L’apnée du sommeil en bref
Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent. Chez les personnes atteintes d’apnée obstructive, la gorge se ferme partiellement ou complètement, la respiration s’arrête quelques secondes à plus d’une minute, l’oxygène baisse, puis un micro-réveil relance la respiration. Ce cycle peut se répéter des dizaines de fois par heure. Pour une présentation complète, voir notre guide sur l’apnée du sommeil.
Les effets sur le cœur et les vaisseaux
- Hypertension artérielle, souvent difficile à équilibrer.
- Troubles du rythme cardiaque, notamment fibrillation atriale.
- Infarctus du myocarde et insuffisance cardiaque.
- Accident vasculaire cérébral.
Les chutes répétées d’oxygène et les poussées d’adrénaline nocturnes fatiguent le cœur et les vaisseaux.
Métabolisme et autres risques
- Diabète de type 2 et résistance à l’insuline.
- Prise de poids, qui aggrave elle-même l’apnée.
- Troubles de la mémoire, de la concentration et de l’humeur.
- Dépression.
- Reflux gastro-œsophagien et envies d’uriner la nuit.
Somnolence et accidents
La somnolence diurne liée à l’apnée multiplie le risque d’accidents de la route et du travail. C’est l’un des risques les plus immédiats pour la vie. Une personne qui s’endort au volant ou lutte contre le sommeil en conduisant doit cesser de conduire jusqu’à ce que le traitement soit efficace, et en parler à son médecin.
L’apnée réduit-elle l’espérance de vie ?
Les grandes études de cohorte montrent une mortalité plus élevée chez les personnes atteintes d’apnée sévère non traitée, surtout par maladies cardiovasculaires. Le risque est moins net pour les apnées légères. Il est difficile de chiffrer une perte d’années de vie pour une personne donnée, car l’apnée s’associe souvent à d’autres facteurs : surpoids, hypertension, tabac, diabète. Ce qui est clair, c’est que la sévérité, l’ancienneté et l’absence de traitement augmentent le risque.
Le traitement protège-t-il ?
Le traitement par PPC supprime les apnées pendant la nuit, améliore la somnolence, la qualité de vie et diminue la tension artérielle. Les études d’observation montrent un risque cardiovasculaire plus faible chez les personnes bien traitées. Les essais randomisés n’ont pas tous montré de réduction des événements cardiaques, en partie parce que beaucoup de participants utilisaient peu leur appareil. L’efficacité dépend donc de l’usage : au moins quatre heures par nuit, et idéalement toute la nuit.
Les autres traitements
- Orthèse d’avancée mandibulaire : gouttière portée la nuit, pour les apnées légères à modérées ou en cas d’intolérance à la PPC.
- Perte de poids, qui peut réduire nettement la sévérité.
- Traitement positionnel si les apnées surviennent surtout sur le dos.
- Chirurgie ORL dans certaines situations (amygdales volumineuses, anomalies de la mâchoire).
- Stimulation du nerf hypoglosse dans des cas sélectionnés.
Ce qui aide au quotidien
- Éviter l’alcool et les somnifères le soir, qui relâchent les muscles de la gorge.
- Arrêter de fumer.
- Pratiquer une activité physique régulière.
- Garder des horaires de sommeil réguliers.
- Traiter l’obstruction nasale (rhinite, polypes).
- Surveiller la tension artérielle et la glycémie.
Se faire dépister
Le diagnostic repose sur une polygraphie ventilatoire, souvent à domicile, ou une polysomnographie en laboratoire du sommeil. Elle mesure le nombre d’apnées et d’hypopnées par heure (index d’apnées-hypopnées) et la baisse d’oxygène. Le médecin traitant, un pneumologue, un ORL ou un spécialiste du sommeil peuvent la prescrire. Ronflements, pauses respiratoires, fatigue et hypertension résistante sont de bonnes raisons de se faire dépister.
Chez les femmes
L’apnée du sommeil est souvent sous-diagnostiquée chez les femmes, en particulier après la ménopause. Elle se manifeste parfois davantage par de la fatigue, des maux de tête au réveil, une insomnie ou une humeur dépressive que par des ronflements bruyants. Ces symptômes méritent d’être évoqués avec le médecin.
Apnée du sommeil et âge
L’apnée du sommeil devient plus fréquente avec l’âge. Chez les personnes âgées, son impact sur la mortalité semble moins marqué que chez les adultes d’âge moyen, mais elle reste associée aux troubles cognitifs, aux chutes et aux maladies cardiovasculaires. Le traitement se discute en fonction des symptômes, des maladies associées et de la tolérance de l’appareil. Un âge avancé n’empêche pas de bénéficier de la PPC.
À retenir
- L’apnée sévère non traitée augmente le risque d’hypertension, d’infarctus, d’AVC et d’accidents.
- Le risque dépend de la sévérité et de l’ancienneté de l’apnée.
- La PPC, bien utilisée, réduit une grande partie des risques.
- Se faire dépister et suivre le traitement chaque nuit sont les meilleures protections.
Questions fréquentes sur l’apnée du sommeil et l’espérance de vie
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Peut-on mourir d’une apnée du sommeil ?
On ne meurt pas d’une apnée pendant la nuit, mais une apnée sévère non traitée augmente le risque de maladies cardiovasculaires et d’accidents.
L’apnée du sommeil réduit-elle l’espérance de vie ?
Une apnée sévère non traitée est associée à une mortalité plus élevée ; le traitement réduit une grande partie du risque.
Combien d’heures faut-il utiliser la PPC ?
Au moins quatre heures par nuit, idéalement toute la nuit.
L’apnée légère est-elle dangereuse ?
Le risque est plus faible ; le traitement dépend surtout des symptômes et des maladies associées.
Perdre du poids peut-il guérir l’apnée ?
Chez certaines personnes, une perte de poids importante réduit nettement voire supprime l’apnée.
Peut-on conduire avec une apnée du sommeil ?
Oui une fois traitée et sans somnolence ; en cas de somnolence, il faut arrêter de conduire et consulter.
L’apnée du sommeil fatigue-t-elle le cœur ?
Oui, les chutes d’oxygène et les poussées d’adrénaline répétées augmentent la tension et la charge du cœur.
Sources
- Manuel MSD (version pour le grand public) · Apnée du sommeil
- ameli.fr (Assurance Maladie) · Apnée du sommeil
- Marin JM, et al. Long-term cardiovascular outcomes in men with obstructive sleep apnoea-hypopnoea with or without treatment with continuous positive airway pressure: an observational study. Lancet. 2005
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.
