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Névrite vestibulaire : quand tout tourne pendant des jours

La névrite vestibulaire provoque un grand vertige rotatoire brutal, qui dure plusieurs jours, avec des nausées, des vomissements et un déséquilibre. Elle est due à une inflammation du nerf de l’équilibre, souvent d’origine virale. L’audition n’est pas touchée. Très impressionnante, elle guérit généralement en quelques semaines, d’autant mieux que l’on reprend tôt le mouvement grâce à la rééducation vestibulaire. Ce guide explique ses symptômes, les signes qui doivent faire penser à un AVC et le traitement.

Thème
ORL
Mis à jour
Temps de lecture
5 minutes
Relu par
Dr Itziar Gotxi Erezuma · Médecin ORL · Ordre des médecins de Biscaye n° 484809757

Qu’est-ce que la névrite vestibulaire ?

L’oreille interne contient le système vestibulaire, qui détecte les mouvements de la tête. Ses informations sont transmises par le nerf vestibulaire. Quand ce nerf s’enflamme d’un côté, le cerveau reçoit des informations déséquilibrées entre les deux oreilles et interprète cette différence comme une rotation : c’est le vertige. Le cerveau apprend ensuite à compenser, ce qui explique l’amélioration progressive.

Les symptômes

  • Vertige rotatoire intense, brutal, continu pendant un à trois jours.
  • Nausées et vomissements importants.
  • Déséquilibre, tendance à tomber d’un côté.
  • Mouvements involontaires des yeux (nystagmus).
  • Aggravation par les mouvements de la tête.
  • Pas de baisse d’audition ni d’acouphènes.

Les causes

La cause la plus probable est une réactivation virale, notamment du virus de l’herpès, au niveau du nerf. La névrite survient parfois quelques jours ou semaines après un rhume ou une infection virale. Elle touche surtout les adultes de 30 à 60 ans. Elle ne se transmet pas.

Névrite ou AVC ?

Un AVC du cervelet ou du tronc cérébral peut donner un tableau très proche. Le médecin réalise des tests précis des mouvements des yeux et de l’équilibre pour faire la différence. Un mal de tête brutal, des signes neurologiques, une impossibilité totale de tenir debout ou des facteurs de risque vasculaires doivent faire réaliser une IRM en urgence. C’est pourquoi un grand vertige brutal impose toujours une consultation rapide.

Le diagnostic

Le diagnostic repose sur l’examen clinique : type de nystagmus, test d’impulsion de la tête, examen neurologique. Un audiogramme vérifie que l’audition est normale. Des examens de l’équilibre, comme la vidéonystagmographie, confirment l’atteinte d’un côté. L’IRM est réservée aux situations où un AVC ou une autre cause est suspecté.

Le traitement des premiers jours

  • Médicaments contre les nausées et le vertige, pendant deux à trois jours au maximum.
  • Hydratation, perfusion si les vomissements sont importants.
  • Corticoïdes parfois proposés au début, selon le médecin.
  • Repos au calme les premiers jours, puis lever progressif.

Les médicaments antivertigineux ralentissent la compensation par le cerveau s’ils sont pris trop longtemps : il faut les arrêter dès que possible.

La rééducation vestibulaire

La rééducation vestibulaire, réalisée par un kinésithérapeute formé, est le traitement clé de la récupération. Elle stimule le cerveau pour qu’il compense le déséquilibre. Elle comprend des exercices de stabilisation du regard pendant les mouvements de la tête, des exercices d’équilibre et de marche, et une exposition progressive aux mouvements qui provoquent le vertige. Commencer tôt améliore la récupération.

Exercices à la maison

  • Fixer un point devant soi en tournant doucement la tête de droite à gauche, puis de haut en bas.
  • Marcher dans un couloir en tournant la tête.
  • Se tenir debout pieds joints, puis yeux fermés, près d’un appui.
  • Reprendre rapidement les activités du quotidien et la marche à l’extérieur.

Ces exercices peuvent réveiller un léger vertige transitoire, ce qui est attendu.

Évolution

Le grand vertige s’atténue en quelques jours. Une instabilité, surtout lors des mouvements rapides de la tête ou dans l’obscurité, peut persister quelques semaines. La plupart des personnes récupèrent complètement en un à trois mois. Une instabilité prolongée peut évoluer vers un vertige postural chronique, qui se traite aussi par rééducation et prise en charge de l’anxiété. Un vertige positionnel paroxystique bénin peut parfois survenir dans les suites.

Conduite et travail

La conduite automobile est déconseillée tant que persistent des vertiges ou une instabilité marquée, et pendant la prise de médicaments sédatifs. La reprise du travail dépend du poste ; elle est souvent possible en une à deux semaines pour un travail de bureau. Les travaux en hauteur doivent attendre une récupération complète.

Vivre les premières semaines

Les premières semaines, il est fréquent de se sentir fatigué, de mal supporter les supermarchés, les écrans qui défilent ou les foules, et d’avoir peur de retomber dans le vertige. Ces sensations sont normales et diminuent avec la rééducation. Il est conseillé de reprendre progressivement les activités, de marcher chaque jour dehors, et de ne pas éviter les mouvements de la tête. L’anxiété peut entretenir l’instabilité : en parler au médecin ou au kinésithérapeute aide à la dépasser.

À retenir

  • La névrite vestibulaire provoque un grand vertige brutal de plusieurs jours, sans baisse d’audition.
  • Un AVC doit être écarté en cas de signes neurologiques ou de facteurs de risque.
  • Les médicaments antivertigineux ne doivent être pris que quelques jours.
  • La rééducation vestibulaire précoce favorise une récupération complète.

Questions fréquentes sur la névrite vestibulaire

Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.

Combien de temps dure une névrite vestibulaire ?

Le grand vertige dure quelques jours ; l’instabilité peut persister quelques semaines.

La névrite vestibulaire est-elle grave ?

Non, mais un AVC doit être écarté au début.

Peut-elle récidiver ?

C’est rare.

Faut-il rester au lit ?

Seulement les premiers jours ; bouger tôt aide le cerveau à compenser.

Quelle différence avec la labyrinthite ?

La labyrinthite touche aussi l’audition ; la névrite vestibulaire ne l’affecte pas.

Qui pratique la rééducation vestibulaire ?

Un kinésithérapeute formé à la rééducation vestibulaire, sur prescription.

Peut-on prendre l’avion après une névrite vestibulaire ?

Oui, une fois le grand vertige passé ; l’avion n’aggrave pas la névrite.

Faut-il un scanner ou une IRM ?

Seulement en cas de doute avec un AVC ou d’autres signes inhabituels ; l’examen clinique suffit le plus souvent.

Sources

  1. Manuel MSD (version pour le grand public) · Névrite vestibulaire
  2. ameli.fr (Assurance Maladie) · Vertiges

Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.