Cirrhose : fibrose et transformation du foie
Le foie fabrique des protéines, des sucres, des graisses et des facteurs de coagulation, stocke le glucose, dégrade les toxines et les médicaments et sécrète la bile. Selon ameli.fr, dans la cirrhose, l’inflammation chronique détruit les cellules du foie et crée une fibrose : un tissu fibreux qui entoure des nodules formés par la régénération désordonnée des cellules.
L’Inserm décrit la cirrhose comme le stade avancé d’une maladie du foie, après des décennies d’inflammation : les cellules encore fonctionnelles se retrouvent isolées et ne parviennent plus à assurer le bon fonctionnement de l’organe. Ameli.fr précise que ces lésions résultent de l’évolution prolongée, sur 10 à 20 ans, d’une maladie chronique.
Des causes multiples, pas seulement l’alcool
Selon ameli.fr, trois maladies sont en cause dans plus de 90 % des cas :
- la consommation excessive et prolongée d’alcool, à l’origine de 50 à 75 % des cas ;
- une hépatite virale chronique, plus souvent C que B ;
- la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) : une accumulation de graisse dans le foie avec inflammation, chez des personnes ayant un syndrome métabolique, sans lien avec l’alcool.
Plus rarement, une surcharge en fer (hémochromatose), en cuivre ou une maladie auto-immune est en cause. L’Inserm souligne que seules environ 20 % des personnes exposées à un facteur de risque développent une cirrhose (10 à 20 % selon ameli.fr), sans que l’on sache encore pourquoi. Ameli.fr ajoute que le tabac a un rôle aggravant dans tous les cas. Notre guide sur le foie gras (stéatose) traite de cette situation qui précède parfois la cirrhose.
Une phase « compensée », souvent sans symptôme
L’Inserm indique que la cirrhose est une maladie insidieuse, qui reste longtemps asymptomatique : pendant des années, les anomalies s’accumulent sans signe perceptible. À l’examen, le foie peut être perçu comme dur mais reste indolore. On parle de cirrhose compensée tant qu’elle ne donne pas de symptômes.
Elle est donc souvent découverte par hasard, lors d’une prise de sang, d’une échographie ou d’un dépistage réalisé en raison de facteurs de risque. Ameli.fr précise qu’elle peut être stable ou évolutive. Une fatigue ou une gêne vague ne suffisent pas à évoquer une cirrhose : c’est le bilan qui permet de conclure.
Décompensation et complications possibles
Au stade avancé, le foie peut devenir défaillant. L’Inserm et ameli.fr décrivent plusieurs complications :
- insuffisance du foie, qui ne remplit plus ses fonctions ;
- hypertension portale : la pression augmente dans la veine qui amène le sang de l’intestin au foie, avec des varices de l’œsophage qui peuvent saigner ;
- ascite : accumulation de liquide dans le ventre, chez 30 % des personnes atteintes selon l’Inserm ;
- infections plus fréquentes et plus graves ;
- encéphalopathie hépatique : ralentissement du fonctionnement du cerveau, pouvant aller jusqu’à la confusion et au coma ;
- insuffisance rénale et cancer du foie, dont l’Inserm estime qu’il survient chaque année chez environ 3 % des personnes atteintes.
On parle de décompensation quand la maladie devient symptomatique. L’Inserm note que la vitesse d’évolution et la survenue des complications sont imprévisibles.
Signes imposant une aide urgente
Selon l’Inserm, la rupture d’une varice de l’œsophage provoque une hémorragie digestive, une urgence extrême qui nécessite une prise en charge dès le domicile ou pendant le transport à l’hôpital. Un vomissement de sang impose d’appeler le 15 ou le 112 sans attendre.
D’autres situations justifient une aide médicale rapide : confusion, somnolence ou changement de comportement (possible encéphalopathie), ventre qui gonfle rapidement, jaunisse (peau, blanc des yeux et urines de couleur jaunâtre), fièvre ou signes d’infection, ou toute aggravation brutale. L’Inserm décrit aussi une aggravation aiguë avec défaillance d’un ou plusieurs organes, de pronostic sévère, favorisée par une infection ou une intoxication alcoolique.
Bilan, imagerie et place des tests non invasifs
L’Inserm décrit un bilan sanguin qui repère différentes anomalies (par exemple une baisse de l’albumine et du taux de prothrombine) et une échographie qui peut montrer des contours bosselés du foie ou des signes d’hypertension portale. Des tests non invasifs, sanguins ou utilisant les ultrasons, sont également utilisés.
La biopsie du foie, qui consiste à prélever et analyser des cellules du foie, peut être nécessaire, mais n’est pas systématique grâce à ces tests. La cirrhose peut aussi être révélée par une complication : saignement de varices, ascite ou jaunisse. Des scores qui combinent des données biologiques et cliniques servent à évaluer la sévérité ; l’Inserm précise que les outils pour prédire l’évolution restent limités.
Traiter la cause et supprimer les facteurs aggravants
Ameli.fr insiste : il est capital d’agir sur la cause. L’arrêt de l’alcool est impératif ; une hépatite B ou C chronique se traite par un antiviral ; en cas de syndrome métabolique, le contrôle du diabète, du poids et des graisses du sang est indispensable ; les autres causes ont un traitement spécifique (par exemple des saignées en cas de surcharge en fer).
