Aller au contenu

Bouche MediBilbao Salud

Calcul salivaire : symptômes, causes et traitements

Une joue ou le dessous de la mâchoire qui gonfle et fait mal au moment de manger, puis dégonfle en quelques heures : c’est le tableau typique d’un calcul qui bouche le canal d’une glande salivaire. Ce petit « caillou » formé à partir des sels de la salive n’est en général pas grave, mais il peut favoriser une infection. Ce guide s’appuie sur la page « Maladies des glandes salivaires » du Manuel MSD grand public (février 2024) et, comme seconde source, sur une revue en accès libre d’une équipe spécialisée (Koch et coll., J Clin Med, 2021) ; ce qui ne figure que dans la revue est présenté comme résultat d’études.

Thème
ORL
Mis à jour
Temps de lecture
7 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Glandes salivaires et calculs

Le Manuel MSD décrit trois paires de glandes salivaires principales : les parotides, juste devant et sous les oreilles, les sous-maxillaires (ou sous-mandibulaires), sous la mâchoire, et les sublinguales, sous la langue. Chacune déverse la salive dans la bouche par un petit canal.

Un calcul peut se former à partir des sels contenus dans la salive. Le Manuel MSD précise que ces calculs sont plus fréquents chez l’adulte et que beaucoup de personnes en ont plusieurs. La revue de Koch et coll. indique que jusqu’à 80 % des calculs se situent dans la glande sous-maxillaire.

Symptômes

Le signe typique, selon le Manuel MSD, est un gonflement accompagné de douleur au niveau de la glande concernée : sous la mâchoire pour la glande sous-maxillaire, devant l’oreille pour la parotide. Le gonflement peut diminuer après quelques heures, parfois avec un jet de salive dans la bouche quand le canal se débouche.

Certains calculs ne donnent aucun symptôme et sont découverts par hasard. D’autres causes peuvent faire gonfler une glande (infections virales comme les oreillons, maladies générales, tumeurs) : le Manuel MSD rappelle qu’un gonflement ferme et persistant doit être examiné.

Pourquoi la glande gonfle pendant les repas

Le Manuel MSD explique le mécanisme : en mangeant, la glande produit davantage de salive. Si le canal est bloqué par un calcul, la salive ne peut plus s’écouler et s’accumule dans la glande, qui gonfle. La douleur et le gonflement empirent donc après le repas, surtout avec des aliments qui stimulent fortement la salive, comme les cornichons ou le jus de citron.

Ce lien avec les repas est ce qui oriente le plus le médecin vers une obstruction du canal. C’est aussi pourquoi la stimulation de la salive, utile pour aider un petit calcul à sortir, peut être douloureuse pendant une crise.

Infection associée

Le Manuel MSD indique que le canal bloqué et la glande gonflée par la salive stagnante peuvent s’infecter ; la plupart des infections de glande salivaire (sialadénites) surviennent d’ailleurs en cas d’obstruction ou de salive très faible. Elles touchent plus souvent la parotide.

Les signes d’une infection bactérienne sont la fièvre, les frissons, une douleur et un gonflement du côté atteint, une peau rouge et gonflée au-dessus de la glande, et parfois du pus qui sort du canal dans la bouche. Un abcès peut se former et doit être incisé et drainé. Ces signes justifient une consultation rapide ; les antibiotiques ne sont prescrits qu’en cas d’infection, pas pour tout gonflement.

Diagnostic et imagerie

D’après le Manuel MSD, le diagnostic d’obstruction repose d’abord sur le lien entre la douleur et les repas ou les boissons qui stimulent la salive. Le médecin peut presser la glande pour observer l’écoulement de salive. Si l’examen ne suffit pas, il peut demander une échographie ou un scanner ; de très fines caméras (endoscopes) introduites dans le canal permettent aussi de voir l’obstruction.

La revue de Koch et coll. souligne l’intérêt de l’échographie de haute résolution, rapide et fiable (environ 95 % de précision dans les études citées), qui montre la taille, la position et la mobilité du calcul et aide à choisir le traitement. En cas d’infection, le pus peut être analysé au laboratoire. Le choix des examens revient au médecin ORL.

Mesures simples

Le Manuel MSD cite plusieurs mesures, souvent proposées en premier :

  • boire davantage de liquides ;
  • masser doucement la glande ;
  • appliquer des compresses chaudes ;
  • stimuler la salive avec du citron ou des bonbons acidulés ;
  • prendre un antalgique si besoin, sur conseil du médecin ou du pharmacien.

La revue indique que ces mesures conservatrices (massage pendant ou après la stimulation de la glande) sont toujours indiquées en premier, et que de très petits calculs peuvent alors être évacués spontanément. N’essayez pas de piquer, sonder ou presser fortement le canal vous-même : ces gestes relèvent du professionnel.

