ARFID et terminologie française TERCA
ARFID est l’abréviation anglaise du trouble que le Manuel MSD appelle en français trouble d’évitement/de restriction de la consommation alimentaire (TERCA). Il s’agit d’un trouble des conduites et des comportements alimentaires.
Le Manuel MSD le définit par une alimentation très limitée en quantité et/ou le refus de consommer certains aliments. Les personnes concernées n’ont pas une perception déformée de leur corps, comme dans l’anorexie mentale, et ne sont pas préoccupées par leur image corporelle, comme dans la boulimie. Elles n’ont pas peur de prendre du poids.
Restriction de quantité ou de variété
Le trouble peut porter sur la quantité (manger très peu) ou sur la variété (refuser de nombreux aliments), ou sur les deux. Le Manuel MSD décrit des personnes qui mangent parfois si peu que leur poids diminue considérablement, et des enfants qui présentent souvent un ralentissement de la croissance.
Selon la version « Les faits en bref », le TERCA provoque souvent une perte de poids chez l’adulte et peut limiter la croissance chez l’enfant et le nourrisson. Un poids apparemment normal ne suffit donc pas à écarter le problème : les carences nutritionnelles et le retentissement social comptent aussi.
Sensorialité, faible intérêt et peur de conséquences
Le Manuel MSD décrit plusieurs motifs possibles de restriction :
- un manque d’intérêt pour la nourriture ou pour le fait de manger ;
- le rejet d’aliments selon leur couleur, leur consistance ou leur odeur, ou le fait de ne pas aimer la sensation des aliments dans la bouche ;
- la peur de conséquences : la personne pense que manger peut être dangereux, par exemple après une mauvaise expérience comme un étouffement.
La cause exacte est inconnue. Le Manuel MSD cite des facteurs génétiques, psychologiques et sociaux possibles, par exemple un traumatisme, l’anxiété, l’autisme ou des troubles du développement. Ces facteurs ne concernent pas toutes les personnes atteintes, et toutes les personnes autistes n’ont pas ce trouble. Pour une peur centrée sur le fait de vomir, notre guide sur l’émétophobie décrit un tableau différent.
Différence avec la sélectivité et les autres troubles alimentaires
Le trouble peut d’abord passer pour des caprices alimentaires, fréquents chez l’enfant. Le Manuel MSD précise la différence : les enfants « difficiles » ne refusent en général que quelques aliments, ont un appétit normal, mangent dans l’ensemble suffisamment et grandissent normalement, ce qui n’est pas toujours le cas des enfants atteints de TERCA.
Le TERCA se distingue aussi de l’anorexie mentale et de la boulimie par l’absence de préoccupation pour le poids ou l’image du corps. Les sources consultées ne mentionnent pas le « trouble alimentaire pédiatrique » et ne permettent donc pas de comparer ces deux notions ; c’est au professionnel de préciser le diagnostic.
Retentissement nutritionnel et social
Le Manuel MSD indique que le TERCA peut provoquer une perte de poids substantielle, un ralentissement de la croissance chez l’enfant et des carences nutritionnelles fréquentes, qui peuvent menacer le pronostic vital. Certaines personnes ont besoin de compléments nutritionnels, voire d’une alimentation par sonde. Pour un exemple de carence fréquente, voir notre guide sur la carence en fer.
Le retentissement est aussi social : les personnes concernées ont des difficultés à participer aux activités ordinaires, comme partager un repas avec d’autres, et à entretenir des relations.
Signes d’alerte et évaluation médicale rapide
Le Manuel MSD indique que les médecins suspectent un TERCA chez une personne qui évite la nourriture ou mange très peu et présente un ou plusieurs des éléments suivants :
- une perte de poids importante ou, chez l’enfant, une croissance ralentie ;
- une carence nutritionnelle grave ;
- le recours à une alimentation par sonde ou à des compléments nutritionnels par la bouche ;
- de grandes difficultés à participer aux activités sociales et à interagir avec autrui ;
- l’absence de perception déformée du corps.
Une perte de poids importante, une incapacité à manger ou à boire, un malaise ou une dégradation rapide demandent un avis médical rapide, sans attendre un délai particulier. Les sources ne détaillent pas d’autres signes d’urgence.
Diagnostic et recherche d’autres causes
Le diagnostic repose sur un examen clinique fondé sur des critères psychiatriques standardisés, avec une évaluation des autres troubles mentaux, et sur des examens pour rechercher des maladies générales. Le Manuel MSD cite notamment les allergies alimentaires, les troubles digestifs qui gênent l’absorption des aliments et le cancer. Pour les difficultés à avaler d’origine physique, notre guide sur la dysphagie présente d’autres causes.
