide à fixer des objectifs concrets : par exemple, une aide pour les difficultés scolaires d’un côté, pour l’anxiété de l’autre.

Information, soutien, thérapie comportementale et médicaments

Si les tics sont légers, le Manuel MSD indique que le réconfort est souvent le meilleur traitement, en prêtant le moins d’attention possible aux tics. Attirer l’attention sur un tic, surtout chez l’enfant, peut l’aggraver. Le traitement peut souvent être évité si la famille comprend le trouble et s’il est expliqué aux enseignants et aux camarades. Comme les tics ne sont pas intentionnels, il ne faut pas punir ni humilier un enfant qui en a.

Quand les tics gênent, une intervention comportementale globale pour les tics peut aider certains enfants plus âgés, et parfois des adultes, à mieux les contrôler. Elle associe une information sur les tics (repérer les situations qui les déclenchent), des techniques de relaxation et un travail d’« inversion des habitudes », qui apprend un comportement de remplacement avec un thérapeute.

Les médicaments ne sont recommandés que si les tics persistent et gênent les activités ou l’image de soi. Le Manuel MSD cite, pour les tics légers, certains médicaments également utilisés contre l’hypertension artérielle, qui ne doivent pas être arrêtés brutalement, et pour les tics sévères, des antipsychotiques à faible dose. La dose la plus faible possible est recherchée. Les troubles associés (TDAH, TOC, difficultés d’apprentissage) sont évalués et traités à part ; certains médicaments stimulants du TDAH peuvent aggraver les tics, ce que le médecin prend en compte.

Ce que les sources nuancent

  • Persistance à l’âge adulte : la page détaillée du Manuel MSD parle d’environ 1 % des enfants ; la page « Les faits en bref » écrit qu’il est « très rare » que les tics persistent. Ces chiffres concernent les tics en général, pas uniquement le syndrome de la Tourette, et ne garantissent pas une disparition à un âge donné.
  • Volontaire ou non : un tic peut être retenu quelques secondes ou minutes, au prix d’un effort conscient. Cela ne veut pas dire qu’il est volontaire : le besoin finit généralement par devenir irrépressible.
  • PANDAS : l’hypothèse d’un rôle des anticorps après une infection à streptocoque est présentée par le Manuel MSD comme débattue.
  • Population décrite : les deux pages concernent l’enfant et l’adolescent ; elles ne détaillent pas la prise en charge propre à l’adulte.
  • Dates : la page détaillée a été revue en avril 2025 et mise à jour en novembre 2025 ; « Les faits en bref » date de mai 2026.

En résumé : accompagner et suivre dans la durée

Le syndrome de Gilles de la Tourette associe des tics moteurs et vocaux depuis plus d’un an. Il commence avant 18 ans, souvent entre 4 et 6 ans, avec un pic vers 10 à 12 ans et une amélioration fréquente à l’adolescence. La coprolalie est rare. La cause est inconnue, avec un rôle probable de l’hérédité. Le diagnostic est clinique, sans examen spécifique.

L’essentiel est de comprendre que les tics ne sont pas volontaires, d’éviter les punitions et l’attention portée aux tics, d’informer l’entourage et l’école, et de rechercher les troubles associés, qui pèsent souvent plus que les tics. Une thérapie comportementale et, si besoin, des médicaments peuvent aider quand les tics gênent la vie quotidienne. Le médecin de l’enfant ou le médecin traitant de l’adulte est l’interlocuteur pour l’évaluation et le suivi.

Questions fréquentes sur le syndrome de Gilles de la Tourette

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Qu’est-ce qui peut favoriser le syndrome de Tourette ?

La cause est inconnue. Les tics ont souvent un caractère familial, ce qui fait penser à un rôle de l’hérédité. Le stress et la fatigue peuvent aggraver les tics, sans en être la cause.

Quels signes peuvent l’évoquer ?

Des tics moteurs (clignements, grimaces, haussements d’épaules) et des tics vocaux (raclements de gorge, reniflements, grognements) qui durent depuis plus d’un an, précédés d’un besoin irrépressible de les faire.

Toutes les personnes ont-elles des insultes involontaires ?

Non. Selon le Manuel MSD, la coprolalie est rare et la plupart des personnes atteintes du syndrome de la Tourette ne la présentent pas.

Peut-on diagnostiquer le syndrome à l’âge adulte ?

Les tics débutent avant 18 ans. Les sources consultées, consacrées à l’enfant et à l’adolescent, ne détaillent pas le diagnostic chez l’adulte : un adulte qui a des tics peut en parler à son médecin, qui recherchera aussi d’autres causes.

Quels traitements peuvent aider ?

Pour les tics légers, l’information et le soutien suffisent souvent. Une intervention comportementale globale pour les tics peut aider certains enfants plus âgés et adultes. Des médicaments sont réservés aux tics persistants et gênants, sur prescription.

Comment soutenir une personne sans attirer l’attention sur ses tics ?

En évitant de les commenter, de les punir ou de demander de les arrêter, en expliquant le trouble à l’entourage et à l’école, et en s’intéressant aux difficultés associées, comme l’anxiété ou les apprentissages.

Sources

  1. Manuel MSD (version pour le grand public) · Syndrome de la Tourette et autres tics chez l’enfant et l’adolescent, avr. 2025 (mise à jour nov. 2025)
  2. Manuel MSD (version pour le grand public) · Les faits en bref : syndrome de la Tourette et autres tics chez l’enfant et l’adolescent, mai 2026

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.