Extraction et endoscopie

Si le calcul ne part pas, le Manuel MSD indique qu’un dentiste ou un médecin peut parfois le faire sortir en comprimant les deux côtés du canal, ou à l’aide d’un fin fil-guide. En dernier recours, il peut être retiré par endoscopie ou par chirurgie.

La revue décrit l’évolution de ces techniques : la sialendoscopie (petite caméra dans le canal) permet de retirer des calculs mobiles de petite taille, éventuellement après les avoir fragmentés ; une petite incision du canal par la bouche est souvent utilisée pour la glande sous-maxillaire ; des ondes de choc, appliquées de l’extérieur ou dans le canal, peuvent fragmenter certains calculs. Le choix dépend surtout de la taille du calcul et de son accessibilité. La plupart de ces gestes se font sous anesthésie locale selon la revue. Notre centre ne réalise ni sialendoscopie ni lithotritie.

Chirurgie : quand ?

La revue rapporte qu’avec les techniques qui préservent la glande, l’ablation de la glande est devenue rare : de 40 à 50 % des cas autrefois à moins de 5 %. Dans une série de près de 4 700 patients citée, environ 80 % étaient guéris sans calcul ni symptôme et moins de 3 % ont eu besoin d’une ablation de la glande.

L’ablation se discute pour les calculs résistants aux autres traitements, avec des symptômes persistants, après information du patient. Elle peut laisser une cicatrice et réduire la production de salive ; ces effets et les risques propres à chaque glande se discutent avec le chirurgien ORL. Ces chiffres viennent de centres spécialisés et ne prédisent pas le résultat pour une personne donnée.

Prévenir la récidive

  • Hydratation : le Manuel MSD relie la formation des calculs à la déshydratation ; boire suffisamment est donc logique.
  • Médicaments : certains réduisent la salive et favorisent les calculs ; n’en arrêtez aucun sans avis médical, mais signalez-les à votre médecin.
  • Goutte : elle prédispose aux calculs selon le Manuel MSD ; son suivi fait partie de la prise en charge.
  • Traitement précoce : la revue rapporte de meilleurs résultats quand le traitement est fait tôt après le diagnostic.
  • Limites : les sources consultées ne recommandent pas de régime particulier (calcium, eau) et ne garantissent pas l’absence de récidive, d’autant que les calculs sont souvent multiples.

Carnet repas et gonflement

Le lien avec les repas est la clé du diagnostic. Notez chaque épisode avant de consulter un ORL :

À noterExemple
Glande concernéeSous la mâchoire, devant l’oreille, côté droit ou gauche
MomentPendant ou juste après le repas, aliment en cause
Durée du gonflementMinutes ou heures avant de dégonfler
Signes associésFièvre, rougeur, goût de pus, difficulté à ouvrir la bouche
FréquenceNombre d’épisodes par semaine ou par mois
Médicaments et allergiesTraitements en cours, médicaments mal tolérés
Ce qui soulageMassage, chaleur, boisson, antalgique

Pour un adulte dont une glande gonfle au moment des repas, l’équipe d’ORL de notre centre de Bilbao peut faire le bilan et orienter vers le traitement adapté (les consultations se déroulent en espagnol).

Questions fréquentes sur le calcul salivaire

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Qu’est-ce qu’un calcul salivaire ?

Un petit dépôt dur formé à partir des sels de la salive, dans le canal ou la glande. Il siège le plus souvent dans la glande sous-maxillaire, sous la mâchoire.

Quels sont les symptômes ?

Gonflement et douleur de la glande, surtout au moment des repas, qui diminuent souvent en quelques heures. Certains calculs ne donnent aucun symptôme.

Pourquoi la glande gonfle-t-elle pendant les repas ?

Manger stimule la salive. Si le canal est bouché, la salive ne s’écoule plus et s’accumule dans la glande, qui gonfle et devient douloureuse.

Un calcul salivaire peut-il partir tout seul ?

Les très petits calculs peuvent être évacués avec des mesures simples : boire, masser la glande, chaleur, stimulation de la salive. Les plus gros nécessitent souvent un geste.

Comment retire-t-on un calcul salivaire ?

Par pression sur le canal, par endoscopie avec une fine caméra, par une petite incision ou fragmentation, et en dernier recours par chirurgie de la glande.

Quand faut-il consulter en urgence ?

En cas de fièvre, de pus, de rougeur et chaleur de la glande, ou si le gonflement gêne pour avaler ou respirer : 15 ou 112 si la respiration est gênée.

Sources

  1. Manuel MSD (version pour le grand public) · Maladies des glandes salivaires, février 2024
  2. Koch M et al. · Treatment of Sialolithiasis: What Has Changed? An Update of the Treatment Algorithms and a Review of the Literature. J Clin Med, 2021 (revue, accès libre PMC)

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.