Les symptômes de l’épicondylite
- Douleur sur la face externe du coude, parfois irradiant vers l’avant-bras.
- Douleur en serrant un objet, en serrant la main de quelqu’un, en tournant une poignée ou un tournevis.
- Douleur en soulevant un objet, surtout paume vers le bas.
- Douleur précise à la pression de l’épicondyle.
- Sensation de faiblesse de la main, objets qui échappent.
- Raideur matinale du coude dans certains cas.
Pourquoi a-t-on une épicondylite ?
Il s’agit d’une surcharge répétée du tendon commun des extenseurs. Le tendon réagit par une désorganisation de ses fibres plus que par une vraie inflammation, d’où le terme de tendinopathie. L’épicondylite est fréquente dans les métiers manuels (bâtiment, cuisine, ménage, coiffure, travail sur chaîne), chez les personnes qui utilisent beaucoup la souris ou le clavier, et dans les sports de raquette.
Les facteurs favorisants sont l’âge (35 à 55 ans), les gestes répétés en force, les vibrations, le tabagisme et certaines maladies comme le diabète. Une épicondylite avec fissure du tendon, parfois décrite à l’échographie ou à l’IRM, correspond à une forme plus avancée, mais elle se traite le plus souvent de la même façon.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic est clinique : douleur à la pression de l’épicondyle, douleur en étendant le poignet contre résistance ou en étendant le majeur contre résistance, force de serrage diminuée par la douleur. L’échographie ou l’IRM ne sont pas nécessaires au début ; elles sont utiles si l’évolution est inhabituelle ou avant un geste. Le médecin élimine aussi d’autres causes : arthrose du coude, compression du nerf radial, douleur venant du cou.
Combien de temps dure une épicondylite ?
L’épicondylite a une évolution naturelle favorable : la majorité des personnes guérissent en 6 à 12 mois, même sans traitement spécifique. Dans l’essai du BMJ comparant kinésithérapie, infiltration et attente, l’infiltration soulageait le plus à 6 semaines, mais à un an elle donnait de moins bons résultats et davantage de rechutes que la kinésithérapie ou l’attente. Les formes qui durent plus d’un an sont rares.
Comment soigner une épicondylite ?
- Réduire la charge : diminuer les gestes douloureux, faire des pauses, adapter les outils (manches plus épais, outils plus légers).
- Exercices progressifs : le renforcement des extenseurs du poignet est la base du traitement.
- Bracelet anti-épicondylite : sangle placée sous le coude, qui peut soulager pendant les activités.
- Antalgiques ou anti-inflammatoires locaux en gel sur une courte durée.
- Kinésithérapie : exercices, techniques manuelles, mobilisation avec mouvement.
- Ondes de choc : option dans les formes rebelles.
- Infiltration : soulage à court terme, mais augmente le risque de récidive ; à réserver à des situations particulières.
- Chirurgie : exceptionnelle, après au moins 6 à 12 mois de traitement bien conduit.
Exercices pour l’épicondylite
La revue du Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy recommande une approche individualisée, centrée sur l’éducation et l’exercice progressif. Les exercices les plus utilisés sont :
- Contraction isométrique : avant-bras posé sur une table, paume vers le bas, poussez le dos de la main contre l’autre main sans bouger, 5 fois 30 à 45 secondes.
- Extension excentrique : avec un petit poids, relevez le poignet à l’aide de l’autre main, puis descendez lentement seul, 3 séries de 15.
- Serrage d’une balle souple ou d’une serviette, en restant sous un niveau de douleur modéré.
- Étirement des extenseurs : bras tendu, paume vers le bas, pliez le poignet avec l’autre main, 30 secondes.
- Une douleur jusqu’à 3 ou 4 sur 10 pendant les exercices est acceptable si elle revient au niveau habituel le lendemain.
Épicondylite et travail
Dans les métiers manuels, l’adaptation du poste est souvent indispensable : alterner les tâches, réduire les gestes en force poignet en extension, préférer une prise paume vers le haut pour soulever, utiliser des outils adaptés. L’épicondylite peut être reconnue comme maladie professionnelle dans certaines conditions ; votre médecin du travail ou votre médecin traitant peut vous renseigner. Une douleur du poignet avec fourmillements dans les doigts évoque plutôt un syndrome du canal carpien.
Ce qu’apporte le kinésithérapeute
Le kinésithérapeute confirme le diagnostic, évalue la force et les gestes qui provoquent la douleur, puis établit un programme d’exercices qui évolue au fil des semaines. Il peut utiliser des techniques manuelles et la mobilisation avec mouvement, qui soulagent à court terme et facilitent la reprise des exercices. Il conseille aussi sur la gestion de la charge au travail et dans le sport, pour éviter les rechutes.
À retenir
- L’épicondylite est une tendinopathie des extenseurs du poignet au coude.
- Elle touche surtout les travailleurs manuels de 35 à 55 ans.
- Le renforcement progressif est le traitement de référence.
- L’infiltration soulage à court terme mais favorise les rechutes.
- La plupart des épicondylites guérissent en 6 à 12 mois.
Questions fréquentes sur l’épicondylite
Ces réponses sont des informations générales et ne remplacent ni un examen ni un avis médical personnalisé.
Faut-il arrêter le sport avec une épicondylite ?
Pas forcément. Il faut réduire l’intensité et les gestes douloureux, puis reprendre progressivement.
Le bracelet anti-épicondylite est-il efficace ?
Il peut soulager pendant les activités chez certaines personnes, mais il ne remplace pas les exercices.
Faut-il mettre du froid sur le coude ?
Le froid peut soulager après une activité douloureuse, sans effet sur la guérison du tendon.
Peut-on avoir une épicondylite des deux côtés ?
Oui, même si elle touche le plus souvent le bras dominant.
Qu’est-ce que l’épitrochléite ?
C’est l’équivalent sur la face interne du coude, appelé aussi « golfer’s elbow ».
L’épicondylite peut-elle revenir ?
Oui, surtout si la charge reprend trop vite ; un programme progressif réduit ce risque.
Sources
- ameli.fr · Épicondylite
- Coombes BK, et al. Management of lateral elbow tendinopathy: one size does not fit all. J Orthop Sports Phys Ther. 2015
- Bisset L, et al. Mobilisation with movement and exercise, corticosteroid injection, or wait and see for tennis elbow: randomised trial. BMJ. 2006
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement dépendent de votre examen et de vos antécédents. En cas d’urgence, appelez le 112 ou les services d’urgence de votre pays.