Les facteurs aggravants doivent aussi être supprimés : drogues, médicaments toxiques pour le foie, médicaments sédatifs qui favorisent l’encéphalopathie, tabac. Il ne faut pas arrêter ni commencer un médicament de soi-même : l’équipe médicale, en lien avec le médecin traitant, adapte le traitement.
Une alimentation adaptée à la situation médicale
Les sources consultées ne décrivent pas de régime détaillé pour toutes les cirrhoses. Elles mentionnent deux situations : en cas de syndrome métabolique, l’Inserm cite un régime amaigrissant et le bon contrôle du diabète ; en cas d’ascite, ameli.fr indique qu’un régime allégé en sel est prescrit, associé à des diurétiques.
Ces mesures dépendent de la cause et du stade : une perte de poids n’est pas adaptée à toutes les personnes atteintes, et la réduction du sel concerne l’ascite, sur prescription. Les sources ne recommandent ni plantes « détox » ni compléments. Les adaptations alimentaires se décident avec l’équipe qui suit la maladie.
Surveillance, complications et divergence entre les sources
- Régression possible ? Ameli.fr écrit que la cirrhose ne peut pas régresser et qu’elle est toujours définitive, même si son aggravation peut être stoppée. L’Inserm, dans son dossier actualisé en juillet 2026, indique que si la cause peut être supprimée (par exemple après guérison d’une hépatite C), la cirrhose peut régresser, mais que cette régression n’est ni systématique ni toujours complète et concerne surtout la cirrhose compensée.
- Prévenir les complications : des bêtabloquants ou une ligature des varices par endoscopie réduisent le risque de saignement ; une bonne hygiène dentaire et cutanée et certaines vaccinations limitent les infections ; l’encéphalopathie se traite par un laxatif qui diminue l’ammoniac produit dans l’intestin.
- Dépistage du cancer : l’Inserm indique une échographie de l’abdomen tous les six mois pour rechercher des nodules suspects.
- Chiffres : ameli.fr cite environ 16 000 décès par an en France et 500 000 personnes avec une fibrose avancée ou une cirrhose ; l’Inserm, environ 400 000 personnes et 10 000 à 15 000 décès. Ces estimations ne mesurent pas exactement la même chose.
- Scores : les scores de sévérité servent aux décisions médicales, notamment pour la greffe ; ils ne prédisent pas l’espérance de vie d’une personne donnée.
En résumé : pronostic individuel, régression possible et greffe
La cirrhose est le stade avancé d’une maladie chronique du foie, due le plus souvent à l’alcool, à une hépatite virale ou à une stéatohépatite métabolique. Longtemps silencieuse, elle peut se compliquer d’hémorragie, d’ascite, d’infections, d’encéphalopathie ou de cancer du foie. Le traitement de la cause, la suppression des facteurs aggravants et la prévention des complications peuvent freiner ou stopper son évolution ; selon l’Inserm, une régression est parfois possible quand la cause est supprimée.
La greffe de foie peut être discutée en cas de cirrhose décompensée au-delà de toute thérapeutique médicale ou de cancer du foie, et nécessite l’arrêt de l’alcool ; l’Inserm la décrit comme le seul traitement curatif. Pour le suivi, apportez vos résultats d’analyses et d’échographies, la liste de vos médicaments et compléments, et notez tout symptôme nouveau. Le pronostic est individuel : il se discute avec l’équipe qui suit la maladie.
Questions fréquentes sur la cirrhose
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Quels sont les signes d’une cirrhose ?
Elle reste longtemps sans symptôme. Elle peut être révélée par une complication : ventre gonflé par du liquide (ascite), jaunisse, saignement digestif, confusion. Le foie peut être perçu comme dur à l’examen.
Quelles sont ses causes possibles ?
Surtout la consommation excessive et prolongée d’alcool, les hépatites virales chroniques B et C et la stéatohépatite métabolique (MASH), plus rarement une surcharge en fer ou une maladie auto-immune.
Peut-on vivre longtemps avec une cirrhose ?
Le pronostic dépend de la cause, du stade et de la prise en charge. Traiter la cause et prévenir les complications peut freiner ou stopper l’évolution. Les scores de sévérité ne prédisent pas l’espérance de vie d’une personne donnée.
La cirrhose peut-elle régresser ?
Les sources divergent : ameli.fr la présente comme définitive ; l’Inserm indique qu’elle peut régresser si la cause est supprimée, surtout au stade compensé, sans que ce soit systématique ni toujours complet.
Faut-il toujours une biopsie ?
Non. Selon l’Inserm, la biopsie peut être nécessaire, mais des tests non invasifs, sanguins ou par ultrasons, sont aussi utilisés, avec la prise de sang et l’échographie.
Quels symptômes nécessitent une aide urgente ?
Un vomissement de sang (urgence extrême selon l’Inserm), une confusion ou une somnolence inhabituelle, une fièvre avec un ventre gonflé, ou toute aggravation brutale : appelez le 15 ou le 112.
Sources
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Cirrhose du foie : définition et causes, 16/03/2026
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Traitement de la cirrhose du foie, 17/03/2026
- Inserm · Cirrhose, actualisé le 30/07/2026
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
