Qu’est-ce que la rhizarthrose ?
Le mot vient du grec « rhiza », la racine : il s’agit de l’arthrose de la racine du pouce. L’articulation entre le trapèze, un petit os du poignet, et le premier métacarpien est en forme de selle. Elle supporte des forces importantes à chaque pince. Avec l’usure du cartilage et le relâchement des ligaments, la base du métacarpien glisse peu à peu vers l’extérieur, ce qui provoque douleur et déformation.
Les symptômes
- Douleur à la base du pouce, au pli du poignet, lors des pinces et des torsions.
- Perte de force : difficulté à ouvrir un bocal, tourner une clé, boutonner.
- Raideur, surtout le matin ou après un effort.
- Bosse à la base du pouce, puis déformation en « Z » dans les formes évoluées.
- Douleur parfois nocturne lors des poussées.
Qui est concerné ?
- Les femmes, surtout après la ménopause.
- Les personnes de plus de 50 ans.
- Les antécédents familiaux d’arthrose des mains.
- Les métiers et loisirs avec pinces répétées.
- Une hyperlaxité ligamentaire ou un traumatisme ancien du pouce.
Le diagnostic
L’examen recherche une douleur à la pression de la base du pouce et lors d’un mouvement de rotation-compression de l’articulation. La radiographie montre le pincement de l’interligne et les becs osseux et permet de classer l’arthrose en stades. Il faut distinguer la rhizarthrose de la tendinite de De Quervain, dont la douleur siège un peu plus haut sur le bord du poignet, et du syndrome du canal carpien, qui donne des fourmillements.
L’orthèse du pouce
L’orthèse stabilise la base du pouce et le met au repos. Une orthèse de repos, portée la nuit pendant plusieurs semaines lors des poussées, diminue la douleur. Une orthèse plus courte et souple peut être portée le jour pendant les activités. Elle est réalisée sur mesure par un professionnel ou choisie en pharmacie selon la taille et le stade.
Exercices pour la rhizarthrose
Les exercices visent à garder la mobilité et à renforcer les muscles qui stabilisent la base du pouce, sous la conduite d’un kinésithérapeute ou d’un ergothérapeute.
- Ouvrir la première commissure : écarter doucement le pouce de l’index.
- Former un « C » avec le pouce et l’index plutôt qu’une pince fine.
- Serrer doucement une balle souple, pouce bien arrondi.
- Toucher la base de chaque doigt avec le bout du pouce.
- Bains de main en eau tiède avant les exercices en cas de raideur.
Les exercices ne doivent pas réveiller une douleur vive ; on les fait plutôt en dehors des poussées.
Économie articulaire et aides techniques
- Utiliser des ouvre-bocaux, des grosses poignées, des stylos épais.
- Porter les sacs sur l’avant-bras plutôt qu’à la main.
- Utiliser la paume et les deux mains pour serrer ou tourner.
- Éviter les pinces fortes et prolongées (essorer, couper du carton).
- Fractionner les tâches et faire des pauses.
Médicaments et infiltrations
Les anti-inflammatoires en gel appliqués sur la base du pouce sont une première option. Le paracétamol ou les anti-inflammatoires par voie orale peuvent être pris sur une courte durée selon l’avis du médecin. Une infiltration de corticoïdes peut soulager une poussée douloureuse, mais elle n’est pas recommandée de façon systématique. Le froid soulage les poussées, la chaleur la raideur.
Quand envisager la chirurgie ?
Si la douleur reste invalidante malgré plusieurs mois d’orthèse, d’exercices et de traitements, une chirurgie peut être proposée. Plusieurs techniques existent : retrait du trapèze (trapézectomie) avec ou sans ligamentoplastie, prothèse trapézo-métacarpienne, ou arthrodèse. Le choix dépend de l’âge, du stade et des activités. La récupération demande plusieurs semaines et une rééducation.
Évolution
La rhizarthrose évolue par poussées douloureuses entrecoupées de périodes plus calmes. Avec le temps, la douleur diminue souvent, même si la raideur et la déformation s’installent. Garder la main active, protéger l’articulation et traiter les poussées permet de conserver une bonne fonction.
Soulager la nuit et au réveil
La douleur nocturne lors des poussées est soulagée par l’orthèse de repos, qui maintient le pouce en position de fonction. Au réveil, quelques mouvements doux dans l’eau tiède diminuent la raideur. Il est utile d’alterner les activités dans la journée et de garder les gestes les plus exigeants pour les moments où la main est la moins douloureuse.
À retenir
- La rhizarthrose est l’arthrose de la base du pouce, fréquente chez les femmes après 50 ans.
- Elle provoque une douleur lors des pinces et des torsions.
- Orthèse, exercices, aides techniques et anti-inflammatoires en gel sont le traitement de base.
- La chirurgie est réservée aux douleurs qui persistent malgré ces mesures.
Questions fréquentes sur la rhizarthrose
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
La rhizarthrose se guérit-elle ?
L’usure ne régresse pas, mais la douleur peut être bien contrôlée et diminue souvent avec le temps.
Faut-il porter l’orthèse toute la journée ?
Surtout la nuit lors des poussées, et le jour pendant les activités qui sollicitent le pouce.
Quels exercices faire ?
Des exercices d’ouverture de la commissure et de renforcement doux, sans douleur vive.
L’infiltration est-elle utile ?
Elle peut soulager une poussée, mais n’est pas recommandée de façon systématique.
Quelle différence avec la tendinite de De Quervain ?
La rhizarthrose touche l’articulation à la base du pouce ; la tendinite de De Quervain touche des tendons un peu plus haut sur le poignet.
Quand faut-il opérer ?
Quand la douleur reste invalidante après plusieurs mois de traitement bien conduit.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Arthrose de la main
- Kloppenburg M, et al. 2018 update of the EULAR recommendations for the management of hand osteoarthritis. Ann Rheum Dis. 2019
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