Le médecin envisage aussi d’autres troubles qui font perdre du poids : autres troubles alimentaires (en particulier l’anorexie mentale), dépression, schizophrénie. Le diagnostic est écarté si la restriction s’explique par un manque de nourriture, une pratique culturelle ou religieuse (un jeûne, par exemple), ou une autre maladie ou un traitement (radiothérapie, chimiothérapie). Les questionnaires en ligne ne posent pas de diagnostic.
Accompagnement et thérapies sans contrainte
Selon le Manuel MSD, la thérapie comportementale et cognitive ou un traitement familial peuvent être utilisés pour aider la personne à manger normalement et à se sentir moins angoissée au sujet de ce qu’elle mange. La version « Les faits en bref » ajoute que la personne recevra peut-être des suppléments nutritionnels.
Ces soins sont décidés et suivis par des professionnels après un bilan. Les sources ne décrivent pas de programme à appliquer seul à la maison, de récompenses standardisées ni de supplémentation sans avis ; elles ne présentent pas non plus le fait de forcer à manger comme une solution.
Ce que les sources nuancent
- Âge de début : la page détaillée du Manuel MSD indique un début généralement entre 11 et 13 ans ; la version brève parle d’un début en général dans l’enfance et mentionne les nourrissons. Les deux pages viennent du même éditeur et ne constituent pas des confirmations indépendantes.
- Causes : la cause exacte est inconnue ; traumatisme, anxiété, autisme ou troubles du développement sont des facteurs possibles, pas des explications certaines.
- Poids : la perte de poids est fréquente, mais le trouble se définit par la restriction et ses conséquences, pas par la maigreur.
- Chiffres : les sources ne donnent pas de fréquence du trouble.
- Dates : la page détaillée date d’août 2025 ; la version brève de mai 2026.
En résumé : préparer le suivi et soutenir les proches
L’ARFID (TERCA) est un trouble des conduites alimentaires où l’on mange très peu ou évite de nombreux aliments, par manque d’intérêt, gêne liée aux caractéristiques des aliments ou peur de conséquences, sans préoccupation pour le poids. Il commence en général dans l’enfance, peut entraîner perte de poids, retard de croissance, carences graves et isolement social. Le diagnostic écarte d’abord d’autres causes, et une thérapie cognitivo-comportementale ou un traitement familial peuvent aider.
Les sources ne détaillent pas de conseils pour l’entourage. Pour préparer une consultation, il peut être utile de noter les aliments acceptés et refusés, depuis quand, ce qui semble gêner (texture, odeur, peur), l’évolution du poids ou de la croissance, les repas sautés, les compléments éventuels et le retentissement sur l’école, le travail ou la vie sociale.
Questions fréquentes sur l’ARFID
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Qu’est-ce que le syndrome ARFID ?
Un trouble des conduites alimentaires, appelé TERCA en français, où l’alimentation est très limitée en quantité ou en variété, sans préoccupation pour le poids ni perception déformée du corps.
Peut-il concerner un adulte ?
Oui. Il commence en général dans l’enfance, mais le Manuel MSD indique qu’il provoque souvent une perte de poids chez l’adulte.
Quelle différence avec une simple sélectivité ?
Un enfant « difficile » ne refuse en général que quelques aliments, mange suffisamment et grandit normalement. Dans l’ARFID, la restriction est plus large et entraîne des conséquences : perte de poids, retard de croissance, carences ou isolement.
ARFID et trouble alimentaire pédiatrique sont-ils identiques ?
Les sources consultées ne mentionnent pas le trouble alimentaire pédiatrique et ne permettent pas de comparer les deux notions. Un professionnel peut préciser le diagnostic adapté.
Qui peut établir le diagnostic ?
Un médecin ou un professionnel de santé mentale, par un examen clinique fondé sur des critères standardisés, après avoir écarté d’autres causes physiques ou psychiques.
Quels accompagnements peuvent être proposés ?
Une thérapie comportementale et cognitive ou un traitement familial pour réapprendre à manger et réduire l’angoisse, et parfois des suppléments nutritionnels prescrits.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Trouble d’évitement/de restriction de la consommation alimentaire (TERCA), août 2025
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Les faits en bref : trouble d’évitement/de restriction de la consommation alimentaire, mai 2026
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
